‹ Œuvres diverses de MontesquieuChapitre 73 sur 75 · LE MÊME AU MÊME · texte numérisé non relu

LE MÊME AU MÊME

ÏE vois que vous n'avez point reçu la lettre que j'-eiis llionneur de vous écrire de Paris , dans laquelle je vous parlois amplement du buste de l'auteur de YEsprit des Lois. M. le prince de Beauvçau ayant été nommé commandant de la Guienne, en Ï765 , parut désirer une place à Tacadémie de Bordeaux; sur-le-champ elle lui fut ofiferte, et il l'accepta : il pria Facadéipie d'agréer qu'il Ht faire un buste en marbre de l'auteur de V Esprit des Lois^ pour être placé daïis la salle de ses assemblées; cela fut agréé avec beaucoup de reconnoissance. M. Lemoine travaille à ce buste; et il sera bientôt achevé. Si monseigneur Cerati et M. le marquis Niccolini pouvoient désjrer d'être associés étrangers de l'académie de

Bordeaux , je me feirois gloire de les proposer piur principe d'estime et de reconnoissanc^ Je sais qu'il y a mille choses à en dire; moti père. ne me parloit d'eux qu'avec les sentiments les plus Yi& de re^ct et d'amitié; maÎ3 comme je n ai pa& bien retenu tout ce qu'il m'en disoit, je parlerai mieux d'après ce que vous m'en écrirez.; et commç ancien membre de notre académie, vous devez vous intéresser à sa gloire.

De Bocdeaux , le

' (i) Montesquieu s'étoit lié avec lui dans la maison de M. le cardinal de Polîgiàac, ambassadeur de France à Rome, lors de son voyage en Italie. M. Cerati, né d'une fj^niHc noble âe Parme, étoit fort aimé du cardinal, qui le regardoit comme un des hommes les plus éclairés dltalie. Jean Gaston, dernier grand- duc de Toscane, l'attira dans son pays, et le nomma de l'ordre de Saint-Étienne de Toscane, et provéditeur jde l'université de Pise. Ce fut lui qui donna le conseils M. Muratori de cqpiposer ses Dissertations sur l'histoire du mojen âge, et d'entreprendre l'ouvrage des Annales d'Italie.

(a) Jésuite revena de la Chine avec M. Mçzzabarba. Ce missionnaire s'étoit déclaré contre les rites chinois, et en avoit parlé au pape selon sa conscience. Comme, après cette déclaration, il fit sentir à Sa Sainteté que l'air du collège ne lui convenoit plus, Benoît Xm le fit cvéque inpartibus, et le logea en Propaganda, Montesquieu L'avoit connu ches le cardinal de Polignac, et eut depuis avec lui une négociation pour la résignation, en faveur de l'abbé Duval, son secré-. tairéj d'un bénéfice que ce prélat avoit en Bretagne.

(3) Les difficultés que M. Fouquet faisoit naître coup sur cQup au sujet de la pension, ou de la sbmme d'argent qui devoit être stipulée, Orient dire à Montesquieu que Ton

NOTE»'. /^if)

voydit bien que- monseiffmeur n'avait pas encore stécmé ia 'pomisière, . ^

(4) Ce qui ayoit donné lieu à cette mauvaise pUisa&terie dés Anglois étoit de voir autant d'empres^ment dans le cardinal de Rohan* à |>focurer tous les amusements imajginis]i>|es pendant qu'il résidoit dans son dioeàsè à-Sateme^où il figu« rdt comme prince, que de cdle pçur la religion à Paris; oà il se piquoit de figurer comme chéf-dei anti-jaiiséiii|t«s, et défenseur dé la bonne doctriiie. «

(5) U avoit été secrétaire de Tauteur. Ce fut lui qui porta le manuscrit des Lettres persanes en Hollande^ et Vy fit imprimer; ce qui coûta -à leur auteur beaucoup de fAis sans aucun profit II obtint en sa faveur la résignation du bénéfice queJf. Fouquet avçit obtenu de la coiir de Rome, e^i, Bretagne, et il s'agissoit ici de Tai^ept ou de la pension que M. Duval devoil payer à ce prélat

(6) Ce nom, qui est ainsi écrit, eSt le même que ^ault, imprimeur-libraire.

(7) Madame fa comtesse de Fontaine-Uartel, fille du président Desbordeaux.

(8) Ce savant Italien, d'udle famille noble de Coctone, avoit été envoyé e|i France pigr k chantre de Saint-Jean-de-Latran, comme vicairo-général de f abbaye, de Clérac, que Henri IV conféra k ce chapitre* après son absolution. Pendant nombre d'annéesL qu'il' séjourna en France, il travailla à plusieurs dissertations sur l'histoire du pays.pour l'académie de Bordeaux, à l^uelle il fut agrégé, et à des poésies, entre autres au Triomphe de Us France littéraire , et à la Jraduo-

Z|6o * NOTES.

tion du poëme de ia Religion f^àe^HL. Racine. Il mérita par UL une gratification du roi, en quittant la France pour passer à la prévôté de Livouniey.que l'empe^^eur lui conféra comme gtand-duc de Toscane.

(9) n fut le premi^ i^px nous donha une relation de la dé* couyerte d'Heroilamiih, avec un détail des antiquités qu*on avdit trouvées de son tem]ps. Il a eu aussi la plus grande part à réta]||^issement de Tacadémie étrusque de CQrtone, qui nous a donné sêpt.volumes in-4° d'excell^ts Mémoires sur des sujets d'histoir^ et d'antiquité.

. (10) Dans la première édition de ces lettres*on lit toujours Bourde^ux.

(11) L'abbé marquis Niccolini, un des plus illustres* amis que l'auteur ait eus en Italie , se tia avec lui à Florence. Après avoit demeure long-temps à Rome sous le pontificat du pape Corsinij dont il étoit parent, il s'est re^tiré dans sa patrie, uniquement occupé des lettres, de la philosophie et des vues du bien public. U a voyagé dans les;pays étrangers, et y a été lie avec les plus grands hommes. Lorsque, sous le ministère lorrain, dont il étoit médiocre admirateur, il eut ordre de ne point rentrer en Toscane^ Montesquieu s'écria, en apprenant cette nouvelle : « Oh'jâl faut que mon ami Niccolini « ait dit quelque grande vérité. »

(la) C'étoit la dame de Floience qui brilloit le plus par son esprit ^t sa beauté; la meilleure compagnie s'assembloit chi;z elle. L'auteur lui fut fort attaché pendant son séjour à FliQrence. A mon passage dans cette ville, elle vivoit encore, mais dans- un état d'infirmité.

(i3) A peine M< l'abbé Venuti eut-il pris l'administration

de ïëbhêje de Cicrac, qi'il s'éleva à Rome \m parti comté lai dans le chapitre qui rayôit envoyé, travaillaft^t ^ I9 faii^ Tsppelerf et se servant |Kmr cet effet du canal de M. le.càrdînal de T^cin pour le desservir. Le principal gHêf quW avoit contre lui étoil que les remises des revendus de l'akbaye n'étoient pas assea abondantes, faute qu'on mettoit sur* son compte, et qui provenoit des grosse^ tlérim'es^lJDAt Tabbaye étoit chargée, des frais de réparation et de procès, auxquels une partie des revenus devoit être employée, thxtrie^ces taisons, il n!étoit pas regardé de bon œil par les misâonnaireis jésuites, ch^gés, dès le temps de Henri IV, de prêcher tcrute« les fêtes et diknanches dans l'église abbatiale de cette ville, qvii, malgré cela, a continué d^être presque -entièrement 4ijb« bitéç p^ dçs Drotestants, sans qu'on puisse citer d'ezentiple dé la conversion d'un seul buguenot

(i4) Cet ami de Montesquieu* avoit passé quelqbtes années à'Parîs^ où il éUÂt allé'pouif une maladie des yeux. Son père étant mort, il fut oblige de retourner à Turin pour l'arrangement de ses af&ires ihmiestiques. £n passant par cette ville , }'ai ouï dire qu'ayant be^înde ^intervention du ministre ' pour arranger quelques intérêts^ il ne put jaIl]^is obtenir audience de M. le jpafquis- d'Onoéa, par' iBie suite d'une aur cienne inin^itié -de pe ministiiê coptre son père. C'est aussi par une suite de cette i^imStié que ses deux frères avoie^t pris la résolution de se transplanter .dans les pays étrangei^r SQ vouant au service de la maison d'Autriche, où ils n'ont pas eu lieu de js^ cepentir du partj. qi^'il^ avouent pri;s. • ^ , «# . j

(iS) U hii aVoit fiiit présent de, cet ouVrage lorequll prit congé àê kd en^pa^tant de Timi^.sanslui ^^qu'il en éteît l'auteih*. U le lui apprit depuis, ealui disant ^e c'étoit une

idée à laquelle la société, de içademoiseUe de Oemoat, princesse du ssmgj qii'il'avoit r^oiiiieiir âe fréquaiter, ayoîl douié oôcasiouy saps 4'^trelnit que.de bkt Une peinture poéilqiie dp la Tdupté.^ .

(i6) n ft^étoit fort lié avec lui dans le vejage que le comte de-Guasco'fit à^Paris eu i742> ^ son retour de Ru^e.

• (17) Madame .de Tencîn, sœur du célèbre cardinal de Teoein, qui lui deroit sa fortune et son chapeau, figura beaucoup dans 'Pans par les charmes de sa l>éauté et de son esprit Elle fut pendant cinq ans religieuse dans le couvent de Montfl^rf, en.Dauphiné; mais ell<,rentra dans le monde, en réclamant contre ses vœux. Elle parvint, sans ^tre jamais fort riche j à avefr dans Paris une maison de la meilleure compagnie. U étoit du bon ton d*étre admis dans sa société; lesseîgniçurs del|i oour, lea gens de lettres et les étranj^ers les plus disdn^iés briguoientégaleme&l pour y étreittlroduits. Comme oem qui bisoîeoUefo&d ordfaildre d^ cette société éloient les beaux esprits ftlet satants-Iet phts oranus enFraMce,nMdaii» de Tencin 4es appckic, fiaf ironie^ ses Mes. Elle étoit souvent consultée p^ epx màr les duvrages d'agrément qii'oo vouloit publier , et s^în|énisiait iiveo diàlepr pour 'ses amis. Mbntelquieii, qui étok ift dé ceux qu'Ole considéroit le p]iss^'^ avoit procuré 4a cennoissai^ce «■ comte de Gnasco, frére-dc rabbé.<de ce nom.

( 18) Le jour de la morf de Madame de Tenqin, en sortant de son antichambre , il dit au frère du comte de Guaàco, qui étoit avef lui ; m A préaeiit, wns^^Miiives mander à monaenr Votre « firére que ^uid^me de Tei|CÎn«st VmmaRJOfiComfk.^ CSnit- « mingèi et dif Siège de tMaùt ouvrages qu'elle a fints en

lîOTFs. 463

« sodété avec M. de Pont-de^Vesle («mi iieireu). Je;crpîii qJCiï n*y a que M. deTontenaVe e| n^ qui aadiioiit ce'pecKtp » Elle comptoit pdimi ses amis FonteneHef Bettoh "^iy, at Montesquieu. Elle ayoit ùài ies MaiAekrf de l'Jtmour^ et les Jnecdotes d^ÈdouML 77.

(19) ActueUement lieut«ian^én«ral, et ci-devanl rpm* txuuidant de Dresde pendast la dermère guerrcu ' /

(ao) Cpâime> durant la |ueiTe qui Tenoit de se te/nûnor fl&treles cours de YiCQpe et de Turin, )es comtes dfs G^asco avoient fait toutes les campagnes ai^ servidc de la dei;iu^rey en quittant ce service, ils cnu^ent ne devoir paâ fournir au marquis d'Orméa Foccasiofi de" noircir cette démarche en entrant alors au service de la eowr devienne, 4e peur d'attirer par là de nouvpauk chagrins à leur père, qui vÎYoit encore Ils prirent en conséquence ta résolution de p#aser ei) Jlussie, puissance sous laquelle ils ne se trouveroienè Jamais dans le cas de porter les anses ooiU|re leur souverain ^ et qiii, en ce Ie9ips4à , offiroit beaucoup d^avaatages aux- étrali§ers i|ttî voudro^ent entrer à soii service; mais ta- durtia. du cMmat, et les révolutions dont ib furent témoins , les déterminèrent à ptt»ftter d^la guérie survenue en .^llema^ à.la suite' de la mort de l'empereur Charles VI , afin de suivre leur prendère, inclination poor la maison d'Autriche. y

(ai) Sous son ministère, la cour de Turin, dans ia guerre précédente, avoit abandonné l'alliance avec iacgurde Vienne et étditdevenneyaUiée de laJPrance. On prétend que lemarfuis d'Orméa, dai^ cette occasion, avott proposé, poMr.prix d'une négociation avec la cour de Vienne, qu*il passerait ^son service^, «t qu'il y auroit une charge consid^able; de quoi l'emperéur Charles VI avertit le roi de SardJMgne, en envoyant.

S(ii^ d'^u|r€8 pi^texteii . à Turin, le prince T...... qui devoit

faiçe cc^Bqokre 1a chose au roî^s^ns que Iç ministre se doutâl.dà sa commissimi. -

(aift) Après avoir passé un an* à TuriB, il ctmt rerenu à JPariSy et s^étoit voué aux fonctions de son état; mais voyant qu'elles ite feroient que l'exposei* am» fanatisme qui régnoit alors ei| francci- à cause des disputes théologiques, il y re-< oonça^ 6é livrant uniquement à la culturç des lettres et à la Société deà savanti'y dans la vue d'obtenir une place à TAcadémië royale de^ inscriptions et belles-lettres ^ où iL lut âépnis reçu en qualité d'un des quatre honoraires étrangers.*

(23) On peut voir ce qui en est dit dans sa ;vte9 qui est à la tète de la traducûon en françois de .ses Satires, russes, par un ano^yo^e que Von croit être l'ami ^ qiû Montesquieu écrit cette lettre. * .

(a4) I^n de- ceux qui assistoiént à ciètte lecture m'a dit que, dès qu'on' relevoit qudque chose, il ne faisoit pas la moindre difficulté de ie corriger, de le changei^ ou de l'écUdrcir.

• (aS) Il s'agit ici d'une petite pièce de poésie en^yée pour • étrennes de la nouvelle année à mademoisdle de Montesquieu. Cette pièce a été imprimée dans le Mercure de 174S , avec la traduction en firançois, par M. Le Franc de Pompignan.

' {1^) Comme il est souveiit parié dans ces Lettres dé madame ia comtesse de Pontac, il est bon de remarquer ici que c'est une des dames de JQordeaux qui brillent autant par son esprit et par sges liaisons avec les gens<de lettres, qu'elle a brilléf piàr sa beatrlé/ 1^ est parlé d'elle dails quelques poésies de M. l'abBé YenutL-

(»7} n venoit de la marier à M. de Secondât (TAgen y gentilhomtne d'une autre branche de sa maison, ^ans la rue de conserver ses terres dans sa £unille/au cas que sonfil^, qui étoit marié depuis plusieurs années^ continuât (ie n^aroir point d*enfants. Mademoiselle deMontesquieu fut d'un gra^nd secours à son père dans la compositioh xle V Esprit des Lois , par les lecimres journalières qu'elle lui &isoit pour soijdager son lecteur ordinaire. Les livres même les plus ingrats à lire, tels que Beaumanoir, JcMnyilley et autres de cette espèce, ne la tebutoient point; elle s'en diverdssoit même , et égayoit fort ces lectures en répétant les mots qui lui paroissoient risibles.

(aS) Titre des premiers inagistrats de la ville de Bordeaux. Us firent ce présent à M. l'abbé Yenud pour lui marquer la re^ connoissance de la ville pour les inscriptions et autres cc^mpositions qu'il avoit faites à l'occasion des fêtes données à Bor- ^^

deaux, au passage de madame la daupkine, fille du roi d'E$-r pagne.

(29) Ce sont les mêmes dont il est parlé dans la leid*e*précé> dente.

(30) n paroît qu'il est ici question des Satires russes du prince Cantîmir^ avec la vie de l'auteur /imprimées en Hollande et à Paris, tome premier, in-ia.

Cantimir fbt le Boileau de la Russie. Il fit conpoître k ses patriotes les Lettres persanes ^ la Pluralité des mondes, et d'autres bons livres.

' (3 1 ) Ce seigneur étant venu à Paris durant la guerre, avoit été mis à la Baslille.-

(Sa) Dans ie chapitre général tenu par la congrégation de MOHTESQ. cntv, mél, 3o

rOratoire, on déclara la guerre à l'appel de la balle Unige^ mtus, et aux perruques de poil de chèrre, d<Mit quelque»uns se ^rvoient an lieu de grandes calottes. Plusieurs^ membres quitterait plutôt que de se soumettrer k ces duretés. Le P, Desmolets étoit bibliothécaire de la^inaison Saînt-Honoré, éi un de& plus anciens amis de l'auteur, qui, lui ayant montré son manuscrit des Lettres persanes, pour savoir si ce^i seroit débité, lui répondit : « Président; cela sera rendu comme *i du pain. »

(33) Ayant appris de Paris que l'Académie avoit décerné le prix à la dissertation, Montesquieu fit faire une couronne de l^unçr^ et, pendant qu'on étoit à table, il la fit mettre par sa fille sur la tête du vainqueur, qui ne s'attendoit point à cette surprise.

(34) Ce correspondant de Montesquieu avoit composé autrefois un traite sur l'usure , suivant le système des théologiens, système, contraire à celui de l'auteur de V Esprit des Lois, et impraticable dans les pays de commerce.

(35) Chef des manœuvres de la campagne de Montesquieu.

(36) Il avoit eu bien de la peine à persuader à ces- payses de faire aller l'eau dans un pré attenant ai^ château de La Hrède, qu'il avoit entrepris d'améliorer;, les paysans s'y opposant par la grande raison banale,, que ce n'ctoit pas la coutume dans leur pays.

(37) Il s'agit ici de l'affaire d'Asti, où neuf bataillons françois furent faits prisonniers par le roi de Sardaigne.

(38) Ils regardoient l'histou^e de Clément Goût , qui Ait évéque de Comminges, ftrchevéque de Bordeaux, et ensuite pape.

iroTss. 467

(39)€ette histoire de dénkent Y^i'a pas tDéGrepaiu(i768), et o^ éroît que le mauVais état oi^ se troure depuis kmg-temps la vue de Tautear neiliii permet pas de rachevér; on a su qu'il en lut le premier livre dibs une assemblée de l'AcÀdémie des inscriptions et belle^-tettres, en 1747» et que cette lecture fit souhaiter de Voir l'otf^nige achevé. .

{%o) Le tombeau de ce pape est dans l»oellégiide d'Useste, près de BazasT, où il Ait enterré dans une seigneurie de la maison de Goût

(41) Quelques historiens opt avancé que Brunissende, comtesse de Périgord, étoit la maîtresse de Clément lorsqu'il étoit archevêque de Bordeaux, et qu'il continua de la distinguer durant son pontificat.

(4a) L'un et l'autre étoit vrai. Lorque je passai à Turin, on me dit que ce nûnistre, s'aperce vont que son cré^t étoit' fort baissé, tomba .dans une maladie lente, et qu'il mourut au pmieu des douleurs et des rugissements.

(43) L'abbé Lé Beuf, chanoine d'Aux^rre, et depuis membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, remporta deux ou trois prix à pette académie. Ses dissertations sont pleines d'utiles recherches, mais fort pesamment écrites.

[ (44) Alors secrétaire perpétuel de l'académie.

(4^) C'est à elle qu'il avoit dédié la M'aduction des Satires russes du prince Cantimir, sous le nom de Mad...., parce qu'elle étoit fort liée avec le prince Cantimir, et que c'est à sa réquisition que l'on avoit fait la traduction françoise de

ses satires.

46b NOTES.

(46) Le cheralier CaldweU, Irlandais, t*étanC arrêté à Touloose^ s'amusoit à aller prendre des oiseaux hors de la plie. Coînpe on le yojoit sortir tous les matins de bonne heure, et rôder auteur de la ville avec un petit garçon^ tenant souvent du papier et un crayon en main y les capitouls Soupçonnèrent qu'il pourroit bien s'occuper à en lever le plaiS (i) , dans un temps où Ton étoit en guerre avec l'Angleterre. On l'arrêta en conséqu^oe; et comme en fouillant dans ses poches, on lui trouva un dessin qui étott cdui de h machine avec laquelle il apprenoit à prendre les oiseaux, et plusieurs cartes avec un catalogue de mots qui étoient les noms des oiseaux, qu'on n'entendoit pas parce qu'ils ëtoiept écrits en anglois, on ne douta pas que tout cela n'eût rapport à l'entreprise supposée; et on le mit aux arrêts jusqu'à ce qu'A eût fait connoître son innocence, et jusqu'à ce que quelqu'un eût répondu de lui.

(47) Premier président delà cour des aides de Montpellier^ conseîllier d'état, et de l'académie des sciences , qui trouya le secret de faire filer des toiles d'araignées, d'en faire des bas, et d'en extraire des gouttes égales à celles d'Angleterre contre l'apoplexie. U découl^rit aussi le 'moyen dé rendre utiles les marrons dinde, pour en nourrir les pourceaux et en faire de la poudre. Il avoît an cabinet d'antiquités fort curieux.

(48) Intendant du Languedoc. >

(49) Le sujet du prix proposé par Tàcadémie étoit d'expliquer en quoi consistaient la nature de f étendue de Tautonomie dont Jouis soient les villes soumises' à une puissance étrangère,

* iM YÎUe de Toulouse n*ett point fortifiée.

(5o) Ce fut M. Sarasin, résident de Genève, qui s*en retournoit dans son pays , dont l'auteur profita pour cifvojer lé manuscrit de Y Esprit des Lois au sieur Barillot, ini|Wlnieur *de cette ville. M. le professeur Vemet fttt chargé de prés* der à l'édition , dans laquelle il se crut permis de changer quelques mots; ce dont Tauteur fut bien piqué , et il les ftt

corriger dans Pédition de ^aris.

(Si) h fait voir dans ce chapitre la nécessité d*un stathouder, comme partie intégrale de la constitution de la république. L'Angleterre vcnoit de faire nommer le prince d'Orange, ce qui ne plaisoit point à la France, alors en guerre , parce qu'elle pro^toit de la foiblesse du gouvernement acéphale des Hollandois pour pousser ses conquêtes en Flandre.

(5a) Ceci a rapport à la difGculté que x:elui-ci montroit toujours à croire lorsqu'on débitoit quelque aventure galante, aouteqant qu'op étoit fort injuste à l'égard des femmes. Quelqu'un qui a beaucoup vécu avec, ces deux amis m*a dk que Montesquieu le.plaisantoit souvent là dessus, lui donnant par cfstte raison le titre de protecteur du beau sexe. Disputant un jour ensemble avec quelque«chaleur au sujet d'un conte de ^knterie qui courpit, et quç le dernier s'efforçoit d'excuser, un de Iqurs amis communs entra; Montesquieu se tour* nant subitement vers lui : Président, lui dit-il, voilà un abbé qui croit qu'on nc....f. point.

• (53) Le sujet proposé étoit Vétai des lettres en France sous le règne de Louis XL Le conseil de Montesquieu ayant été suivi, son correspondant remporta un troisième prix à l'académie. Nous ne connoiésolis pas cette dissertation, qui n'est point imprimée dans, l'édition , faite à Tournai, des dissertatiûM de cet adleur.

479 ' ifOTss.

(54) A. mesure qu'U composoity U jetoit au £eu les mémoires dont il ayoit Ûdt usage. Mais son secrétaire fit un sacrifice plus cruel aux flammes : ayant mal' compris ce que Montesquieu lui 4it9 de jeter au feu son brouillon de son Hiitoùe^* de Louis XI ^ doiit il venoit de terminer la lecture de l'a cpr- |He tirée au net, il jeta celle«i au feu; et l'auteur ayant trouvé en«e levant le brouillon sur s^ table , crut que le secrétaire avoit oublié de le brûler , et le jeta aussi au feu; ce qui nous a privés de Thistûire d*nn règne des plus intéressants de la monarchie frabç(H9e, écrite par la plume la plus capable de le foire coni^OLtre. Le malheur n*est point arrivé dans sa dernière mdadie, comme Ta avancé Fréron dans ses feuilles périodiques, mais en Tannée 17^9 ou 1740, puisque Montesquiefi conta l'accident qui lui étoit arrivé à un de ses amis, à Toccasion de V Histoire de Louis XI par Duclos, qui parut quelque-temps après Tan 1740.

(55) Étant parti de Bordeaux, il profit» de l'absence de Montesquieu pour parcourir en détail les provinces mériifif>' nales de France d'une mer à l'autre, et jusqu'au centre des Pyrénées, pour yecMmottre les savants, les académies, les bibliothèques, les antiquités, les p<vrtç de mer, les productions propres k chaque province, et l'état du commerce et des fiiK briques; ce dont il a conservé des mém(ûres4rès4ntéressanls.

(56) Ceci a rapport à la traduction ilaUenne du poë^ie de la Religion , dont nous avons avons parlé dans k note (8), page 459;

(57) Plaisanterie fondée sur èe que ce voyageur, étant arrivé en Languedoc préciséipent dans le temps qae les Autrichiens et les Piémontais avoient passé le Yar, à la qu^tion que quelqu'un lui fit de quelle partie de l'Italie il étoit, ré-

pcmdÂt en plawmtant : « Dç la république de Sa^t-Martin , « qui n'a rien à démêler avec les puissances belligérantes. » Ctttte réponse «voit étoi^ prise au sérieux par quelques peccoDoeo» conjecturant bonnement qa*ll étoit veau sans doute c» France pour négocier en fareur des intiérêis de sa république.

(58) Ancien ipédecin du régent, et le meilleur oculiste qu'il y e^ en.France. Il s*étoit retiré à Anteuil» dans la maison de D^préaux son ami > qu'il avoit achetéç après sa mort C'est par allusion à ces deux hôtes que Montesquieu , se promenant un jour avec M. Gendron,, fit ces deux vers, qu'il faudroit mettre, dit-il en badinant, sur la porte :

Apollon, daos ces lieux, .prêt à nous secourir, Quiue l'art de rimer pour celui de guérir. ' >

Voltaire avoit fait quatre vers sur le même. Ce médecin n'exerçoit plus sa profession que pour quelques amis. Itn*aimoit pas à parler de médecine, et il avoit une très-médiocre idée des médecins en général. Il vivoit d'une homiéte rent^ viagère qu'il s'étoit faite , faisant beaucoup d'aumônes aux pauvres, aux malades indigents, qu'il voyoit tous les jours, et aux persécutés pour cause de jansénisme. ,

(59) Il étoit allé à Bordeaux pour y passer un hiver, et la compagnie de Montesquieu Vy retint trois ans, l'un et T'auti^e s'occupant beaucoup à l'étude et s'amusant à l'agriculture.

(60) Femme de M. GeoITrin, entrepreneur des glaces, qui, par le caractère 4e spn esprit, et par l'état de sa fortunej étoit parvenue à attirer chez elle une société de beaux-esprits, de geR« de lettre et d'ardstes, auxquels elle dpnnoit à dîner deux fois par semaine, se rendant par là une manière de dictateur

de Pespriti des talents, Ai, mérite et de la bonne ccnnpagnie. Sa maison étant aussi le rendez-Toos de phisienrs seigneurs et dames, qui s'arrangeoieift pour aller souper ches die. La société que I*pn trouvait' dass c^tte maison foisoit que les étrangers djterchoient à y être introduits. La maîtresse du logis ne aégligeoit pas d'attirer ceux qui pouvoient lui donner du relief. Elle éto^t tr^s^fEcieuse poi^ ceux qui lui convenoient, et saliis robérfcorde pour ceilx qui ne lui plaisoient pas. Elle disoi't qu'elle tenoit toujours sur sa table une aune pour mesurer ceux qui se présentoient chez elle pourla première fois, et c'étoit par cette aune qu'elle jugeoit, disoit-élle, à l'œil s'ils pouvoient devenir des meubles qui convinssent à sa maison. On prétend néanmoins que cette aune ctoit quelquefois fautive. Tout cela lui mérita de jouer, dans la comédie des PhUotophes, un rôle dont*on dit au'elle ne fut'pas (brt flattée^

(6i) Voyez la lettre page 338, au sujet d*une place à Tacadémie des inscriptions let belles- lettres que sollicitoit M. l'abbé de Guasco.

{6a) Par les avantages que ee prince avoit remportés sur Farmee angloise dans son expédition d'Ecosse.

(63) Il étoit alors marquis , et fut fait duc et pair après son ambassade d'Angleterre.

(64) J'ai appris à Turin que, lorsque celui-ci eut lu la première fois Y Esprit dés Lois, il dit : « Voilà un livre qui ope- « rera une révolution dans les esprits en France. » Cest une des preuves que ses jugements étoient justes.

(65) Auteur de kbles ingénieuses imprimées à Paris chez Didot jeune, en 1796, et de mélanges piquants de littérature

dont cet aimable Nestor a embëlU'tiotre crépuscule littéraire en 1797.

(66) Auteur à^bi Fiedfi ChaHemuigne , et de plusieurs ouvrages ûiits {K>ur le théâtre tels que la comédie des Mécontenir, et divers opéras intitulés : Les Foyages de V Amour, Dardanuê, Érigone, et le IMncedeNoisy, Il mourut en 1755, de la petite-vérole , à Rome , où il étoit chargé des affaires de France, et fut extrêmement regrette de- tout le monde.' U avoit le privilège du Mercure de France , qui a ]passé aprè» lui à M. de Boissy.

(67) IL de Rastignac) un des plus illustres prélats de France de son temps.

(68) Le comte Colbert d'Estbutevilles, petit-fils du ^and Coibert, homme d'esprit, mais tourne à la singularité, conçut le projet de traduire le Dante en françois. Il a^oit depuis long-temps exécuté ce projet par une traduction eli prose , sur jiujuelle il se réservoit de consulter quelque Italien^ Cette traduction a été imprimée en 1796. C'est la prepnèretraduo^ tion complète du poëme du Dante : ttoutonnet et Rivarol n*avoient traduk qu#Ia première partie.

(69) Ce traducteur avoit inséré beaucoup de pensées et de choses <irées des commentaires 4p ce poète dans lé texte qu'il tradmsit; ef il n'étoit pas toujours docile dans les corrections à faire : ce qui avoit fait abandonner cette lecture.

(70} Elle est fort sidgdlière et fort courte : il dit que, dans son enfiuice, sa mie Ini a souvent parlé, de {Ku^adis, d*enfer et de purgatoire, sans lui en ddnner aucune idée; qu^avancé en âge, ses précepteurs lui ontsouvent répété les mêmes choses, sans rédairer davantage; que, dans l'âge mûr, il a consulté

difTérents théologidiis, et qu'^s Font laissé dans la même obscurité; mab qu'ayant fait un'voyage en Italie, il a trouvé que le premier poète de cette nation étoit le seul qui l'eût satisfiûtN sur k future de ces tniM demeiipes dans Taulre BioiUk; ce qui l^Toit déterminé de le traduire en françois, pour être utile à .ses eoocitoycilft.

(71) U dema^idoitun jour quelque chose À M. de Chauve- Un, alors garde des sceaux, toucliant le procès qu!i\ avoit poor le duché d'^Ëstoutevilles,. qu'on lui çontestoit; ce i|iUiiî$^ s'é* toit servi de ces termes en lui parlant : a Monsieur, >e dois vous 9 dire que ni le roi, ni monsieur le cardinal , ni moi, n'y consenti tirons jamais. » A quoi M. d'Estoutevilles répliqua sur-^le- » champ : Bfa foi, monsieur, voilà deux beaux pendants que vous » donnez au roi, monsieur le cardinal et vous. Je suis fils et » petitnfîls ,de ministres; mais si mon père ou mon grand-père » eussent tenu un pareil propos, on les eût mis aux petites mai- » sons. » Et il se retira.

(7») G'étoit le premier ouvrage qui eût été fait sur lés découvertes d'Berculanum.

(73) C'étoit, des académiciens de'i^prdeaux» celui qui foumissoit le plus fréquemment des mémoires.

^74} Madame de-Pontac. Montesquieu ne la npmraoit ordinairement dans ses lettres que la comtes^; ou ^tre comtesse. /

(75) L'abbé Yenuti, après s'être retii^ de L'abbaye de Clérac« avoit fixé son séjour à Bordeaux , attaché à l'académie des sciences et b^U^lettres de cette ville; mais l'empereur l'ayant nommé prévôt de Livourue, if fut obligé d'en partir^ et son départ fut regardé comme une grande perte pour l'a-

cadémie. Pendant son séfour à Livomne, il a contkmé d'en* richir la république des lettres de différentes bonnes dissen. tations. Le manyais éut de sa santé l'obligea de renoncer à sa place pour se retirer à Corlone dans sa fimûlle*

(76) Dame de Bordeanx qui aimoit les lettres, et surtout l'histoire naturelle , dont elle rassembloit une collection. •

(77) L'original de cette lettre étoit à Ratisbonne, dans la bibliothèque du prince de La Tour-Taxis.

(78) Ce bruit étoit faux.

(79) Ce ne fut en effet qu'après le royage que M. de La Condamine fit à Londres, peu d'années après, qu'on Tit à Paris les premiers essais de l'inoculation. Cet académicien ne se borna pas à faire verbalement des rapports de ses observations sur cettfe pratique; mais il les mit par écrit , et les communiqua au public, le mettant par là en état dy réfléchir et de se persuader de la réalité des avantages qu'on retireroit de cette pratique, néanmoins encore, combattue par la déraison du préjugé et la cabale de bien des mé* decins.

(80) L'ouvrage de l'abbé Yenuti, dont parle Montesquieu , est intitulé, ilTrionfo letterario délia Francia (le Triomphe; littéraire de la France ). Rappelé dans sa patrie, l'abbé Venuti craignit qu'on ne l'accusât d'ingratitude^si, en quittant la France, il ne Jais^it aucun monument de sa reeonnoissance pour tous les agréments qu'il y avoit trouvés, et de son admiration pour les grands génies qu'elle renferme dans son sein. C'est dans cette vue qu'il a composé son poëme en plusieurschants, où il donne des éloges auxmiele l'amitié a bien

476 ICOTBS.

autlmt de part que le vrai mérite. Quoi qu'il en soit, 00 ne refose pas de souscrire à ce qu'il dit de Montesquieu : « Si » une âmQ aussi grande, dit-il , se fiât trouvée dans le sénat » latin, la liberté romaine vivroit encore à la honte des ty- » rans. Son nom surpassera la durée du roc Tarpéien; et sa i gloire ne périra point tant que Thémis dictera ses oracles » sur les bancs françob, et que les dieux conserveront à » l'homme le dbn de la pensée. » Tel est le sens du compliment que l'abbé Venuti a fait à Montesquieu dans son poëme italien, et dont Montesquieu le remercie dans cette lettre.

(81) L'un des premiers commis du bureaii des affaires étrangères, et fort savant académicien de Paris, le même qui essuya depuis tant de nlortifications, pour avoir, en qualité de censeur royal , donné son approbation pour l'impression du livre €&. l'Esprit.

(82) Le poëme de l'abbé Venuti est dédié à M. de Puylsieuit, alors ministre des affaires étrangères.

(83) Secrétaire perpétuel de l'académie de Bordeaux homme d'un esprit très-aimable et d'une vaste littérature, mais très-irrésolu lorsqu'il s'agit de travailler et de publier quelque chose i ce qui fait que les mémoires de cette académie sont fort arriérés , et que nous sommes privés d'excellents morceaux de cet écrivain , qui sont enfouis dans son vaste cabinet

(84) U entend parler des affaires littéraires, parce que ce secrétaire de l'académie n'avoit jamais voulu se donner la peine de rédiger ses mémoires, et en faire part au public.

(85) Bibliothécaire du cardinal de Rohan à l'hôtel de Sou-

bise, ches qui s'assembloienty un jour de la aema^e,. plusieurs gens de lettres, pour converser sur des sujets littéraires. Montesquieu, dans le premier voyage qu'il fit4Paris, firéquentoit cette société; mais,, trouvant que le P. Tourner mine vouloit y dominer, et obliger tout le monde à se plier à ses opinions, il s*en retira peu à peu et n'en cacha pas la raison. Depuis lors, le P. Toumemine commença à lui faice. des tracasseries dans l'esprit du cardinal de Fleury, au sujet) des Lettres Penanes, On a entendu conter à Montesquieu que, pour s'en venger, i) ne fit jamais autre chose que de demander à ceux qui lui en parloient : Qui est-ce que ce P, Toumemine? je n'en ai jamais entendu parler : ce qui piquoit beaucoup ce jésuite, qui aimoit passionnément la célébrité.

(86) On a plusieurs volumes de fort bons mémoires littéraires lus dans cette société, recueillis par ce bibliothécaire de l'Oratoire, chez qui s'assembloient ceux qui en sont les auteurs. Les jésuites, ennemis dies pèr^ de l'Oratoire, ayant peint ces assemblées, quoique simplement littéraires , comme dangereuses, à cause des disputes théologiques du temps, elles furent dissoutes, non sans un préjudice réel pour les progrès de la littérature.

(87) Le' marquis d'Argenson, ci-devant ministre des affairies étrangères, après sa démission, donnoit à dîner à ses confrères tous les jours d'assemblée d'académie, se dédommageant ainsi de son désœuvrement avec les gens de lettres, et l'abbé de Giiasce, qui venoit d'être reçu à l'académie des inscriptions, avoir été admis au nombre des convives.

(88) L'abbé de Guascô a traduit les satires du prince Cantimir, ambassadeur de Russie à la cour de ï'rance.

V (89) Plaisanterie qm ùàt allanoû à l'étude particulière quHui gentilhomme de Lai^oedoc a faite de la généalogie de toutes les familles , et qui fait le sujet ordinaire des entretiens qu'il a avec les gens de lettres. L'abbé Bônardi, dans sa tournée y avoit été visiter ce gentilhomme dans son château , et s*étoit fort enrichi d'érudition généalogique , dont il ne manquoit pas de ùlre étalage à son retoui' à Paris ; il alloit quelquefob en fitvoriser Montesquieu; ce qui Tennuyok beaucoup et lui fàisoît perdre des heures précieuses.

(90) Savant Anglais y entièrement aveugle » excellent poète latin, qui, pendant le séjour qu'il fit à Paris ^ entreprit la traduction du Temple de Gnide en vers latins , m^s dont il ne donna que le premier chant

(91) Ouvrage de l'abbé VenutL H a été fait une autre traduction en italien du Temple d$ Gnide ^ par M. Yespasiano; celui-ci a été imprimé avec le texte original en regard à Paris en 1766, in-ia , chez Prault

(9a) Ce portrait en vers, fiût par Montesquieu, se trouve à la page iSa de ce volume. L'abbé Venuti a traduit cette pièce en vers italiens.

(93) La réponse par M. Itisteau» directeur de la compagnie des Indes, aux observations de M. Dupin sur V Esprit des LoiSy se trouve dans le cinquième volume. D.

(94) On a déjà parlé, dans une note, de cet écrivain fort versé dans l'histmre de la littératui^ moderne de France, mais fort prolixe dans ses écrits et dans ses lettres. Il a laissé des manuscrits sur les anteurs anonymes et pseudonymes.

(95) Pour demander a Sa Majesté one place dans l'acadeinie de Nancy.

(96) Cette lettre fut envoyée à Montesquieu en même temps que celle du secrétaire perpétuel, écrite au nom dé Tacadémie. Le secrétaire lui marquoit que la société aroit vu avec joie la lettre qu'il avoit écrite à Sa Ma;festé ? « Vous lui de- » mandez 9 monsieur, disoit-il, une grâce que nous aurions été » empressés de vous demander à vous-mêmes, si l'usage tious » Favoît permis. Nous nous estimons heureux que vous préveniez nos désirs. Vous pouvez, phis qu*un autre, nous 1» faire entrer dans Tesprit de nos lois , et nous apprendre à » remplir les vues du monarque que vous aimez, el que nous » voulons tâclier de satisfaire. C'en est déjà un moyen que de »vous donner une place parmi nous; et nous roqs l'accor- » dons avec d'autant plus de plaisir, que nous pouvoris par là » nous acquitter envers Sa Majesté d'une partie de notre re- »connoissance, etc.» La satisfaction qu'avoit l'académie de répondre aux désirs de M. dp Montesquieu fut bientôt augmentée par l'envoi que ce nouveau confrère lui fit d'un écrit qui a pour titre Ljsimaque t il étoit accompagné de la. lettre suivante , adressée au secrétaire de la société. On y verra quelle étoit la raison qui engaîgeoit Montesquieu à préférer à tout autre sujet celui qu'il traite dans cet ouvrage.

(97) Dans la Correspondance inédite de madame Ou Oeffand^ quelquesHmes de ces lettres portent des dates reculées de dix ans ; ce qui est évidemment une erreur, puisqu'il y est parlé d'événements arrivés postérieurement à ces dates.

(98) Ambassadeur de Sardaigne à Paris , qui y fut fort estime.

(99) En Piémont, par les constitutions du pay«, les ecclésiastiques ue peuvent point posséder de fiefs, ni en prendre le titre. Les deux frères étant exposés aux périls de la guerre.

4do nOTKS.

il pQuvoit arriver que» venant à manquer^ le fief qui donne le titre à leur, famille r^mbât à la couronne ou dans une fàmille étrangère. X^ailieursi comme il étoit établi en Allema- * gne> où les ecclésiastiques ne «ont pas sujets à la même loi , il demanda au roi de Tinvestir aussi lui-même de ce fief; grâce que le roi lui accorda par une patente particulière , avec le titre, juridiction et prérogative du comté de sa famille > dérogeant à cet eiïet à l'article des constitutions sur ce sujet

(loo) Ou de Combury, dernier descendant du célèbre chancelier Hyde, fort aimé en France 9 où il demeuroit depuis quelqjyies années y et où il mourut de consomption, trèsregretté de tons ceux qui connoissoient son caractère et son esprit

(loi) Ancienne ville ^Industria, dont on a découvert des ruines près des bords du P<S, en Piémont, mais dont la découverte n*a pas produit beaucoup de richesses antiques; les morceaux les plus précieux qu'on ait trouvés sont un beau trépied de bronze, quelques médaillés et. quelques incciptions. . ,

(loa) De ne point répondre aux critiques de V Esprit dfs Lois,

(io3'} L'abbé de La Porte fut le premier quji osa critiquer V Esprit des Lois dans ses feuilles périodiques. On disoit dans le public qu'il y avoit été induit par M. Oupin, fermier^énéral, qui commençoit à escarrooucher par des troupes légères envoyées en avant

(104) Ce fermier-général fit ensuite imprimer, à ses irais, une critique presque aussi étendue que X Esprit des Lois, qu'il

iroTES. 481

distribnaà set connoiasaQces 9 à cooditioii <)f ne point ta pré-^ ter. On ne manqua pas cependant de faire passer 'un exemplaire de cette critique entre les mains <^ M. de Montesquieu, et dès qu'il eut percooru quelques parties de cette rapsodie» il dit qu'il ne valoit pas la peine de lire le reste» se reposant sur le public. En eflet, la mauvaise foi qu'on décourritdans les ciudons des passages mutilés 9 à dessein de rendre l'auteur de V Esprit des Lois odieux au gouvernement, aipsi que les mauvais raisonnements^ l'indignèrent au point que M. Dupin crut devoir retirer les exemplaires distribués, sou^ prétexte d'en> faire une nouvelle édition, pour corriger des fautes^qili s'étoient glissées; mais cette nouvelle édition ne parut jamais.

(io5) Des biens, sous la seigneurie d'Aiguillon, çausoient un procès qui duroit depuis lonç-tcrops au sujet du franoalleu : procès qui avoit failli le brouiller avec madame la duchesse d'Aiguillon^ son ancienne amie, et qu'il avotl par cefte rais(m fort à cœur de voir terminé.

{106) n arrive souvent, à Bordeaux^ que des gentilshommes cherchent à épouser des filles des habitantsde l'Amérique, dans Fespérance d'en, avoir beaucoup de biens. Montesquieu désapprouvoit ces sortes de m^^riages faits pour de l'argent,' qu'il dis(Ht abâtardir les sentiments de la noblesse, et sur lesquels on étoit souvent trompé, parce que les fortunes prétendues des tles se réalisoient rarciment

(107) Alors commissaire d'Angleterre pour les affaires de la barrière à Brtixellcs , et depuis ministre plénipotentiaire à Berlin; homme de beaucoup d'esprit et d'un caractère fort aimable.' M. d'AyroUes étoit ministre de la même cour à Bruxelles.

(xo8) Cette réponse est de M. Risteau, alors jenne négo- MovTSSQ. mtp, miL 3x

cknt de'Bordeau^c , et depuis un des directeurs delà Compagnie des Indes. Elle fut imprimée dans quelques éditions des Leîires fkmil&ns. Elle est de i34 pagesin-ia. On n'en dra qu'un petit nombre d^exemplaires. Montesquieu en faisoit un très^grand cas, et n'y eut aucune part H avoua même qu'il eût été fort embarrassé de répondre à certaines objections que son jeune défenseur avoit réfutées de maifière à ne laisser aticuh lieu à la réplique.

On regarda cette pièce comme supérieure à la Suite de la défense de f Esprit des Lois, par La Beaumelle, quoique cellè-ci soit écrite avec chaleur. (Voyez cette réponse de BL Risteau dans le cinquième rolumé de cette édition. }

On trouve dans la Bibliothèque d'un homme public un fragment précieur, en réponse à une critique de YEiprit des Lois.

LangLety juge de Bapaume , a public aussi des observations très^judiçieuses en l'honneur de ce grand homme.

Tels sont les principaux écnts apologétiques.

(i 09) Subside que la cour de Vienne s'étoit engagée de payer ^ux HoUandois pour les garnisons des places de la barrière.

(i 10} Après avçir tenu long-temps Y Esprit des Lôiisur les fonts y là Sorbonne jugea à propos «de suspei^dre sa censure.

(«iii) Le P. Gerdil, bamabite, outre plusieurs autres ouvrages, a fait la Fie du bienheureux Alexandre Sauli, et un Traité dis Kérités (fe la Religion: le. premier est écrit en françoisy et le second en italien.

(112) Dame qui fonda le premier prix des jeux floraux dans le quatorzième siècle. On conserve sa statue avec honneur à rh6tel-de-ville, et on la couronne de fleurs tous les aas.

iroTBS. 4^3

(ii3). Femme d'il!!. trésorier de Francep qui oglttYoic U poéne. <,

( I X 4) M. de Toumy y intendant de Guienne , à qui Bordeaux doit les embellissements de cette xille , potv suivre un plan des édifices qu'il eptreprit, et faire un alignement , ve- Yoit de masquer le bel hôtel de l'Académie; elle s'y oippgsa, et obtipt de la cour gain de cause contre l'intendant

(i 1 5) L'auteur disoit qu'il n'avoit jâmab ouï dire à ce prince qUe ce qu'il falloit dire sur le sujet dont on parloit, même lorsqu'en quittant de temps en temps sa partie, il se méloit de la conversatiQU. Dans un petit écrit que 3iontesquieu avoic fait sur la Considération , en parlant du prince Eugène y il avoit dit qu*on n'est pas plus jaloux des grandes richesses de ce prince qu'on ne l'est de celles qui brillent dans les temples des dieux. Lç prince, flatté de ces expressions , fit un accueil très-distingué à Montesquieu à son arrivée à Vienne y et l'adrait dans sa société la plus intime.

(i i6} La singularité de ce château , dont la forme n'a point changé, est assez remarquable. C'est un bâtiment hetagone, à pont-levis, entouré de doubles fossés d'eau vivi^, revêtu de pierres de taille. Il fut bâti sous Charles Vil pour servir de château fort; et îl appartenoit alors aux MIVI. de La Lande, dont la dernière héritière épousa un des ancêtres de Montesquieu. L'intérieur de ce château n'est effectivement pas fort agréable par la nature de sa construction ; mais Montesquieu en a fort e^ibelli les dehors par des plantations qu'î) y a £dtes.

Tous les voyageurs di^tipgués s'empressent de le visiter.^ Ce château fixa l'attention de l'empereur Napoléon et 4e l'impératrice Joséphine, pendant leur séjour à Bordeaux» en

48^4 iroTES.

tSoS. Le petît^-fils de Montesquieu étoit l'un des commandans de la garde dlionneur bordelaise organisée par M. de Montbadon , alors maire de Bordeaux , et que l'empereur Napoléon nomma gouvemeur dû* palais dont la ville lui avoit fait hommage. M. de Montesquieu ne s'y présentoit que pour le service dont il avoit été chargé. Il sembloit attacher peu d'importance à des fonctions si opposées à la simplicité de ses goûts, n vit dans ses domaines , et fait sa résidence habituelle dans le château doQt le génie de son aïeul a rendu le nom historique.

\ (117) Ambassadeur de Sardaigne à Paris» homme de beaucoup d'esprit 9 et plus véridique qu'on ne souhaite dans les sociétés.

(118) n disoit d'elle y qu'elle étoit également bonne à en £sdre^ maîtresse » sa femme » ou son amie.

(119) Cette dame étant un jour en habit d'amazone à la campagne, à Montignj, il en avoit fait le portrait dans un sonnet Ce sonnet ay^tété lu à milord ÉHban, qui ne la connoissoit pas, il dit que ce ne pouvoit être qu'un portrait flatté ; et ayant depuis fait connoissance avec elle, il reprochoit à1*auteur de n'en avoir pas assez dit

(120) L'auteur de cet écrit, in-ii , Berlin ^ 175 1 , étoit La Beaumelle. Oki l'attribua faussement à Montesquieu. H y a une lettre de lui qui dément cette fausse imputation. Foyêz le recueil B. , n* laia , à la bibliothèque Mazarine.

(lai) Ce fut lui qui , à force de sollicitations, lui arracha, comme malgré lui , l'unique réponse qu'il ait faite aux critiques sous le titre de Défensg deCEsprH dis Lois , que le public a reçue comme un chef-d'œuvre de critique et un modèle de bon goàt.

(xaa) n a dit à quelques amb que, /H aToit eu à donner actuellement ces Lettres , il en auroit omis quelques-unes , dans lesquelles le feu de la' jeunesse l'avoit transporté ; quV bligé par son père de passer toute la journée sur le code, il s*en treuvoit le soir si excédé, que, pour s'amuser, il se mettoit à composer une lettre persane , et que cela couloit de sa plume sans étude.

-(laB) Il étoit alors général^najor au service d'Autriche. Il fut* choisi dans la dernière guerre pour quartier-maître général de l'armée de Bohême; il eut part, en cette qualité, à la victoire de Planian ; et la réputation qu'il s'est faite dans les défenses mémorables de Dresde et de Schwednitz, prouve que Montesquieu se connoissoit en hpmmes. Il mourut d'apo» plexie à Kœnisberg, où il étoit prisonnier de guerre, dans le grade de général en chef d'infanterie , et chevalier grand' croix de l'ordre militaire de Marie-Thérèse. Elle honora par des regrets trè»-marqués la perte de ce général , auquel l'ennemi même rendit les honneui^ les plus distingués durant sa captivité et sa mort, mort qu'il eût peut-être évitée, si les lér moignages honorables que le roi de Prusse rendit à sa captivité après le siège de Schwednitz eussent été accompagnés de la grâce de pouvoir aller prendre les bains, suivant la tonvention faite verbalement avec le général ennemi lors 4fi la reddition de la place. ...»

(za4) C'est-àrdire de sa bibliothèque particulière; homme d'autant plus estimable, que, né dans un état bien éloigné de la culture des lettres, il est parvenu à les cultiver, sans secours, par la seule' forcç du talent

(laS) n satvoit que c'étoit à lui que les libraires de Vienne deVoient la liberté de pouvoir vendre YEsprii des Lois, dont

la censure précédente des jésuites empéchoit rintrodactkm à Vienne ^ car M. le baron de Yan-Swieten n'est pas seulement l'Esculape de cette ville in^périale par sa qualité de premier médecin de la cour, il est encore l'Apollon qui préside aux Muses autrichiennes, tant par sa qualité de bibliothécaire iinrpénal y charge qui , par un usage particulier à cette cour, est unie à celle de premier médecin , que par celle de président de la censure des livres et des études du pays ; de sorte qu'il ponrrolt être en même temps le médecin des esprits comme il Test des corps y si le d^potismQ sur le Parnasse n'étoit pas trop effrayant pour Ves Muses , et si la sévérité y lorsqu'elle est trop scrupuleuse , ne rendoit pas plus ingénieux dans k contrebande des livres dangereux , comme elle prive quelque fois' de ceux qui sont d'une utilité relative aux dilTérentes professions. Quoi qu'il en soit, malgré la satire qu'on lit dans les dialogues de Yol taire , portant égialement sur les fonctions des deux ministères de ce savant médecin , Ywtme lui dcHt déjà quelques changements utiles au bien des études; efr ee poète célèbre lui doit surtout que son Histoire untoersellé soit, contre toute attente, entre les mains de tout le

monde dans ce pays-là.

(126) Ce nom n'a pas pu se lire , récriture est eihcèe.

(127) Il avoit été intimement lié avec le marquis de Brcil , le commandeur de Solar son frère , et le marquis de Saint- Germain , tous les trois ambassadeurs de Sardaigne , le premier à Vienne , les deux autres à Paris; tous les trois hommes du prei^er mérite.

(ia8) On parloit de Y Esprit des Lois au dîner d'un ambassadeur : S. Exe. prononça qu'il le regardoit comme fovtvrage d'un mauvais citoyen. « Monlesquieii mauvais citoyai 1 St'écria

* 80D ami : pour moi » je regarda VEêprii des LoU même m comme l'ouvrage d'unr bon sujet; car oa ne tauroit dom^r » une plus grande preiiye d'amour et de fidélité à aes maîtres » que de les éclairer et de les instruire. »

(129) H venoit de paroître un ouvrage intitulé le Tombeau de la Sorbonne , fait sous le nom de l'abbé de Prades.

(i3o) Le roi Stanislas les avoit fait agréger à son académie de Nancy.

(i3i) L'usage de la cour de Vienne est de ne point donner, comme dans plusieurs autres, un précepteur en chef aux princes de la maison, mais seulement des instructeurs, dont chacun est chargé d'enseigner la partie de littérature qu'on leur fait apprendre ; et dans le choix de ceux qu'on nonmie pour ces différents départements , on ne consulte que la capacité , sans avoir égard à la condition des personnes.

(i3i) L'impératrice venoit d'accorder une croix de distinction, portant l'aigle impériale avee le chiffre du nom de Marie-Thérèse , au chapitre de Toumay, le plus ancien des Pays-Bas , et le seul où l'on est admis faisant preuves de noblesse.

( 1 33) En vertu d'une bulle de Martin V, ce chapitre, comme plusieurs autres d'Allemagne, doit être composé de deux classes de chanoines, de nobles et de gradués. Des gens intéressés à tenir ce corps dans leu^, dépendance faisoient fréquemment des brèches à la maxime établie, pour y faire entrer ^de leurs créatures propres à seconder leurs vues. C'est pour obvier aux suites des alté^^t^ons faites contre Uesprit de sa constitution que ce chapitre chargea ce député d'obtenir un diplôme de Sa Majesté l'impératrice, qni arrête le cours de cet abus ,

en fixant d'un côté les degirés de noblesse qu'on doit prourer pour être reçu dans la classe des nobles , et prescrivant , de Tautre , qu'il ne sufiuroit pas que les licenciés et docteurs eussent une patente de ces grades qu'on «çhetoit souvent; mais qu'ils ne seroient considérés poiar tels qu'après avoir fait un cours d'étude en règle^ pendant cinq ans, à l'université de Louvaîn ; disposition également utile à Tencouragement des études de cette université et au chapitre , qui en ressent déjà les effets salutaires par le nombrie des sujets distingués qui s'y accroît tous les jours depuis.

(i34) Cet ami lui avoit mandé qu'il avoit été fort choqué de deux propositions qu'il avoit entendues. La première étoit , qu'à l'occasion d*un ouvrage qu'il avoit fait imprimer, un seigneur lui dit qu'il ne convenoic point à un homme de condition de se donner pour auteur. La seconde étoit d'un militaire du premier rang, dite à son frère , à propos des lectures assidues qu'il faisoit des livres du métier : « Les livres, lui fut-il dit, » servent peu pour la guerre ; Je n'en ai jamais lu, et je ne sub » pas moins parvenu aux premiers grades. »

(x35) Ceci a rapport à son départ de Berlin'et à sa fâcheuse aventure de Francfort,

(i36) Imprimeur de ses ouvrages à Paris.

(137) Benoît XIV l'ayant fait agrégera l'académie de l'histoire romaine , i\ avoit lu une dissertation sur le préteur des étrangers en présence dç sa sainteté, qui as&istoit régulièrement aux assemblées qu'elle faisoit tenir dans le palais de sa résidence; cette dissertation fut imprimée à Rome, et est insérée àajosXes Mémoires de VAcadéuiie de Cortone , tome VH.

(x 38) Alors ministre impérial à Naples, çt actuellement

nûmstre plénipotentiaire des états de Lcmibardie à Milai) , admiimteur des ouvragesi de Montesquieu, et ami des gens, de lettres de tous les pays.

(139) Bibliothécaire du collège romain, et garde du cabirnei des antiquités que le P. Kircher laissa à ce collège.

(i4a) Ce jésuite avoit à Kome beaucoup de part dans les affaires de la constitution UnigenituSy et brocantoit des médailles. On connoissoit son projet d'un nouveau Saint-Attgus^ tin , pour l'opposer à V Augustin de Jansénius : ses principes là-dessus étoient tels que les paradoxes du P. Hardouin n'eussent fait que blanchir, et le pélagianisme se seroit renouvelé dans toute son étendue.

(i4i) Il s*étoit alors é;Ievé une dispute entre la cour de Naples et l'ordre de Malte au sujet des droits de la monarchie de Sicile , qu'on prétendoit s^étendre sur cette ile.

(i4a) n gagna un procès c&htre la ville de Bordeaux, qui hii porta onze cents arpents de landes incuites, où n se mit à faire des plantations de bois et des métairies, l'agriculture faisant sa principale occupation dans les moments de relâche. Il avoit fait présent de cent arpents de ces terres incultes à son ami , pour qu'il put exécuter librement ses projets d'agriculture , mais âon départ et ses engagements ailleurs ont fait rester ee terrain en friche.

(143) Sa Sainteté lui aveit dit avoir entre ses mains une lettre par laquelle ce monarque promettoit à Clément XI de faire rétracter son clergé de la délibération touchant les quatre propositions du clergé de France, de x68a ; que cette lettre ^ui avoit tenu si fort à cœu», que, pour la tirer des mains du cardinal AnnibaL Albani, camerlingue , qui faisoit difficulté

de la livrer , il avoit été obligé de loi aceoréàr^ non sans qœ)^

que scrupule , disoit-il , certaines dispenses que ce cardinal

exigeoit

Le cardinal de Polignac a conté à quelqu'un une anecdote qui a rapport à ceci, et qui est digne d*étre rapportée. Le P. LeTellier allauà jour le trouver, et lui dit que, le roi étant déterminé de faire soutenir dans toute la France Tinfaillibilité, il prioît S.£m.d*y donner la main. A quoi le cardinal répondit: « Mon père, si vous entrepi-enez une pareille chose, vous 1» ferez mourir le roi bientôt. » Ce qui fit suspendre les démarches et les intrigues du confesseur à ce sujet

(144) Pierre Doyenart fut laquais du fils de Montesquieu, pendant qu'il étoit au collège de Louis-le-Grand. Ayant appris un peu de latin , il se sentit appelé à l'état ecclésiastique, et par l'intercession d'une dame , il obtint de l'évéque de Bayonne , dont il étoit diocésain , la permission d'en prendre l'habit. Devenu prêtre et bénéficiei^ dans l'église, il vint à Paris demander à Montesquieusa protection auprès du comte de Maurepas , pour avoir un meilleur bénéfice qui vaquoit, ie priant à cet e0et de se charger d'une requête pour le ministre. £He débutoit par ces mots: « Pierre Doyenart, prêtre » du diocèse de Baïonne , ci-devant employé par feu M. Té^ » véque à découvrir les complots des jansénistes, ces perfides «qui ne oonnoiasent ni. pape, ni roi, etc.» Montesquieu, ayant lu ce début, plia la requête, la rendit au suppliant, et lui dit : «Allez, monsieur, la présenter vous-même, elle vous » fera honneur et aura plus d'effet : mais auparavant passez » dans ma cuisine, pour déjeuner avec mes valets. » Ce que M. Doyenart n'oublioit jamais de faire dans les visites fréquentes qu^il faisoit à son ancien maître. Il parvmt, quelque temps après, à la dignité de tré^rier dans un chapitre d'âne cathédrale en Bretagne.

NOTES. ^Ql

(14S} Cet ouvrage, qui n'étoit alorsquecommeaoéy â été contîoué; mais les incommodités survenues à Fauteur Tout empêché y pendant quelques années , d*y donner la demiève main.

J'apprends cependant qu'il vient d'être terminé, et qu'il nt reste plus que d'être copié, pour être mis en état d'être imr primé. Quelques chapitres qui ont été lus par des savants en font bien juger, et souhaiter d'avoir l'ouvrage en entier. On dit qu'on y trouve autant de philosophie que d'érudition.

(146) Irlandaise, concierge de la maison qu'il tenoit à Paris, fort zélée pour le prétendant.

(147) Ce magistrat éclairé, de Florence, a fait un ouvrage dans lequel il prouve que les principes de VEsprit des Lois sont ceux des meilleurs écrivains de l'antiquité.

(148) Cet article fut retranché.

(149) L'impératrice Marie-Thérèse, reine de Hongrie.

(i5o) Comme cette tracasserie courut tout Paris dans le temps, il ne sera pas indifférent d'en dire quelque chose. Les raisons que madame Geoffrin disoit avoir pour rompre avec cet étranger, qui avoit été de sa soc^pté, étoient 1* que lui ayant donné une commission d'un service de faïence pendant qu'il étoit en Angleterre , il le lui avoit fait rembourser en trois paiements différents des fonds qu'il avoit à Paris, au lieu de lui envoyer une lettre de change du total; 2* qu'il avoit manqué au ton de la bonne compagnie en parlant un jour chez elle, dans le moment qu'on alloit dîner, d'une colique dont il étoit toui:menté, et qui l'obligea de se retirer; 3* qu'il tenoit à trop de sociétés; 4*qu'eUe le soupçonnoit d'être on espion des cours de Vienne ou de Turin, puisqu'il étoit tant

lié avec Icfs ministres étrangers. Mais â ces raisons , sans doute véritables, des gens ont ajouté malicieusement i* que cet étranger ayant contracté plus de liaisons dans Paris qu'il n'en eut d'abord, et n'allant plus journellement chez^ elle, elle se crut négligée; a* qu'ayant fait la vie du prince Cantimir, et parlé des personnes avec qui il étoit en liaisons, il ne l'avoit pas nommée; 3* que lui ayant fait espérer la connoissance de M. le marquis de Saint-Germain, ambassadeur de Sardaigne, homme très^stimé, qu'elle ambitionnoit beaucoup de voir chez elle, la chose n'eut pas lieu, parce que cet ambassadeur ne s'en soucioit pas, et que ce fut là l'époque du refroidissement Quoi qu'il en soit, une avanie qu'elle lui fit un jour chez elle décida la rupture totale. Elle chercha ensuite à la justifier par bien des voies, jusqu'à viser à indisposer M. de Montesquieu contre lui ; mais leur amitié étoit à toute épreuve.

(i5i) M. de Trudaine.

(x5a) U hésitoit s'il réduiroit les mémoires de ses voyages en forme de lettres ou en simple récit Prévenu par la mort, nous sommes privés jusqu'ici de l'ouvrage d'un voyageur philosophe qui savoit voir là où les autres ne font que re* garder. v

(i5S) En 17499 FoBtenelle désirant de publie^ ses comédies, en fit lecture dans la société de madame de Tendn, pour savoir s'il devmt les ùàre paroitre. Elles furent jugées au-dessous de la grande réputation de leur auteur, et madame de Tendn fut chargée de le détourner de les (aire imprimer, ce à quoi Fonteneile déféra : mab l'amour paternel s'étant réveillé, il voulut avoir l'avis d'une autre société, qui lui persuada de vider ie tac de tous ses manuscrits, et cet

avis remporta; mM le public ne fiit pas si indulgent pour ses comédies.

(i54) Le baron de Secondât y fils de Montesquieu , est mort à Bordeaux en 1795. Il avoit paisiblement cultivé les lettres toute sa vie. Il n'a eu qu'un fils.

(l55) Pièce de vers de Blichaut, poète contemporain de Louis XI.

(i56) On sait de bonne part qu'il dit à quelqu'un qu'il étoit si indigné y qu'il ne mettroit plus les pieds chez elle; ce qui ne fiit malheureusement que trop vrai , puisqu'il tomba malade quelques jours après , et mourut à Paris, d'une fièvre maligne qui l'enleva en peu de jours. Il est sûr que cette rupture eût été en même temps l'apologie et la vengeance la plus complète de son ami.

(157) De l'académie des sciences et de l'académie Françoise y très-connu par des ouvrages excellents et par l'honné- ^té et la douceur de son caractère. Ces deux savants n'étoient pas du même avis sur quelques points qui regardoient les Chinois, pour lesquels M. de Mairan étoit prévenu par les lettres du Pi Parennin , jésuite dont Montesquieu se méfioit Lorsque le Voyage de Varierai Jnson parut, il s'écria : « Ah! :* je l'ai toujours dit que les Chinob n'étoient pas si honn nétes gens qu'ont voulu le faire croire les Lettres édifiait- • tes.»

(i58) Conseiller d'état et intendant des finances ^ qui vit beaucoup avec les hommes de lettres les plus distingués, et s'occupe avec zèle de l'encouragement des arts. Il étoit un des amis les plus intimes de Montesquieu.

(159) Représentée pour la première fois auThéâtre^itoiçois, le II mars 1754: elle eut assez de succès. L'auteur; M. de Châteaubnm, maître d'hôtel du duc d'Orléans, l'aToii gardée trente ans en portefeuille.

(160) Louis XV envoya, outre cela, chez lui un seigneur de ia cour (le duc de Nivernais) pour avoir des nouvelles de son état

(161) Cette assistance ne fut pas inutile au repos du malade; et on lui devra peut-être un jour quelque nouvelle richesse littéraire de cet homme illustre, dont le public auroit été probablement pnvé; car on a appris qu'un jour, pendant que madame la duchesse d'Aiguillon étoit allée diner , le P. Routh, jésuite irlandais, qui l'avoit confessé, étant venu, et ayant trouvé le malade seul avec son secrétaire, fit sortir celui-<à de la chambre, et s'y enferma sous clef. Madame d'Aiguillon, revenue d'abord après diner, trouva le secrétaire dans l'antichambre, qui lui dit que le P. Routh l'avoit fait sortir, voulant parler en particulier à M. de Montesquieu. Comme en approchant de la porte elle entendit la voix du malade qui parloit avec émotion, elle frappa ; le jésuite ouvrit : Pourquoi tourmenter cet homme mourant? lui dit-elle alors. M. de Montesquieu, reprenant lui-même la parole, dit : Voilà, madame^ le P. Routh, qui voudrait m'obliger de lui livrer la clefdemom armoire pour enlever mes papiers. Madame d'AiguiUon fit des reproches de cette violence au confesseur, qui s'excusa, en disant : Madame , il faut que j'obéisse à mes supérieurs; et il fut renvoyé sans rien obtenir. Ce fut ce jésuite qui publia , après la mort de M. de Montesquieu, une lettre supposée, adressée à M. Gaultier, alors nonce à Paris, dans laquelle on fait dire à cet illustre écrivain « que c'étoit le goût du neuf et >» du singulier, le désir de passer pour un génie supérieur

» aux préjugé» et aux maximes communes , l'envie de plaire » et de mériter les applaudissements de ces personnes qui » donnent le ton à Testime publique, et qui n'accordent ja- » mais plus sûrement la leur que quand, on semble les auto- M riser à secouer le joug de toute dépendance et de toute con- * » trainte, qui lui avoient mis les armes à la main contre la reli- » gion. » Le P. Routh eut l'impudence de faire mettre un aveu aussi peu assorti au caractère de sincérité de cet écrivain , dans la Gazette d'Utreche, d'abord après sa mort. (Note extraite de l'édition des Lettres familières de Montesquieu, Florence, 1768.)

(i6a) Ce gentilhomme, fort ami de M. de Montesquieu, a fait une étude particulière de la médecine, et l'exerce simplement par goût et par amitié. C'est celui qui a fourni le plus d'articles à l'Encyclopédie.

(x63) Cet ami lui avoit écrit que monseigneur Cerati et M. l'abbé Niccolini, quoiqu'ils ne fussent point membres de l'académie de Bordeaux , vouloient s'associer à l'offre qu'il avoit déjà faite lui-même de contribuer à la* dépense d'un buste en marbre de M. de Montesquieu , qu'il feroit exécuter en Italie par un des plus habiles sculpteurs, pour être placé dans la salle de ses assemblées, et cela pour faciliter l'effet de la délibération que l'académie avoit prise d'ériger un pareil monument, mais qui étoit arrêtée, faute de fonds dans la caisse de l'acadcroie.

(164) M. de Montesquieu ne s'étoit jamais soucié de se faire peindre; et ce ne fut qu'après des difficultés infinies qu'il accorda aux instances de M. l'abbé de Guasco, qui étoit à Bordeaux avec lui, de se laisser tirer par un peintre italien qui passoit par cette ville en revenant d'Espagne.

49^ NOTB8.

Cet ami possède ce portrait, qui est asses ressemblant , et le seul qui existe y (ait d'après nature. H m'a dit que le peintre assuroit n'avoir jamais peint un homme dont la physionomie changeât tant d'un moment à l'autre, et qui eût si peu de patieoee à prêter son visage.

Flir DU SiXiiME VOLUME.

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