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Nubie jusqu'aux plages libyennes. Le savant M. Barucchi émet une conjecture bien plus vraisemblable : d'après lui, les deux dynasties d'Héracléopolis auraient eu la suprématie pendant une grande partie de cette période, et c'est pour cela que Manéthon accorde une si mince part chronologique aux rois memphites et thébains. M. de Bunsen veut faire ici concorder les 9 rois d'Ératosthène avec la série généalogique qui parait unir le roi Apapus-Mœris avec la XIP dynastie sur la partie gauche de la Chambre de Karnak ^ . Le cartouche n** 11 ne contient plus que de faibles traces, et M. de BuDsen pensait qu'il avait dû porter le nom de Mantouotpy le Menthésouphis de Manéthon. Une récente découverte de M. Prisse a fait voir qu'il n'en était pas ainsi, et que ces restes mutilés s'accordaient parfaitement avec le nom d'un roi Téti ou Atet que ce zélé voyageur a trouvé, sur un monument funéraire à Zaouyet-el-Meyteyn, alternant trois fois avec celui du roi Apapus :
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Cette disposition ferait croire que le roi Téti a partagé le pouvoir d' Apapus; en tout cas il porte sur la table de Karnak les titres d'un souverain. Il précède, sans doute à titre d'ancêtre, la série des princes Men ... et EnanteJ) qui n'arrivent au pouvoir royal qu'après au moins six générations. Ces princes ont des qualifications que l'on retrouve ailleurs et qu'il est curieux d'examiner.
Le premier Enantef (n** 12), moins élevé en dignité, n'avait point son nom enfermé dans un cartouche. Il porte le titre de Erpa, jeunes titre militaire (la partie détruite contenait peut-être — =^ ha, chef; Erpa ha, le jeune chef, correspond à général d'armée). Le second (n** 13) s 'appelait probablement
1. Voir, sur notre planche dans le numéro de juin, tome XIII [, cf. p- 8-9 du présent volume], les cartouches depuis le n* 10 jusqu'au n* 24.
Maniouotp, nom commun dans cette famille. Quoique son nom soit renfermé dans un cartouche, il n'était certainement pas souverain, car ce qui reste de ses titres : YHorus chef.,, Hor ape..,, ne commence aucun des nombreux protocoles royaux usités chez les Pharaons ; les trois suivants avaient des titres identiques ou analogues. Ces exemples et quelques autres prouvent bien que le cartouche ne suffit pas, à lui seul, pour indiquer le rang suprême. Le dernier Enantet (n° 17), au contraire, a les titres de dieu bienfaisant, seigneur des deux mondes, et sa momie, trouvée à Thèbes dans son tombeau, portait encore un bandeau royal qui orne maintenant le Musée de Leyde.
Cette table. généalogique s'accorde à merveille avec Manéthon ; en effet, des princes thébains succédant immédiatement à la VI* dynastie ne pouvaient pas porter le titre de rois puisque le trône était alors occupé par les VIP et VIII* dynasties memphites. Retournons maintenant à Ératosthène et aux rois de la table de Karnak qui suivent Enantef :
ÉRATOSTHÈNB