LXXXVIII MARIETTE
» Ciition de votre mission de 1857 et 1858. . . Ne pourriez- » vous m'envoyer une liste d'un petit nombre d'objets )) spécifiés qu'il vous serait possible de rapporter à S. A. L, » avec l'indication du mode d'acquisition de ces objets'? » Mariette fit part à Saïd-Pacha du désir exprimé par M. Férri- Pisani, et il sut présenter les choses sous un tel jour que le souverain, dans sa générosité coutumière, ne voulut entendre parler ni de prix, ni d'indemnité d'aucune sorte. Il pria Mariette de choisir les objets qu'il estimerait capables de plaire et de les mettre à la disposition du prince; tout le produit des fouilles récentes serait compris dans ce don.
Mariette, en annonçant le succès de sa démarche, ajoutait qu'il serait convenable qu'un bâtiment de l'État vînt prendre ces richesses dans le port d'Alexandrie, ce qui éviterait des droits de fret onéreux. Rien à débourser pour l'acquisition, rien ou presque rien pour le transport : Mariette, qui n'ignorait pas l'esprit d'économie du prince, espérait en retour un appui sérieux auprès du vice-roi. Il ne fut pas déçu. Le 25 mars, M. Ferri-Pisani, tout en lui notifiant la satisfaction éprouvée en haut lieu, lui annonçait que le prince le chargeait, lui Mariette, de transmettre directement ses remerciements à Saïd-Pacha. « Le prince désire » que le vice-roi connaisse par cette démarche toute l'amitié » que S. A. I. a pour vous. . . Le prince Napoléon ne crain- » draît pas de faire connaître au vice-roi que, si Son » Altesse Royale avait à demander à la France le concours » d*un savant pour V établissement d*un Musée égyptien, » le gouvernement français ne désignerait certes pas un » autre homme que vous*. » Ces paroles, rapportées au viceroi dans un moment où l'influence française était prédominante, eurent raison des cabales. On continuait d'ailleurs à
1. Lettre citée par H. Wallon, Notice sur la vie et sur les travaux, p. 135.
2. Lettre citée par H. Wallon, Notice sur la vie et sur les travaux^ p. 135.
jSrOTICE :BIOGFtAPHIQUE LXXXIX
lA dépaï** et rstrrivéG prochaine, et si quelques
nnnooc^^ j,paris^ se permettaient de croire avec Adrien
Ueçtlq^®^: tr aU© 1© princo « avait bien l'intention d'aller
deWgf,' la première fois qr ue l'obélisque de Louxor y
„ enÉgyP\. „i^u Caire, la plupart des gens bien informés
„ retournera' \e ^^^^ paraître d'un instant à l'autre, avec
s'attendaie'^V^g ^a grand Emp>ire qu'il représentait. Nubar-
une suite àig ^^g amis que IVIariette comptait dans l'en-
Pachaaida-o^' rjjin.il fut déclaré, à partir du l^juin 1858,
touraged»»/^ o„r) des travaux d'antiquités en Egypte*.
directeur (^ odieuse à tous ceux qui en Egypte vivaient
Sanomiû»**? '^^^ accueillie avec joie en France et même à
des antiqui*^*' félicitations afBluèrent chez lui de toutes les
l'étranger. ^ ^ope, parmi lesquelles celles de Brugsch lui
parties de ( ^^j^^reroent agréables. « Quel plaisir pour moi de
furent partif**^^^gjjx, lui disait cet ami des mauvais jours,
„ vous savoir ^ ^^ ^ypte occupé de nos recherches qui
,) de vous "^^^ ^g faire lionueur à votre nom de même qu'à
» contiwieron j^^^ais, je x> ré tends, Saîd-Pacha n'a eu une
„ votre patriô .^u momerxii où. il vous a transféré la haute
» sinolo^eiàé© 7^^^^^,^,. a.es xuonuments historiques'. » Le
^ Aign^^^ ^® ^VncscVv sera certainement celui de la pos-
téritè.
■a ■Wallon, Notice sur la vie et sur les travaux,
. lettre ci^P**
* ' ^ \^\ e^t dLonrLé dans l'ordonnance khédiviale n* 32,
P- ^* C'est le ^^^^.^ ^éb ^"^^^ C4 ^laillet 1858), adressée à la Dairah Sa-
âate dw ^^^^^^^^^^inxxnicatioti à S. Exe. Artin Pacha Yacoub.
^*^ 3«etx d<^^* ^* ^ -g.. "Wallon , Notice sur la vie et sur les trac aux ^
^^o "Lettre citée pa»^^ écrivant surtout de mémoire, trente ans après
•73, ^^^ ^' ^^^poMill^ V ordre des faits et donné de ce qui se passa
^' é^éo^ï^®^^**. ^ ^^^ (Meta Leben und mein Wandern, p. 202-213);
^^ ^^ xxxM^ 1^^ ^^rècît ati moyen des éléments fournis par la correspon-
^, . corrige ®^^. ^ ^^t en conservant ce qu'il dit des personnes qui
Mariette était donc arrivé à ses fins : il était maître de sa destinée, ou il croyait Têtre, et il allait pouvoir consacrer sa vie entière à la conservation, à la recherche, à la publication des monuments. Sa situation n'était pas très nettement définie, au point de vue administratif. Comme son service était à créer encore, on ne Tavait rattaché à aucun ministère, mais il dépendait directement du vice-roi. De budget, il n'en avait point, mais on lui allouait un traitement personnel de 18.000 francs par an, on lui permettait de se choisir un certain nombre d'aides ou de collaborateurs, dont les traitements seraient payés de même, on lui assignait un bateau à vapeur pour ses voyages, on l'autorisait à user de la corvée pour ses fouilles, et, pour les besoins généraux de son service, on se réservait de lui allouer de temps en temps les sommes qui paraîtraient nécessaires. Son rôle consisterait à parcourir sans cesse la vallée, à déblayer les ruines des temples et à les consolider, à ramasser partout les stèles, les statues, les amulettes, tous les objets de transport facile et qui seraient de nature à provoquer la cupidité des indigènes ou la convoitise des touristes européens. La création d'un musée où tous ces objets seraient conservés était résolue en principe, mais, en attendant qu'on choisît un site au Caire même et qu'on élevât des bâtiments convenables, il fallait emmagasiner provisoirement le résultat des fouilles. Le vieux musée de Mohammed Ali n'existait plus virtuellement depuis qu'Abbas-Pacha en avait donné la meilleure partie à l'archiduc Maximilien\ et les quelques salles qu'il avait occupées à la Citadelle, dans
1. Voir plus haut, p. xlv, note 1, et p. lxxxi de cette Notice.