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4tJ MÊME.
A Vienne.'
J'ai reçu, mon cher comte ^ votre lettre de Vienne du a8 décembre. . Je Suis 'fôché d'avoir
4iO LKTTRBS
peixliX ceux qui m'âvoient fait l'honneur d'avoir de Tami^ pour nu>i. Il me reste le prince de I4phlenstein^et je vous prie de lui ftire bien ma cour. J:^ai reçi) dc^s marques d'aoûtié de M. £fuval, bibliotiiécaiffe' (ia4) de. l'eiQpereur, qui (ait beau* eofu^ à^onnturtk' Ui LotTajne .aa patrie. Dites auiiii/je^^.voiïs prie, Quelque cho^ de ma part à M. Van-Swieten : je suis un véritable admirateur de cet illustre £sculapé (i^5i)^ Je vis hier, monsieur et madame de Sénectèice : vous/savez que je iie vois plus que les pères et les mères^daus toutes tes £amiUes. Nous parlàmesbeaucoupdeyous; ils vous aiment beaucoup. J'ai£ait cbnnoissaâce avec,'... {\ itGy Tout ce que je puis vous endire, c'est que c'est un seigneur magniâcpie^ et bxt persuadé de ses lumières; mais il n'estpas notre* marquis de Saint- Germain; aussi n'est-il .pas uh ambassadeur piémontais (137)' Bien de ces têtes diplomatiques se pressent trop de nous juger; il faudroit nous étudier un peu plus. Je serofs bien curieux de voir les relations quç certains ambassadeurs font à leurs cours sur nos affaires internes. J'ai appris ici que vous relevâtes fort à prqpos l'équivoque touchant la qualification de mauvais citoyen. Il faut pardçnner à des ministres, souvent imbus des principes du pouvoir arbitraire , de n'avoir pas des notions bien justes* stir certains poiptSj et de hasarder des apophtegmes ( 1 a8). < .
Là Sorboime ^héfkrhe toujours à m'attaquer : il ijr a deux ans (jumelle travaille sans savoir guère comment s^y prendre. Si elle me fait mettre à ses ttt>iisses, je crois que j'achèverai de Tetisevelir (i 29). Ten -sëroii bien fâché, dir j'aime la paii: par-dessus toutes choses. Il y a quinze jours que Tàbbé Bonacdi m'a envoyé un gros paquet pour mettre dans ma lettre pour votis. Comtne je sais qu'il p'y a dedans que des vieilles rapsodies que vous nie liriez point , j'ai voulu vous épai^ner un port considérable : ainsi je garde la lettre jusqu'à votre retour 9 ou jusqu'à ce que vous me mandiez de vous l'envoyer, en cas qu'il y ait autre chosç que des nouvdles des rues. J'ai appris avec bien du plaisir totat ce que vous me mandez sur •i^0tre iBOJet. Les choses obligeantes jque vous- a diteft d'impératrice font honneur à son discernement, et les efifets^de la bonne opinion qu'.elle TOUS a marquée lui feront encore plus d'honneur. Nous lisbns ici la r^onse du roi d'Angleterre au rcA de Prusse, et elle passe dans ce pays«ci pour une réponse sans relique. Ydus, qiti êtes docteur dans le dr^it des gens, vous jugerek cette question dans votrft particulier; ^ * '
Vous aVez ti^s-bien fait de passer par Luné* ville : je juge, par k satisfaction qiie j'eus mm-r même dans ce voyi^e, de celle que voua avei^ éprouvée par la> gracieuse réception du roi' Sta-
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iiifilas. 11 exigea de mol que j.ç lui proiiliÂser de Étire un "autre voyage en Lorraine. Je^ouhaiterois bien que nous.nous y rencontrassions à votre-^retour d'Allemagne ; Tinstance ^ue le roi vîçnt de TOUS Êûre par sa gracieuse lettre d'y rq>asser doit vous engage? à reprendre cette route. Kous voilà donc encore une fois confrères en Apollon (i3o); en cette qualité recevez l'accolade* . ^
D« Paris, le 5 mars, 1753.
AU MÊME
Jb trouve , mon cher comte-, vos raisons asses bonnes pour ne point vous engager légèrement; mais je crois que celles qu'on a pour Vous retenir sont encore meilleures ^-ét j'espère que votre ^ prit patriotique s'y rendra. Je voiîs par Ik avec bien de la joie que ce- que l'on m'a dit des soins qu'on prend de^ l'éducation des archiducs est trèsrréel. Une miffit pas <k mettre auprès deux des gens savants, il leur faut des gens qui aient des vues élevées et qui connoissent le monde; et je crois, sans blesser votre modestie, qa*k ces. titres vous devriez avoir des préférences* Le département de l'étude de l'histoire est un de. ceux qui importent le plus à un prince; mais il faut lui faire con-
FAXILlàEES. 4>3
aidérer Thistoire en philosophe; et il eftt hien difficile qu'un réguKer, ordinairementpédant, et lièvre par état à des préjugés ^ la lui développe dans ce point de vue^ lors surtout qu'il s'agira de temps critiques et intéressants pour l'empire. Si l'on délivre de cette ^ine le département que l'on vous propose, j'aime trop le bien des hommes pour ne pas vous conseiller de passer pardessus les autres difficultés qui s'opposent à la réussite de cette a(£sdre. Avec quelques précautions, le climat de Vienne tae nuim pas plus à vos yeux qu^ celai de Flandre^ à moins que volus ne préfériez la hière au vin de Tokai* Quant aux ccmvenances d'éCiquetfe de cour, je suis persuadé qu'on pense as* ses juste ponr ne pas petdre un homme utile pour de si petites choses (i3o). Je me repose là<le8sua sur les vues supérieures de Marte-Thérèse« Tous voyez que je ne vous dis pas un mot dès vucjs de fortune, parce que je sais que oe nl'est pas ce qui vous touche le plus. Je vous prié, de ne me pas laisser ignorer vo&e résolution, 6u la décision de la cour ; elle m'intéresse autant pour elle que pour vous. *■ '
Si vous continuez d*étre libre , je vous Conseille l'entreprise dont vous me parlez. Un chanoine Joit être bien plus en état qu'un profene de traiter de l'esprit des lois; ecclésiastiques. Votre plan seroit fort bon? mais je trouve le repos encore
/|l4 LETTRES
meillmr, el j'i^liMUidiHmeçe champ de gloire à yo-
ttfi t&èlein&tigable» Acbeu.
, • .. Iaumême.
AVérooc.
Mocr cher um^ tos titMs ae ii|AiltipUeDt telle* m^t £{ueje4ie pnyb p^^ 1^ rete^ : voyons.... cottOe de âa¥ièreg,..<J^QÛç ^ Tqursai, cbe- ¥«linr d'u^e croU ioifï^^nale (i3;»).i meipihpe de L^Mttdétaiie des ÎMciâptiaBiS» àe^ odlesk de Ixmdr^i de fièrli)a|,et d& tm d'^tre&t jusquit' celle de Bo^eava : vùm méritez.bîen tQusces homieun et bien d'autresL encore» /.,
Je i^uia bien, aise que vous ayea^ eu du succès dans là niêgociàtioa pour votre chapitre (£33). U est heuJreUx de vous avoir» et C^t bien de vous ^députer à la cour pour ses affaire plutôt $iue de vous retenir pour chanter et pour boire; car je suis sur tpie vdus négocier .aijissi- biça que vous diântee mal. et buvez peu. Je suis f&ché que l'affiûre qui vouft regardoit personnellement ail manqué. Youi n'êtes pas le seul qui y perdiez; et il vous resie votre liberté, qui n'est pas une petite
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chose : iM\$ l'étiquette ne- dédomuifig^era f>as de Tavantage dont on s'est privé; quoique je soup-, çbnne qn'irpourroit bien y avoir d'autres raisons que Tétiquette, que l'exemple des autres cours auroit pu feire abandonner. Quand certaines gens ont pris racine, ils savent trouver des moyens pour écarter les hommes éclairés ; d'ailleurs, Yots^ n'êtes point un bei^sprit du pays de Liège ou de Luxembourg. Je wie réserve là-des$iis mes peiip» séeà.
Yotre lettre m'a été rehdue à La^Brède où je suis^ Je me promène du matin au soir en yéril^la campagnard^ et jefai^ioide fort bellds choses en dehors. • * - ' , . ...
Vous voilSfc donc parti pour la belle Italie. Je suppose que la^ galerie de Florence voua itrétsra long-temps. Indépendamment de. e^^. .de mou temps cette ville étoit un séjour ^ihanamtt^t w qui (ut pour moi un sujet des plus ag^éfibies^ fut de voir le premier minière du graind-dcios^ \^m petite chaise de bois, en casaquia et oliaq()i^u de paille devant sfl porte. Heureux pays, ili*é(Criairje, où le preittier ministre vit dans uge si grandesiœ* plicité et dans im pareil désosuvremeat ! Voua yer* rez madame la marquise f erroni et l'abbé Niccolin! : parler- leur de moi. Embrassez bien do ma part monseigneur Gerati, à Fise; et pou^ Turin, vous connbissez mon -eœor, notre ,gmnd*prieiir.
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MBR'les laarquto de Breil et de Saint-Germain. Si Toccasion se-présente , vous feres ma cour k son altesse sârénissime. Si vous écrivez à M. le comte de Cobentzel> à Bruxelles ^ je voust prie de le remercier pour moi 9 et marques^lui combien je me sens honoré par le jugement qu.'il porte sur ce qui^ me regarde. Quand il y aura des ministres comme lui, ph pourra espérer que le goût des lettres se ranimera dans les ètBits autrichiens : et alors vous n'entendrez plus de ces propositions erronées et malsonnantes (i34) qui vous ont scandalisé.
Je crois bien que je serai k I^aris dans te temps que vous y viendrez. J'écrirai à madame la dudiease d'Aiguillon comblai vous 'éles sensible à sott oubli : mais » mon cher abbé, les dames jie se souviennent pas de tous les chevaliers^ il fiiut qn^ils soient paladins. Au reste, J0 voudrois bien vous tenir huit jours àLaBrède, à votre retour de Rome, nous parlerions de la belle Italie et de la foHe AUeinagne. .
' Yoilà doncf Voltaire qui paroit ne savoir où reposer sa tête (i 35) : Ut eadem teUus^i^fue modo vîctori 4^fuëraty deesset €ui sepultuTum. I^e bon esprit vaut mieux que le hA esprit.
A l'égard de M. le duc de Nivernais , ayez la bonté de lui faire, ma cour quand vous le verrez à Rome 9 et je ne croia'pas que vous ayez besoin
FAMILlèHES. 4X7
<)'une lettre; particulière pour lui. Vous, êtes son
•confrère à U^f^démie ^ et il vous conno|t; eepen*
dant^ si vcH|& croyez quq cela soit nécessaire^ man-
deisJe-moi. Adieu. , ^ ; ,
.. ' ^ ' De La Brède, ce a8 -septembre 1753.