‹ Œuvres diversesChapitre 13 sur 154 · XLVIII MARIETTE · texte numérisé non relu

XLVIII MARIETTE

admirables bijoux du prince Khàmoisit, fils et co-régent de Ramsès II ; lorsqu'on s'y glissa pour la première fois, on y observa, marquée sur la couche mince de sable dont le sol était recouvert, l'empreinte des pieds des ouvriers qui avaient couché le dieu dans sa tombe \ Un autre jour, le 19 mars, c'était une tombe isolée (lui rendait, avec des masses d'or et d'objets précieux, les restes d'une momie humaine où l'on croyait reconnaître Khàmoisit lui-même*. Un peu plus tard, d'autres chapelles surgirent avec plusieurs des Apis morts sous les derniers souverains de la XVIII® dynastie. Cependant la commission annoncée par M. Le Moyne était montée à Sakkarah, et elle avait accordé un permis de sortie pour quarante et une caisses. Elle ne s'était pas montrée sévère, et l'aménité des officiers égyptiens qui la composaient prouvait que le gouvernement fermerait volontiers les yeux sur les infractions qui pourraient être commises aux conditions du firman. Toutefois, au moment où les affaires s'arrangeaient de ce côté, les fonds s'épuisaient une fois de plus. Mariette espérait que la vue des bijoux de Khàmoisit stimulerait la générosité des autorités françaises et il les avait expédiés au Louvre, en suppliant M. de Rougé et M. de Nieuwerkerke de réclamer pour lui une subvention nouvelle au ministère de l'Intérieur. L'argent ne venant pas assez vite, il recourut à un expédient désespéré. Les soubassements de la tombe isolée des deux Apis de Ramsès II avaient été dorés, et le sol lui-même percé de petits trous dans lesquels on avait introduit de légères lamelles d'or froissées : il y avait là, en tout, plus de deux kilogrammes de métal à un titre excellent et sans valeur artistique ou archéologique. Mariette demanda à M. Le Moyne et il obtint l'autorisation de vendre ce trésor aux orfèvres du Caire :

1. Nofice des principaux nwnunicnls exposés dans les (j al cries provisoires du Musée de Boula(f, 1864, p. 61 .

2. Cf. p. 171-172 du t. I des Œuvres diverses^ et A. Mariette, le Sérapèuni de Memphis, édit. 1883, p. 61-65.

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