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O. BS^A^SPERO
^^' <i*«tiutes k l*âeole pratique des Hantas Études Profeaaei&r an Gollè^e de France
TONÏE I>ïfcEMIER
gft PARIS
^ :^ ^ ^^ j^ E R-OUX, ÉDITEUR
Il «11-
ANDOvfi^-HaRVARD
THEOLOcjICAL Libhary NOV 2 1911
NOTICE BIOORAPHIQUE
yiCOMTE «MANUEL DE ROUGÉ
far Oaatoxx BCA.SPERO
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naon-^^'^^iarles-Camille-Emmanuel, vicomte de Rougé.
, n^^ à Paris^ jg jj ^^j.jj 1811 . Sa famille, « originaire de
« c^h^^^ et l'une des plus marquantes parmi l'ancienne
» bon '"■' <^« «««e provinoe , tire son nom d'un gros
» cà>' «l'eMieu d'une belle chAtellenie située dans le dio-
» Z ^« Nantes, et qui est aojourdhui un chef-heu de
. S*^'^ du département ae la Loire-Inféneure. Cette châ-
»i S' par son étendue et son nombreux vasse âge don-
u ^^t aiiv „• j ««^^^ rang de bannerets. L'exis-
. *«^<^ dLT'l' ^^"^^té est honorablement constatée
. ?Wn^ ^u^" ^"""^f ^^s par les actes nombreux de
> m,fn fi ^' ^"^^ ^°*?«s ét^lissements publics et re-
^eu?"'^^'' ^^''^''^^\?tef ois, établir de filiation suivie
^ %^ àlV;„ i°' P^'î*'^!? ^ougé, décédé en 1045' «. Ce
\ÎM T« •"•", Tugdual ^^J^^jr l'histoire de cette illustre W pas ,c, le lieu de retrap^ ^tant ^^ ^^^ ^^
i»»^»'' = elle joua un rôle xr»P f
P -«^o/'*^'** *' gànèalogique de la Mai-
I. ««1 d'H, j^ . jsjotic0 ^*~, --^ ^ ta Nofcteisc de i««0), p. 5-6.
II KOTICE BIOCRAPRIQUB
France au temps des guerres anglaises, et ses branches diverses s'unirent par leurs alliances à quelques-unes des familles les plus hautes de la noblesse française. Elles sont aujourd'hui au nombre de deux qui se subdivisent en plusieurs rameaux : c'est à l'un des rameaux de la seconde branche, celle des comtes de Rougé et du Plessis-Bellière, que le célèbre égyptologue appartenait.
Élevé chez les Jésuites, au Collège de Saint-Acheul, il y apprit assez mal le grec, ainsi qu'il était d'usage à l'époque, mais fort bien le latin classique : il en conserva le maniement jusqu'aux derniers jours de sa vie, et, longtemps après que les égyptologues en eurent perdu l'habitude, il persista à traduire en cette langue les textes égyptiens dont il entreprenait l'étude approfondie. Au sortir des humanités, il n'embrassa pas la carrière militaire, ce qui eût été conforme aux traditions séculaires de sa famille, mais il prit ses premières inscriptions de droit à la Faculté de Paris dans l'automne de 1829, avec l'intention de se présenter au Conseil d'État. La révolution de Juillet 1830 changea le cours de sa vie ; son père, qui commandait le 17* régiment de ligne en garnison à Lyon, se démit de son emploi plutôt que de servir la dynastie d'Orléans, et ses espérances furent ruinées du coup. Il continua à travailler, sans autre ambition présente que de conquérir honorablement ses grades, et, entre temps, il fréquenta avec assiduité les salles de la Sorbonne et du Collège de France. L'hébreu d'abord, puis l'arabe, fixèrent son attention. Il assista à quelques leçons de Silvestre de Saci, et il se plaisait plus tard à proclamer, dans ses propres cours, l'admiration et le respect dont la parole du maître l'avait laissé pénétré : de fait, il lui devait un peu de cette méthode si sûre qui caractérisait sa propre manière et qui la rendait si eflBcace. Il effleura en curieux les textes syriaques et peut-être la grammaire éthiopienne, mais il ne semble pas que le copte et les hiéroglyphes aient attiré dès lors son attention. Certes, la découverte de Cham-
Du VlÛOMtÊ EMMANUEL DE ROUGÉ Itl
pollion avait soulevé assez de curiosité et les résultats en étaient assez évidents pour qu'un étudiant d'esprit industrieux, comme il l'était, trouvât matière à s'y intéresser ; mais ChampoUion mourut le 4 mars 1831, après avoir professé quelques mois à peine au Collège de France, et sa chaire demeura vacante six années durant, après lesquelles elle fut confiée, en 1837, à Thelléniste Letronne\ Le jeune de Rougé avait déjà passé brillamment ses examens et il était revenu dans sa province lorsque celui-ci inaugura son enseignement sur l'Egypte ptolémalque et romaine. Il s'était enfermé dans son domaine héréditaire de Bois- Dauphin, et il y menait la vie du gentilhomme campagnard, montant à cheval, tirant les armes, chassant surtout, avec une passion qui ne nuisait pas pourtant à son amour des langues orientales. Il avait des accès de travail pendant lesquels il s'enfermait pour traduire de l'hébreu ou de l'arabe, à l'étonnement parfois ironique de ses parents et de ses voisins, et le mariage même, — il avait épousé, en 1838, une demoiselle de Granay, — n'interrompit point ses recherches. Il était le premier à sourire de ce que l'on considérait en lui comme une singularité de son caractère ; mais, après s'en être bien amusé, il rentrait dans sa bibliothèque et il se remettait à la tâche*.
S'il passait les plus beaux mois de Tannée aux champs, il venait souvent â Paris pendant l'hiver, et les plaisirs du monde ne l'empêchaient pas de poursuivre ses études favorites soit au Collège de France, soit surtout à la Bibliothèque
1. M&spero, La Chaire (TÉgypiologie au Collège de France, p. 12-17.
2. C'est de loi-même qae je tiens ce détail. Comme, en mars 1866, je lai racontais la surprise qae la nature de mes études inspirait à mes camarades d*École Normale et je lui rapportais quelques-unes des railleries, d'ailleurs bienveillantes, dont ils m'accablaient & propos de mon amour des hiéroglyphes, il me dit que lui-môme il en avait essuyé tout autant de ses amis pendant sa jeunesse, alors qu'il étudiait l'hébreu et l'arabe.
»V NOTICE BIOGRAPHIQUE
Royale. Une tradition courante dans la famille veut qu'au ^M-iutomps de 1836, — un jour qu'il attendait dans la Salle lU» ItvtUTO le livre qu'il avait demandé, — son regard tomba sur un volume assez gros, oublié à côté de lui par un autre habitué. C'était la Grammaire hiéroglyphique de Cham- (M>IHon, dont la première livraison venait de paraître le 23 dé— vvuïbro 1835, quatre ans après la mort de l'auteur. H l'ouvrit distnûtoment, il en parcourut quelques pages, et il fut olwrmé de la clarté qui y régnait'. Il reprit la lecture à une autre séance, par curiosité d'abord, puis par goût et s'en- ,,ui\nint des ouvrages qui avaient paru sur la matière deouis la mort du maître, il eut bientôt fait de s'en assimileipleinement la substance. Champollion disparu ses élèves français et italiens fléchirent un moment sous le poids d« son iiéritage : Charles Lenormant, Nestor Lhôte Rosellini Ungarelli n'ajoutèrent rien d'essentiel à ce qu'i'l avait dé^ couvert, et Salvohni ne dut qu'au plagiat son renom d'origi-
1. Lettre du vicomte Jacques de Rougé, en date du 15 Juin 1007 î tradition de famille concorde avec le témoignage d'Alfred Maurv a«f dans son exposition Des Travaux modernes sur l'Éa.mt^ J^ • ' (dans la Ret>ue des Deux Mondes, 1855, p. 1055) fixe à dix ?""!^'** l'apprentissage de M. de Rougé. Plus tard, le chevaHer de P*L° ^^ répétait volontiers qu'il avait été le premier maître de Ron«s „„ i^ ^^ tologie. et Th. Devéria se fit l'écho de ses prétentions auprte^fr^l**" (Lettre du 6 décembre 1862, citée dans Virey, François Jj^enhcZl^'^ p. xLvn, note 2). Il suffit d'avoir pa«>ouru quelquL-uns dt eut *^' de Paravey pour constater combien peu il était préparé à donner ^^ porte quel ordre d'instruction à un homme tel que Rougé mais IpI*™" qu'il répandait ainsi est bien dans la donnée de son caractère D^ '• ' liait connaissance avec un savant, il lui exposait son système de **" • * gines chinoises des civilisations antiques et notamment de l'éeFnti' **"' pour peu qu'on l'écoutât poliment, il croyait avoir gagné un no°°* i adepte à ses idées et il se disait son maître. M. de Rougé le subit l^aussi, mais, plus patient que beaucoup d'autres, il le ménagea un ' à cause de son &ge, et surtout parce que le pauvre homme était trè T'^ avec l'un des membres de sa famille (Lettre du vicomte I h« o en date du 21 août 1907). ' "°°«*