‹ Œuvres diversesChapitre 17 sur 154 · NOTICE BIOGRAPHIQUE LUI · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE LUI

pleins : il ne quittait Mariette que le plus rarement possible, lorsqu'une affaire pressante l'appelait au Caire, ou qu'il entreprenait une expédition vers quelque site voisin, aux Pyramides de Gizéh ou aux carrières de Tourah, sur la rive droite du Nil, dans les collines de calcaire blanc d'où sont sortis tant de monuments. L'amitié qui se noua alors entre les deux hommes ne s'altéra jamais : elle reposait sur des aflSnités d'esprit, d'allures et de caractères trop fortes. Brugsch était de six années plus jeune que Mariette, mais il était aussi grand et aussi robuste que son nouveau camarade. Gros mangeurs, gros buveurs, gros parleurs, également bruyants dans leur gaieté, ils passaient parfois des nuits entières à bavarder et à rire, en tète à tète avec une bouteille de raki ou, plus rarement, de vin de France, mais ces irrégularités ne nuisaient pas à leur travail : le matin les retrouvait chacun à sa tâche, comme s'ils eussent dormi toute la nuit, l'un dirigeant ses fouilles et commandant ses ouvriers, l'autre acharné au déchiffrement des monuments et recueillant des notes pour sa Grammaire démotique. Brugsch nous a tracé un tableau très animé de Mariette et de la vie qu'il menait. « Il était, dit-il, de haute taille et de » forte carrure; son visage, encadré d'une barbe blonde, » — rousse eût été plus exact, — « était bronzé autant que » celui d'un fellah égyptien; ses traits portaient comme une » empreinte de mélancolie, qui pouvait brusquement céder )) la place à l'expression de la bonne humeur*. » Ses yeux, rongés par l'ophtalmie, étaient rouges, gonflés, larmoyants, et il était obligé déjà, de les cacher derrière d'énormes lunettes aux verres teintés. Ses mains étaient rudes au toucher et calleuses comme celles d'un maçon'. « Il était » riche d'esprit naturel, et le calembour lui venait d'insn tinct à la bouche. Il dressait ses plans avec une grande

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