‹ Œuvres diversesChapitre 16 sur 154 · Mariette, le Sérapéum de Mcmphis^ édit. de 1883, p · texte numérisé non relu

Mariette, le Sérapéum de Mcmphis^ édit. de 1883, p

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proportionnés à l'effort déployé : deux cent trente grandes caisses furent dirigées sur Paris, a sans compter les petits » colis emportés par quelques voyageurs obligeants », et qui contenaient des bijoux de prix. « J'estime, pouvait-il » dire plus tard, que les fouilles du Sérapéum de Memphis » ont amené la découverte d'environ sept mille monu- » ments\ » Toutes les époques y étaient représentées, depuis la IIP dynastie jusqu'à la domination romaine : l'histoire de l'art et de la civilisation égyptiens s'en trouvait renouvelée.

La sagacité dont il avait fait preuve pour découvrir le Sérapéum, puis l'énergie avec laquelle il avait poussé et défendu sa découverte, l'avaient rendu illustre non seulement parmi les savants, mais parmi les lettrés de l'Europe entière. Le l^*" janvier 1852, il avait été promu attaché à la Conservation égyptienne du Louvre avec un traitement de 2.200 francs; puis, le 16 août 1852, il avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur. Vers le môme temps, sa femme, qui avait pensé être séparée de lui pour six mois, lasse d'une absence qui se prolongeait indéfiniment, avait quitté Boulogne brusquement, sans le prévenir; il ne connut son départ que lorsqu'elle était déjà à Alexandrie, et il la vît arriver un beau matin, avec ses deux enfants, dans cette petite maison du Sérapéum, où il n'y avait eu place jusqu'alors que pour des fouilleurs et pour des antiquités. Il eut vite fait d'y ajouter deux ou trois pièces, et il y vécut désormais en famille. La population européenne du Caire s'était divisée en deux camps à son sujet : d'un côté, les jaloux et les collectionneurs ou les marchands, à qui sa présence interdisait les fouilles dans les nécropoles de Sakkarah ; de l'autre, tous ceux qui, ayant peu ou point d'intérêt dans le commerce des antiques, avaient été séduits par le courage

1. Mariette, Renseignements sur les soixante-quatre Apis, au t. I, p. 133, des Œucres dicerses.

Lil NiARÎETTE (1821-1881)

et par la science du jeune homme, par sa gaieté inaltérable, par son esprit, par la bonté qui perçait sous son enveloppe de rudesse. On comptait parmi les premiers et le révérend Lieders, et le pharmacien Jannowitsch, et le juif Fernandez, et surtout deux consuls généraux, celui d'Angleterre, M. Murray, et celui d'Autriche, le baron de Huber : « Le » Français de Sakkarah n'est qu'un voleur, répétait ce der- » nier à qui voulait l'entendre. C'est mon agent, le juif Fer- » nandez, qui est le véritable auteur de la découverte du » Sérapéum. Voyez ces sphinx qu'il m'a procuré^, il y a » quatre ans déjà ; il a été assez bête pour en parler à l'homme » de là-bas. Il a vendu bêtement la mèche, et l'autre en a » profité'. )) Les amis comprenaient, outre les membres de l'Agence diplomatique, des Français tels que Clot-Bey, Soliman-Pacha, Linant-Bey, Lambert-Bey, Varin-Bey, le consul du Caire Delaporte, le docteur Burguières, des étrangers de diverses nationalités, l'Italien Vassalli, qui essayait alors de gagner sa vie en peignant les portraits du vice-roi et de ses pachas, les Allemands Pruner-Bey et Bilharz, sans parler des Orientaux tels que Nubar-Pacha, alors au début de sa carrière. Tous les voyageurs de passage au Caire tenaient à honneur de se faire montrer par lui le Sérapéum, et c'est ainsi qu'un matin de février 1853, il vit arriver une bande de touristes allemands, et, parmi eux, un grand garçon de belle prestance et de mine joviale qui se présenta à lui comme étant le D' Henri Brugsch, de Berlin. Mariette le connaissait déjà par ses écrits et par des lettres de recommandation venues de France et d'Allemagne : il lui fit l'accueil le plus chaleureux et il se sentit si fort attiré vers lui qu'il l'invita à s'installer dans sa maison*.

Brugsch accepta avec reconnaissance, et sa visite, qui ne devait durer que quelques jours, se prolongea huit mois

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