‹ Œuvres diversesChapitre 150 sur 218 · Dans le Syncelle, p. 59, D · texte numérisé non relu

Dans le Syncelle, p. 59, D

gloire dans la légende de Sésostris^ mais la dédicace du temple de Semneb nous prouve sufiSsamment que la dernière phrase de Manéthon lui était bien consacrée : Is apud JEgyptios proanmos post Osirim honores tuliV. On ne voit pas que Ranisès ait été l'objet d'une semblable vénération, quoique le sceptre soit resté si longtemps dans sa famille. Les monuments de ses descendants sont encore trop nombreux pour que la chose eût échappé aux recherches des archéologues, d'où Ton peut conjecturer que Sésostris la dut autant à la sagesse de ses institutions qu'au succès de ses armes. On s'étonnerait, à bon droit, que M. de Bunsen ait négligé le culte rendu à Sésourtésen III, si l'on ne remarquait que les exigences de son système chronologique le forcent à voir Sésostris dans le roi précédent.

11 est donc certain que la liste de Manéthon, comparée avec la famille d'Aménemhès, présente des diJSérences moindres que dans aucune autre dynastie. Deux faits uniques, la construction du labyrinthe par Aménemhès III et la divinisation de son prédécesseur, nous ont fourni deux points de repère inespérés, et sur lesquels nous pouvons établir sans crainte notre assertion ; aussi adopterons-nous, sans hésiter, la correction proposée par M. Lepsius pour ce nom de Sésourtésen que Champollion avait lu Osortasen, mais en signalant lui-même par un f l'incertitude dans la- (luelle il était resté sur la valeur du premier caractère, le sceptre à tête de chacal. Ce savant l'avait pris pour un O, regardant alors le premier de ces rois comme Osorchon de la XXII« dynastie. Mais nous possédons maintenant les noms des quatre Osorchon, qui sont écrits d'une manière toute différente et par des signes dont la valeur n'est pas douteuse. La première articulation restait donc complètement inconnue, et maintenant que le nom. . . sortésen se trouve amené,

1. *Ûc ûicb Âlfuircffov |UT^ "Oo-ipiv TcpûTov vo(i(o6f|va(, daDs le Syncelle^ p. 59, D/

EXAMEN DE l'ouvrage

^ oreintes encore sur les ruines de tous les temples,

,.ïA\en^ '^^^où Josepb avertissait sa famille que les Égyptiens

■^Vèpo^**® les Pasteuf^- L'archéologie n'a pu retrouver en

(-xècraient temple encore debout et antérieur à. la

F.gypt® "^ f je. Quoiqu'il faille faire la part des outrages

XVlU" dyn quelques siècles de plus, nous n'en sommes

qu'ont pu 6 vaincus que ce niveau constant des ruines

pas moins co ^ggage du fléau et justifie l'assertion de

roarque oi^n ^^ destruction des temples. Cette remarque

jvlanéthoii BU fj-appante que nous comptons encore par

est d'autan P ^^g^ux, grottes ou pyramides, qui, depuis

(^ntaines gg du peuple égyptien, ont conservé jusqu'à

les premiers ^e^^^^ocevable fraîcheur. Ceci nous conduit à

nos jours .-nies avec moins de sévérité que les annales

apprécier ces peuP

des vaincus. étaient de race arabe, au moins ils ne

gj les Vasteur ^^gjnpiç, ^^ ^^^^ ^^^^ rapacité qui souffle donnèrent point ^^^^ le génie de la destruction. Les Pasteurs aux Arabes o tombeaux, car les auteurs arabes parlent

(le vio'èf*'' pas ijvés avec les momies royales par les tous de trésors ^.g ; ce sont des Arabes modernes qui

premiers explora ^^ ^^ Menkérès, lorsque la pyramide brisèrent le ce ^^jent de ces Vandales cessa de protéger rongée par P ^ ^^jambre sépulcrale. Les vieux tombeaux Vbôte vénéré de ^^ Béni-Hassan et d'Éléthyia n'offrent de Mempbis, ce ^^^^^ ^,^^^ dévastation calculée. En effet, pas noo P'"^ geuleinei** des temples, et nous n'en avons ManétUon P*^ ^^ débris, obélisques, colonnes isolées ou plus que q^® ^ , ^ gont là les vrais témoins de la préstatues «>^°^^^;.

sence "^^^^^^^^ jeur conquête une fois admise, il fallait ce- X^ réaUt ^.^j. ^yec la puissance reconnue des Sésourpendantla co^ ^^^^ g^ d'une manière fort spécieuse en tésen. C es^ ^. ^^^.^gg périodes dans la puissance des étrangers, distinguan ^^^.^^j^^ inconstestée des rois Pasteurs, se-

De M. Le chevalier de bùKsen 113

puissance. Le mot xpoxaioç, cependant, pouvait appartenir à la traduction du nom égyptien; en effet, nous avons vu la même racine traduite par Ératosthène d'une manière analogue dans le nom Rayosis-Ra-sésor, 'Ap^^i^pixop.

Le témoignage de Manéthon, sur la place chronologique de notre dynastie, serait suffisant s'il s'agissait d'une époque moins reculée ; mais, comme ce fragment historique si complet déjà, et qui le deviendra bien davantage, affiche, quant à son antiquité, des prétentions tout à fait insolites et en dehors des limites assignées jusqu'ici à nos connaissances historiques, comme d'ailleurs le deuxième volume de Manéthon a subi d'une manière plus marquée les outrages du temps, que le total ne répond plus aux nombres de détail, que l'époque des Pasteurs entre autres diffère extrêmement dans le récit de Josëphe et dans les divers extraits du Syncelle et A'Eusèbe, nous ne pouvons borner là notre recherche au milieu de ce bouleversement des textes historiques. Manéthon ne s'est-il pas trompé? La famille d'Aménemhès n'était-elle pas originairement la XVII® dynastie ? N'a-t-elle pas été déplacée par une erreur de l'historien, ou par un remaniement dû à ses abréviateurs ? Y a-t-il, enfin, quelque trace sur les monuments qui nous force à jeter 160 rois entre Ahmos et Sébek-nofréou ? Il nous faut la preuve que cela a dû être ainsi, et la parole de Manéthon, quelque garantie que les monuments lui aient apportée jusqu'à cette limite, ne nous suffirait pas pour faire remonter toute cette histoire à dix siècles avant Moïse.

Quels sont les rois qui précédaient Ahmës ? — Successeurs de la XII* dynastie. — Quelques monuments de la XIIP dynastie. — Famille des Sévekotp. — Vérité de l'invasion des Pasteurs ; ils ont détruit les monuments de la XII" dynastie, mais ils ont respecté les tombeaux. — XVII' dynastie. Ahmès chasse les Pasteurs ; étude de rinscription d*Ëléthyia. — Vérification de tout le second volume de Manéthon pour la partie historique. — Doutes pour la chronologie.

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exception par les rois d'Egypte, à augmenter la majesté du lieu consacré par de nouvelles salles, de vastes cours ou des propylées gigantesques. Si donc ils furent obligés de recommencer ah ovo^ c'est qu'ils n'avaient trouvé que des ruines. Les colonnes de Sésourtésen P*" sont les restes du plus ancien édifice dont Karnak ait conservé les traces. La statue colossale et l'autel de granit rose des deux Sévekotp, qui occupaient à peu près le vingt-cinquième rang dans la XIII® dynastie, montrent que Thèbes et Abydos furent embellies pendant 400 ans à partir du premier Sésourtésen. Les Pasteurs ne paraissent pas avoir démoli le merveilleux labyrinthe. Une grande partie était sans doute postérieure, ma.is la position si écartée du Fayoum fait comprendre comment le labyrinthe a dû moins souffrir des armées dévastatrices, lesquelles se dirigeaient vers Thèbes et suivaient le Nil, comme le font nécessairement, en Egypte, toutes les grandes expéditions. C'est sans doute aussi à la position spéciale d' Abydos que nous devons la conservation de nos belles stèles des XII* et XIII® dynasties, qui proviennent presque exclusivement de cette ville, pour laquelle les rois des premières dynasties thébaines semblent avoir eu une affection toute particulière.

Si ces rois avaient construit de grands et célèbres monuments à Tlièbes, dans le Fayoum et à Héliopolis, en revanclio, la XVII® dynastie, engagée dans la lutte sanglante contro les étrangers, n'a pu rien élever de considérable. En effet, <ie tous ces souverains que les tombeaux de Thèbes placent auprès d'Ahmos, nous ne possédons pas un souvenir contemporain ; leurs noms seuls furent écrits dans les tombeaux: du commencement de la XVI1I« dynastie, aussitôt que l^s habitants de Thèbes eurent assez de répit pour s'adonjaer aux arts.

Il f Sbut accorder un moment d'attention à cette XVIP dynastie^ ^<>i^t^ «n général, on a passé les rois sous silence par diflEéroiits motifs, l'école de ChampoUion, parce que, re-

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plusieurs endroits» pour nous montrer à quels noms Ton associait constamment les cartouches d'Ahmès et d'Aménophis !•' dans ces hommages de famille. C'est ainsi que, dans le grand tombeau publié par Burton ' , ces deux souverains sont accompagnés par six autres rois. Ceux dont les cartouches sont encore bien lisibles se nommaient : 1® Ranebtou-Menemotp, 2° Aahotp, 3° Raskenen-Tinaken(?). Un autre tombeau publié récemment par M. Prisse* montre encore auprès des Thoutmès et d'Atnénophis, Ranebtou et Raskenen.

^ On reconnaît le commencement du cartouche de ce même roi auprès de celui d'Ahmès dans un tombeau thébain visité par Champollion'. Nous avons trouvé la raison de cette préférence dans une inscription copiée avec soin par ChampoUion dans les Notices manuscrites d'Éléthyia, Un guerrier nommé Ahmès, fils à!Abna^ qui prit part à toutes les expéditions du règne d'Ahmos et d' Aménophis I®', y rappelle que son père occupait un emploi sous le roi Raskenen*. Nous avons donc ici, selon toute apparence, le prédécesseur d'Ahmos. On remarquera qu'au contraire les Sésourtésen et les Aménemhès ne figurent dans aucun tombeau de cette époque. On ne peut douter cependant, en voyant les tables de Karnak et d'Abydos, que les

1. On trouvera un dessin scrupuleusement vérifié dans les Monuments publiés par M. Prisse, qui a constaté sur les lieux que le nom propre Mcnemoip avait été fidèlement copié par Burton. Le nom du roi Tinakcn commence par une collection d objets d*olTrande, laquelle figure comme une variante de la syllabe il (ou ta) dans les variantes du nom de la princesse Batianliy fille de Ramsës le grand.

2. Tombeau découvert en septembre 1843, par sir G. Lloyd de Brynestyn.

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