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d'Ahrxmès s'affermissait sensiblement, car il put ensuite faire la guerre aux Libyens. L'inscription dit que le souverain parco v^rut le nord et le midi, et réprima les révoltes. C'est saas cioute alors seulement qu'il put faire exploiter les carrîèr'es de Memphis pour commencer la restauration des

Sésourtésen P'. Mais, comme ce roi Tjer en ra n'a pas de place possible dans la XII® dynastie, et qu'il n'est pas plus permis de rintercaler dans la XVIIP, il faut nécessairement qu'il ait vécu à une époque intermédiaire.

Comment donc était rempli cet intervalle ? Si nous écoutons Manéthon, il se divise en deux parties bien distinctes, d'abord deux longues dynasties égyptiennes, et puis rinvasion, la puissance et enfin l'expulsion des Pasteurs. C'est ici que vient se placer le plus précieux renseignement que nous ait conservé le Papyrus royal de Turin. Nous avons vu qu'un grand fragment bien lisible contenait les noms des deux rois Ra matou et Séoeknofréou, ainsi que le total de la dynastie; mais il ne s'en tient pas là\ et tout aussitôt commence une autre dynastie où les neuf premiers noms sont encore lisibles, de sorte qu'on peut se convaincre, au premier coup d'œil, qu'il n'y est nullement question d'Ahmès, ni de ses successeurs. Si l'on veut bien se rappeler les principaux caractères du papyrus, son début par le règne des dieux et de Menés, et les récapitulations que nous avons signalées, on ne doutera pas que ce morceau de papyrus n'ait la valeur d'un monument et n'indique avec précision les premiers rois de la XIII® dynastie. Or, le r n o n

sixième de ces cartouches, Ra sonkh hêt , V ' ' J

(soleil qui donne la vie au cœur), se retrouve sur le côté droit de la chambre de Karnak*, ce qui fixe la place his-

1. L'importance de qa fragment nous faisant un devoir de constater son intégrité, nous avons écrit à M. Barucchi, le savant directeur du Musée de Turin, qui a bien voulu, à notre demande, se livrer à une vérification minutieuse d'où il est résulté qu'aucun doute n*est possible sur la place réelle de quatre fragments plus petits qui composent en> semble cette partie des annales royales. J'ose à peine ajouter que le témoignage de M. Barrucchi est d'autant plus désintéi'essé qu'il n'a pas employé ces cartouches dans son travail chronologique, où il déclare ne pas connaître les rois de la XIII* dynastie.

2. Les Annales ont publié le fac-similé du côté gauche de cette salle dans le tome XIII, p. 438 [; cf. 8-9 du présent volume].

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é les archéologues. Cette

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-^ iiiT-^ zi^ c-j=it*^*:i. rr:«:-<ieîit alternativement aux I ^.> : ' • --> ^ - L ■'••*< -V: ré oîo. De ces huit rois, -:i ^ Tir •• ir^r- •> iiZ5 > PiçTr:2ç d? Turin sur divers grands r^-^m-^:"? . :i i -zi r;k? rc en o>rienir moins de vingt -.: r— .: ~- * x^ -^ riT^ •;< ris il on avait choisis pour le n : ..n-'!'" i^ ivK-^iJîL Ce ^roie de rcis, que le papyrus ^ ,. - :. :-i : .n.* zinz^^^ !>rriii=p*. -zfre en même temps un • *-::'- :-i : - :zr >^ *- T-? z»rr5i5tizoe des noms propres â.. /> — n- n--^ ..j...-r-i , .•* :i,: is Av -csdéià fait remarquer. ^ '" • -- - - • - — '— ^ rar le roi (ou la reine)

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Manôthon avait bien suivi les annales de son pays, mais que toute cette portion était fabuleuse, et que Thoutmès in avait lui-même tracé sa généalogie dans des souvenirs mythiques, de la réalité desquels on ne trouvait plus aucune trace. Mais, à mesure que les inscriptions éparses sont recueillies et étudiées, on acquiert chaque jour quelque preuve nouvelle qu'il n'en est pas ainsi. M. Prisse a publié plusieurs monuments de ces rois dans sa notice sur la Chambre de Karnak, et nous en avons nous-mêmes groupé quelques autres dont l'ensemble suffit pour trancher cette question et montrer que Thoutmès offrait ici ses hommages à des ancêtres tout aussi réels que ceux dont nous avons jusqu'à présent retrouvé les souvenirs.

Les monuments les plus considérables de cette époque sont certainement les statues colossales qui gisent en Ethiopie, dans l'Ile d'Argo, et montrent jusqu'où s'étendait le pouvoir que nos Sévek otp avaient hérité de la XII® dynastie. Le Musée du Louvre est assez riche en monuments de ces rois; nous plaçons en première ligne une grande stèle d'adoration dédiée au dieu générateur par les princesses de la famille du roi Sévek otp IL II existe de plus, à Éléthyia, un tombeau décoré sous son règne, et dont Champollion a dit quelques mots dans ses Notices (p, 273).

Nofré otp, qui le suit à Karnak, régna 11 ans, suivant le Papyrus; un vase provenant d'Abydos ainsi qu'un beau scarabée cité par M. Prisse ont sauvé son nom de l'oubli. Le septième prénom de la première ligne était celui d'un troisième Sévek otp. Le Musée du Louvre possède une petite statue accroupie, en granit noir, avec les deux noms de ce roi, et la cour du Sphinx est ornée de sa statue colossale en granit rose, qui fut rapportée par M. Drovetti.

Ce prénom Ra scha onkh appartient à un quatrième Sévek otp, dont M. Prisse a trouvé la légende complète sur les ruines d'Abydos. La même ville a fourni au

132 EXAMEN DE l'oUVRAGE

mnéinonique sans importance ; sans faire remarquer l'extrême invraisemblance de cette idée, et combien elle cadre mal aveo tous les caractères chronologiques présentés par ce papyrus, examinons les preuves qu'on prétend nous en donner,

La, première stèle citée appartient au Musée du Louvre, et siir le sens de celle-ci nous sommes complètement de l'avis de M. de Bunsen. On doit en conclure naturellement que Sésourtésen P' régna du vivant d'Aménemhès P'.

Eln effet elle commence ainsi • « f -^ '.' J'ao (? pJus 4), le

yy qu.atrième mois de l'inondation, sous le gouvernement du ^j vivant Horus (ici les noms et titres d'Aménemhès /•'), )) vî'^^^* aujourd'hui comme toujours et de THorus (ici les txotns et titres de Sésourtésen /«'), vivant comme toujours ; t^^r serviteur qui les aime, leur poète qui chante leurs l^^anges, aujourd'hui comme chaque jour, etc. . . » "Vl. de Bunsen prétend qu'il faut voir ici Tannée 8® du double règne des deux rois, mais la rupture de la pierre ne permet pas de décider si la date portait réellement Tannée 8« Il 1 1 , ou bien la 16* f]}} , ou la 24« [\ [\ . Nous remarquerons seulem^iit qu'il n'y a ici aucune preuve que le papyrus ait commît une erreur chronologique en comptant 19 ans de règne à^ AménemhèsP^ La stèle ne porte qu'une seule date, elle se rapporte naturellement au premier roi. Sésourtésen, associé à cette époque à la couronne, n'était pas encore le seigneur des années, suivant l'expression égyptienne ; nous verrons ©^ effet tout à l'heure que d'autres monuments, qui semblent indiquer des règnes simultanés, portent deux dates différentes, et non une année commune aux deux monarques. Aménemhès a bien certainement régné seul avant Sésourtésen, nous en avons acquis la certitude par une stèle du Musée Britannique, publiée par M. Sharpe (pi. 83). Un fonctionnaire du roi Aménemhès II, le scribe Mantousi, y rappelle qu'il est né et a passé son enfance sous le roi Amé-

d'avec l'époque des Aménemhès. Ceux-ci ont eu d'autres successeurs et Ahmès lui-même d'autres prédécesseurs; enfin le papyrus et la Chambre des rois nous permettent d'inscrire h cet endroit, avec certitude, près de soixantedix cartouches royaux.

Cette donnée fondamentale une fois admise, il faut répondre à plusieurs questions qui s'y rattachent. Et d'abord, pourquoi cette immense lacune sur le monument d' Abydos ? Une moindre illustration peut en être la seule cause, mais une seconde raison est clairement indiquée, suivant nous, par l'omission de Sévek nofréou, dernier roi de la XII® dynastie, laquelle y est d'ailleurs rappelée au grand complet. Puisque Manéthon constate que la dynastie se termina par une femme, et que le trône fut ensuite occupé par une nouvelle famille, nous en devons conclure que Ramsès, qui appartenait à une race bien distincte des Thoutmès et des Aménophis, ne se rattachait point directement à la famille des Sêoek otp; Thoutmès III, au contraire, en vénère les principaux souverains, à titre d'ancêtres, dans la Chambre des rois.

En second lieu, comment les monuments ainsi classés se combinent-ils avec la donnée, encore si incomplètement éclaircie, de la grande invasion des Pasteurs? Remarquons d'abord que cette invasion semblait incompatible avec la grande puissance de Sésourtésen P' et de ses successeurs. On avait imaginé plusieurs hypothèses pour faire marcher d'accord ces faits si divergents, mais, pour mieux en apprécier l'invraisemblance, il faut se rappeler d'abord ce que fut, suivant l'histoire, cette humiliante servitude, et entre quelles limites Manéthon l'avait placée. L'historien Josèphe est celui qui en parle avec le plus grand détail dans son Uore contre Apion\ En voulant identifier son peuple avec les envahisseurs, il a reproduit le récit de Manéthon comme fon-

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