‹ Œuvres diversesChapitre 29 sur 154 · LXXII MARIETTE · texte numérisé non relu

LXXII MARIETTE

ne lavait été sa mission d'Allemagne. Il trouva dans Tadmirable collection égyptienne de Turin des documents qu'il soupçonnait à peine, pour un sujet qui commençait à le préoccuper plus même que l'interprétation du Sérapéum, l'histoire de l'art et l'archéologie de l'Egypte. Les quelques statues du second Empire thébain que nous possédons au Louvre lui avaient semblé plus belles à son retour qu'il ne les avait laissées au départ : il avait vu l'Egypte dans l'intervalle, et cette suggestion mystérieuse que produit sur l'artiste la connaissance intime des lieux où Toeuvre est née lui avait révélé le sens et la vie intense de ces monuments si énigmatiques et si mornes d'apparence dans nos galeries de musée. Le cahier où il consigna les notes recueillies pendant son séjour témoigne de l'impression profonde que les statues de la XVIIP dynastie produisirent sur lui, le Thoutmôsis III, l'Améiiôthès II agenouillé, l'Harmaïs debout à côté de son père Amon. Sans qu'il en méconnût les défauts, l'expression de majesté calme empreinte sur leurs traits le ravit, ainsi que l'exactitude de leurs proportions, l'habileté avec laquelle l'artiste en avait agencé les lignes, le fini prodigieux de l'exécution. On lui fit grand accueil : le roi lui conféra l'ordre des Saints-Maurice et Lazare^ et l'Académie des sciences de Turin l'élut un de ses correspondants*. En rentrant à Paris, il y trouva, prête à paraître, une première livraison de son Sérapéum; elle avait pour titre le Sérapéum de Memphis, découvert et décrit, et elle comprenait, avec une page d'avertissement, une vingtaine de planches imprimées selon le procédé Poitevin*. Il semblait que le cours de la publication dût désormais se continuer sans interruption,

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