‹ Œuvres diversesChapitre 65 sur 154 · CLXIV MARIETTE · texte numérisé non relu

CLXIV MARIETTE

n'était rien resté du Musée fondé jadis par Mohammed Ali\

De retour au Caire, les ennuis se multiplièrent autour de lui. Et d'abord, son service s'était désorganisé durant son absence : on devait onze mois de solde aux employés du Musée, et on avait renvoyé les menuisiers et les marbriers, faute d'argent*. Déjà, vers la fin de 1865, le vice-roi lui avait supprimé les dernières corvées d'ouvriers qu'on lui conservait dans la Basse-Egypte, et il avait dû interrompre les fouilles de San en pleine activité'. Il avait pensé que la suspension serait momentanée et que, l'Exposition terminée, les hommes lui seraient rendus, mais il n'en fut rien ; à partir des dernières semaines de 1867, il n'eut plus à sa disposition que les quelques centaines d'ouvriers qu'il pouvait payer sur son maigre budget. Son bateau même lui avait été enlevé, et il ne l'avait recouvré qu'en menaçant de donner sa démission. Il se décida à partir aussitôt, afin de remettre en train quelques chantiers, celui de Sakkarah, où il n'eut plus que cinquante hommes, surtout celui d'Abydos, qu'il n'avait pas vu depuis quinze mois et qu'il avait hâte d'inspecter. « Vaguement, je sens là un bon travail à faire, écrivait-il » à Desjardins. Il y a d'abord des tombeaux de rois à )) trouver dans ce berceau de la monarchie égyptienne. Il » y a ensuite le tombeau d'Osiris, le pendant du Sérapéum » et bien plus célèbre encore que le tombeau d'Apis*. » Ses plans furent bouleversés au dernier moment par le viceroi, « qui a tenu absolument à faire des fouilles lui-même à » Thèbes. Ce qui arrivera est facile à prévoir. Si on trouve

1. J'ai raconté cet épisode à pea près dans les termes mêmes où Mariette me le raconta à Pont-de-Briques, en 1877.

2. Lettre du 4 janvier 1868, citée par E. Mariette, Lettres et Souvenirs personnels, p. 152.

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