CXVIII MARIETTE
à M. A Ifred Maury sur les monuments des Hyksos trouvés à Tanis\ Ce n'était, à dire le vrai, que la suite et le développement de la campagne jde 1859-1860, mais la corvée avait permis à Mariette de déployer une vigueur sans précédent : trente-cinq chantiers fonctionnèrent successivement, et, de Syène à la Méditerranée, il n'y eut pas un site de quelque valeur qui ne fût au moins effleuré par la pioche de l'explorateur. Ses succès avaient si solidement établi sa position en Egypte, que le Louvre crut pouvoir sans inconvénient rompre les liens qui l'attachaient encore à la France. La hiérarchie rigide, qui préside à notre administration, et qui est parfois si nuisible aux intérêts scientifiques de notre pays, ne permettait pas qu'il restât plus longtemps en titre à la Conservation égyptienne. Sans doute, il ne touchait plus le traitement auquel il aurait eu droit s'il avait exercé sa fonction ; mais, bien qu'il ne nuisit à personne, au point de vue strictement financier, il empêchait l'avancement de son ami Devéria, et il entravait la marche régulière du service. M. de Rougé le constatait, dans une lettre qu'il adressait à M. de Nieuwerkerke, le 1®' décembre 1860, pour lui recommander Devéria. « J'apprends, disait-il, qu'il » serait question de prendre un parti au sujet de la position )) de M. Mariette. Si sa place de conservateur-adjoint de- » vient disponible, j'espère bien que vous penserez à M. De- » véria, dont le zèle et le savoir méritent une récompense. » Et il ajoutait quelques lignes plus bas : « L'absence con- » tinuelle de M. Mariette ne laisse pas que de devenir » gênante, parce que les exigences de ma position ne me » permettent pas assez souvent la présence au Louvre V » Comme jadis le principal du Collège de Boulogne, lorsque Mariette avait quitté sa classe de septième pour venir à Paris*, le surintendant des Beaux- Arts mit Mariette en de-
1. Reçue archéologique, nouvelle série, 1861, t. III, p. 337-340.
2. Lettre citée par G. Devéria, Thèodule Decéria, p. xvni-xix.