‹ Œuvres diverses de MontesquieuChapitre 68 sur 75 · LXXL · texte numérisé non relu

LXXL

AU. MÊME

A Naple*.

in suis à Paris depuis que)t}ue temps , mon cher comte, ^e commence par vous dire que notre libraire Huart sort de thez taoi, et il m*a dit de très-bo|ines raisons qu'il a eues pour vous faire enrager; mais vous recçvresB au premier jour votre* compte et votre mémoire. * [

Vous avez une boîte pleine de fleurs d'érudition, que vous répandez à pleines mains dans tous les pays que vous parcourez. Il est heureux pour vous d'avoir paru avec honneur devant le pape (i 37) ; c^est le pape des savants : or^ les savants ne peuvent rien faire de mieux que d'avoir pouç, leun chef celui qui l'est de l'église. Les offres qu'il vous.a faites seroient tentantes pour tout autre que pour vous ^ qui. ne- vous laissez pas tenter, même par lès apparences de lia fortune, et qui avei les sentiments d'un homme qiii l'auroit déjà faite. Les belles choses que vous riie dites de M. le comte de Firmian (ï38) ne sont point entièrement nouvelles pour moi. Il est de votre devoir de me pro-

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curer Thonneur de sa connoissance, et c^est a vous à y ttavaiQer^ sans qi^i vous avez très-mal fait de me dire de si belles choses. Je ne me souviens point d'avoir connu à Rome le père Contucci(i39). Le seul jésuite que je voyois étoit le père Vitri, qui venoit souvent dîner chez le cardinal de Polignac : c'étoit un homme fort important (i4o)> qui faisoit des médailles antiques et des articles^ de foi. •

J'ai droit de m'attehdre, mon cher ami, que vous m'écriviez bientôt une lettre datée d'He^cur 1^, où je vous vois parcourant déjà tous les souterrains. On nous en dit beaucbup de choses : celles que vous m'en direz, je les regarderai comme les rela^ions^ d'un auteur grave : ne craignez point de me rebuter par les détails.

Je suis Me votre avis sur les querelles de Malte (i4ï)> que l'on trjiite de Turc à Maure; c'est cependant l'ordre peut-être le plus respectable qu'il y ait dans l'iinivers , et celui qui contribue le plus à entretenir l'honneur et la bravoure dans toutes les nations où il est répandu. Vous ^tes biep hardi de m'adresser votre révérend capupucin : ne craignez-vous pas que je ne lui fasse lire la lettre persane sur les capucins?

Je serai au mois d'août, à La Brède, O rus! quando te aspicican? Je ne suis plus fait pour ce' pays-ci, ou bien il faut reijoncer à çtrç citoyen

FAIUILlERjvS. * 4^3

Vous devriez bien revenir par la France méridionale : -vous trouverez votre ancien laboratoire, et vous me donnerez de nouvelles idées sur mes bois et mes prairies, La grande étendue de mcis landes (ï^^) vous offre de quoi exercer votre zèle pour Tagriculture : d'ailleurs j'espère que vous n'oubliez point que vous êtes propriétaire de cent arpents de ces landes, où vous pourrez remuer la terre, planter et semer tant qufe vous voudrez. Adieu; je vous embrasse de tout mon cœur.

De Paris, le 9 avril 1754.

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