‹ Œuvres diversesChapitre 141 sur 218 · TiriUoSy Sétirillos ou Sètinilos · texte numérisé non relu

TiriUoSy Sétirillos ou Sètinilos

2. Sèti est le nom célèbre Sètkos; Rillos est représenté exactement par le dixième cartouche de la ligne supérieure de la table d'Abydos,

Néfroukéra Rérel

90 EXAMEN DE l'OUVRAGE

signe symbolique \^ , le bras portant \q fouet royal, khou, et M le scarabée, emblème du monde, ter\ Ce nom signifierait donc le souverain du monde, et Ératosthène le traduit tyrannus. Nous ne savons pas d'où provient le mot tauros qui suit le nom du roi ; mais, à coup sûr, il ne suffit pas pour supprimer Chouter et y substituer Nebtoura, prénom du roi Menemotp (n® 20). Chouter pourrait fort bien être la véritable prononciation égyptienne du nom d'Achthoès, chef de la IX* dynastie, le plus méchant des rois d'Egypte suivant Manéthon, mais M. de Bunsen ne peut pas supposer qu'un roi d'HéracléopoIis ait été admis dans Ératosthène.

Les deux noms suivants, qui sont bien égyptiens et dont la traduction garantit l'exactitude, n'ont rien de commun avec les noms thébains qu'on leur compare.

Nous retrouverions au moins à Karnak le roi Pété-Athyrès, s'il représentait la XI* dynastie thébaine ; son nom, qui n'a subi aucune altération et répond au nom propre égyptien Pété-Halhor, serait très facile à reconnaître, et, s'il était le principal personnage de la P* dynastie thébaine, le seul qui en tint la place dans le canon chronologique, comment serait-il omis dans la Chambre des rois? Il est donc impossible d'identifier la généalogie sculptée à Karnak avec ces 9 rois d' Ératosthène, qui, selon toute apparence, ont été pris dans les VIP, VHP, IX*, X* et XI* dynasties, dont nous ne possédons plus le détail dans Manéthon.

Les travaux publiés jusqu'ici ne paraissent pas fournir les moyens de classser encore avec certitude tous les rois que les monuments placent entre la VHP et la XIP dynastie ;

1. Le scarabée, emblème du monde, était prononcé par ChampoUion, /o, le monde, en copte; il commence en effet le nom deDomitien, Mais M. Lepsius a observé que, dans les textes d'une ancienne époque, c*est réellement un hiéroglyphe mixte qui est employé indifféremment avec ou sans le complètement phonétique ^^:> r. Il répond donc au copte ter^ THp, tout et monde, dans le sens à*unicers, tandis que to, to, signifie partie^ pays.

mais, si nous osions énoncer nos conjectures, après celles

d'un savant aussi émînent que M. de Bunsen, nous dirions

qu'on peut distinguer un certain nombre de groupes qui

répondent assez naturellement aux cinq dynasties de cette

époque. Eln adoptant la conjecture de M. Barucchi, Manéthon

n'aurait accordé aux VIP et XI® dynasties qu'une durée

chronologique insignifiante, parce qu'elles furent réduites

à un état subalterne pendant le reste de leur existence;

la descendance du roi Téti, successeur ou même associé au

pouvoir d'Apap-Mairê*, jouissait pendant ce temps, dans

la Haute Élgypte, d'un rang élevé*, mais cette famille

n'arrive à l'empire, sous le roi Enantef le grand, qu'après

sept générations au moins, et sans doute après un laps de

temps beaucoup plus considérable, si nous consultons les

allures de la table de Karnak'.

Si nous retournons maintenant à la table d'Abydos que

nous avons laissée après le roi Menkérès, nous y voyons la

V* dynastie représentée par le roi Néfroukéra, qui est sans

doute le même que le successeur de Snéfrou. Les noms qui

suivent ne ressemblant ni à la V« ni à la VP dynastie de

Manéthon, nous sommes obligés de descendre jusqu'à nos

deux dynasties memphites pour leur trouver une place ; le

prénom royal dominant dans cette famille est Néfroukéra.

Cette observation nous porte à penser que la table d'Abydos

1. Meyirès, Mai iri^ aimant la prunelle de l'œil, 91X0; x6pT)c, et TomaïphtaJi au lieu de Chomaéphia, le monde aimant Phtah, Kdatioc 91XV faioToc. Ce sont deux excellentes corrections de M. de Bunsen.

2. Le Musée du Louvre possède une stèle magnifique et quelques autres monuments provenant d'Abydos, qui ont été dédiés à des personnages qui prennent les titres les plus pompeux et qui s'appelaient Enentef. Tout nous porte à croire qu'ils appartiennent à quelqu'un de ces princes. Le style des hiéroglyphes se rapproche par sa beauté de celui de la XIP dynastie ; les noms de famille sont ceux d'Apap et de ses descendants, Téti, Enentef, Sésortésen, etc.

3. Nous verrons particulièrement dans la XIIP dynastie combien de générations étaient sautées sur ce monument»

EXAMEN DE L'oUVRAGE

continuait ici la ligne memphite. Les deux noms royaux qui suivent la reine Nitocris dans le Papyrus de Turin contiennent également le mot nêfrou, et rien n'est plus remarquable que l'enchaînement des noms propres dans les familles égyptiennes.

^^'^ A^^"f ''^**"^^'^ (Karnak, n» 19') est peut-être le même que Snéfrouké (Abydos, n° 9). Le sommet du cartouche étant détruit, on ne peut plus constater s'il a contenu le disque du soleil ; H établirait alors une division naturelle dans cette famille, <»r sa place dans la quatrième ligne de la table de

îrli'^SrTe\?**®^^"® «dynastie qu'il appartienne, le rapproche . tÎt /°***^^- Peut-être en était-il contemporain, et c est J^ JJJ^Jnpn lui-même qui nous suggère cette idée. Ce groupe tnebain qui, suivant lui, comptait 16 rois, n'aurait duré que 43 ans. Mais la famille thébaine qui précède la XII» dynastie nous a laissé des monuments suffisants pour prouver une existence plus sérieuse. Nous nous accordons avec M. de Bunsen pour trouver, dans la quatrième ligne de la Chambre des rois, les prédécesseurs immédiats des Aménemhès ; nous verrons, en effet, qu'aussitôt après le dernier roi de leur dynastie, la succession passe immédiatement aux rois qui remplissent le côté opposé du monument. C'est un vice propre à la méthode qu'a suivie M. de Bunsen d'être obligé de s en référer ainsi constamment à des points qu'on prouvera plus tard. Le premier groupe thébain ne sera donc admis comme correspondant à la XI» dynastie (la I" thébaine) que si 1 on parvient à se convaincre que la dynastie suivante est bien la XH" de Manéthon, point qui a rencontré jusqu'ici une extrême opposition d.e la part de quelques savants. ^ Supposant donc ce point résolu pour nous conformer à l'ordre suivi par notre auteur, cherchons s'il est possible de renfermer le premier groupe thébain en entier dans une

1. Voir cette liste de Karna-k dans notre tome XIII, p. 438 [; cf. p. 8-9 du présent volumej.

limite de 43 ans. L'un d'eux, Ranebtou (Karnak, n« 20), fut un personnage assez célèbre pour être le seul à qui Ton ait accordé l'honneur de figurer, à la procession du Ramesséum, entre le roi Mènes et le fondateur de la XVIII® dynastie. Le nom propre de ce roi était Menemotp suivant le dessin que Burton a publié le premier d'un tombeau de Gournah, <iui contient une suite d'ancêtres des rois Ahmos et Aménophis I«'. M. Prisse, qui a vérifié sur les lieux avec des précautions extrêmes la lecture de Burton, nous a confirmé son exactitude sur ce point. C'est donc à tort que M. de Bunsen identifie ce roi avec Manlouotp ^= Sont téti, dont les musées possèdent quelques monuments. Ce second Manlouotp, à qui la simplicité de sa légende assure une haute antiquité, est également rapproché de ce groupe par tous les noms de sa famille que l'on peut voir au Louvre sur la belle stèle Cousinieri. Quant au roi Ranebtou Menemotp, Rosellini avait déjà pensé qu'il ne pouvait être un autre que le chef ou le personnage le plus marquant de la I" dynastie thébaine, d'après sa place au Ramesséum.

Le roi Ra-noubter (Karnak, n° 21), dont on n'a pas encore trouvé le nom propre, s'appelait sans doute AménemhèSj car c'est le seul nom usité dans cette famille qui commence (^^ par Amen; or, un scarabée du Louvre^ nous donne

la légende Ra noubter Amen ... Il n'est pas rare de rencontrer de semblables abréviations'. Ce roi fut un guerrier, si l'on en juge par un monument cité par Leemans dans sa Lettre à Salvolini (page 142). La série du tombeau de Gournah, publiée d'abord par Burton, et que l'on trouvera corrigée avec un grand soin dans les Monuments de M. Prisse, montre que le roi Amos,

1. Noas devons ce cartouche à M. Dubois, à la mémoire duquel nous saisissons cette occasion de rendre hommage.

2. On peut en voir un exemple dans la bague d'or nouvellement publiée par M. Prisse dans la Revue archéologique, mars 1846 ; elle porte les noms d*Aménophis /".

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DB M. LE CHEVALIBft DE BUNSEN 95

Manéthon que* par la nécessité d6 faire une part chronologique à chacune de ces familles.

En résumé, la table d'Âbydos nous parait avoir continué la ligne memphite avant d'arriver à la XII^ et, sans doute aussi, à la XI« dynastie; la Chambre des rois de Karnak, après les princes Enantef, nous semble composée de quelques rois pris parmi les différentes dynasties de la Haute Egypte. Ce qui reste évident, c'est qu'il est impossible de fondre cette portion des deux monuments de Karnak et d'Abydos, et bien moins encore les cinq dynasties de Manéthon, en une seule ligne représentée par les neuf rois d'Ératosthène. Tout nous indique au contraire ici, dans les extraits d'Africain, un travail, un choix chronologique, et qui provient, sans aucun doute, de Manéthon lui-même.

C'est ici que cet écrivain avait terminé son premier volume

par des calculs et une récapitulation dont il faut examiner

la valeur. Cette première partie contenait 192 rois et

2,300 ans ; c'est ainsi que s'exprime le Syncelle dans ses

divers extraits de Manéthon, et c'est exactement la même

somme que nous trouvons dans l'édition arménienne des

oeuvres d'Eusèbe. Mais ce total ne convient aucunement

aux nombres partiels donnés par l'évéque de Césarée, qui,

ûe se croyant pas sans doute sur le terrain sérieux de

l'histoire à une pareille antiquité, s'est permis de larges

coupures ; si donc, par une heureuse inconséquence, il nous

a conservé ce total, égal à celui d'Africain, nous pouvons

être certains d'avoir ici le véritable texte de Manéthon.

M. de Bunsen reconnaît bien qu'on ne peut attribuer ce

total au Syncelle : « C'est, dit-ir, quelque ancienne glose

» d'Africain, copiée étourdiment par Eusèbe. » Mais le

précieux papyrus va nous montrer encore que les listes

royales contenaient de semblables récapitulations. On lit

après le roi Ounas : « Rois. . . jusqu'à Mènes » ; et, sur un

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