BERGERIE ROYALE DE MONTCAVREL
Monchy pour 302,000 livres payables en assignats, avec les 375 mesures de terre qui y appartenaient.
Les temps étaient changés, et les mœurs avec les temps. Une ferme remplaça le château, et en 1805, M. Bourdrel fils, devenu maître de la forteresse, fit abattre la chapelle encore toute brillante d'ornements, et la maison avec ses galeries, ses chambres, ses couloirs, ses vieilles tapisseries brodées à lombre de l'ogive des fenêtres par deux générations de châtelaines... Les remparts seuls restèrent debout, et n'enfermèrent plus que quelques bergeries. Jusqu'en 1841 rien ne fut changé.
Mais à cette époque le Gouvernement forma le projet d'établir une bergerie royale dans le nord de la France, et il jeta les yeux sur notre ancien château. Aujourd'hui près de cinq cents moutons des meilleures races y sont élevés avec tous les soins qu'exige l'amélioration de la race ovine, et tout fait espérer que dans un avenir assez prochain les cultivateurs pourront s'y approvisionner, et ainsi améliorer de beaucoup leurs produits.
Nestor Lhôte, enlevé trop tôt à sa famille et à ses amis, ont écrit tant et de si judicieuses choses sur le sujet qui nous occupe, que venir après eux et vouloir faire comme eux, mais de loin, dans les ténèbres et en tâtonnant, serait peine et temps perdus. C'est assez dire qu'on renvoie à leurs écrits les lecteurs qui désireraient autre chose qu'un catalogue de la galerie égyptienne de notre musée.
Cette galerie égyptienne, à peine fondée du reste, est aussi précieuse sous certains rapports qu'à première vue elle parait peu importante. On la mesure en dix pas^ on l'a vue tout entière en deux coups d'œil. S'il n'y avait pas une belle momie avec de riches et brillants sarcophages, les deux tiers de notre public n'en soupçonneraient pas même l'existence. On va voir que son importance est, heureusement, en raison inverse de ses proportions.
J'ai classé ainsi les antiquités qu'elle renferme :