Mariette, lo Sèrapèum de Memphis, édit. 1883, p
XLVÎ MARIETTE (1821-1881)
Ton n'avait accès que par une descente de douze mètres au bout d'une corde. Francesco était censé y mettre en caisse les cinq cent treize objets concédés à la France, mais il joignait à ceux-là toutes les nouveautés qui sortaient de la tombe d'Apis. Mariette avait bien songé à informer les deux officiers, puis, toute réflexion faite, il s'était abstenu : « Qui sait )) Tinfluence que pourrait avoir la nouvelle do la découverte » sur les négociations qu en ce moment même M. Le Moyne » poursuit avec le gouvernement égyptien. Le gouverno- )) ment égyptien peut se montrer d autant plus exigeant » que l'importance des monuments dont il réclame la pro- )) priété serait, si la découverte lui était connue, plus consi- )) dérable, et n'est-ce pas par nous-mêmes que les négocia- )) tiens seraient entravées? » Il écrivit donc un rapport circonstancié à Tagent français, le laissant libre d'agir au mieux des circonstances, et ne dit rien aux officiers'. Cet état de choses dura neuf mois, jusqu'au 5 septembre 1852. Tandis que Francesco tirait ses emballages en longueur, les fouilles continuaient mystérieusement avec le concours du réis Hamzaoui et de six hommes choisis parmi les plus honnêtes de Sakkarah. Francesco avait fabriqué une caisse oblongue, ouverte par les deux bouts, et qui, enfoncée verticalement dans le sol, y formait comme une cheminée dont l'extrémité inférieure aboutissait à l'une des portes d'entrée de la tombe et dont la partie supérieure affleurait à la surface : des échelons disposés d'espace en espace permettaient aux ouvriers de descendre et de remonter à leur gré. Le jour, un couvercle en bois, recouvert de quelques centimètres de sable, dissimulait l'ouverture : on le retirait la nuit et l'on s'y engouffrait pour aller travailler sous terre.
Le déblayement progressait difficilement dans ces conditions : Mariette profita de ses lenteurs pour dresser à loisir l'inventaire historique et archéologique de ses tré-