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134 EXAMEN DE l'OUVRAGE

voit h quel point il est arbitraire d'établir ainsi un double règne sur la seule présence de deux noms royaux en tête de la même inscription.

Le monument le plus important dans le système de M- de Bunsen est certainement la grande stèle du Musée de Leyde, qui porte en tête deux inscriptions affrontées.

Celle de droite contient les noms et les titres de Sésourtésen /•' et la date de sa 44® année, celle de gauche contient le nom d'enseigne d'Aménemhès II, et puis, après une fracture, la fin de son nom propre et la date de Tan 2*. Mais une circonstance importante, et que M. de Bunsen passe sous silence, c'est que cette partie gauche ne contenait pas seulement les titres d'Aménemhès II, la fracture laisse

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encore voir distinctement ^^ I ^v Cette fracture

empêche d'apprécier le vrai sens de la phrase ; le titre le justf'/ïé, qui est ordinairement donné aux morts, n'est pas sans doute applicable au roi Aménemhès, à la deuxième année de son règne. Il y avait donc là une indication qui ne se retrouvait pas dans l'autre protocole, ce qui nous laisse douter s'il fsLXJkt véritablement reconnaître, ici avec M. Lepsius, deux: dates semblables dans la forme, et exprimant un synchronisme de deux rois. M. Leemans, qui avait discuté cette stèle clans sa Lettre à Salvolini, avait cru y voir deux époques différentes; il s'est rangé maintenant à l'opinion de M-^ X.epsîus, comme il nous l'a mandé en nous envoyant avec Li ne extrême obligeance une copie de ce précieux monument.

Si ci 'autres inscriptions justifient cette idée et montrent que Sésourtésen !•' associa son successeur au pouvoir royal dans 1 a. 42® année de son règne, il resterait encore à prouver que les auteurs du papyrus n'avaient pas fait, au total delà dynastie, la correction de quatre ans que ce fait eût rendue nécess^re. Au reste, si cette forme de monument annonce un synchronisme, il faudra tenir compte d'une stèle que M. do Bunsen a passée sous silence, et qui porte la double

forme égyptienne Ahmès, parait sur tous les monuments comme le chef de la famille.

Les listes de Manéthon, dans les extraits d'Eusëbe et d'Africain, font également considérer Amos comme successeur des Pasteurs. Le récit de Josèphe est néanmoins trop circonstancié pour ne pas admettre qu'une part de cette gloire ne fût attribuée à l'un des Thoutmès. Aussi sembla-t-il extrêmement naturel, dès qu'on eut obtenu Tensemble de la XVin® dynastie, de penser qu'Ahmos avait renfermé les Pasteurs dans une portion du Delta, et que l'expulsion définitive revenait à l'un de ses successeurs.

On connut d'ailleurs, dès les premiers voyages des savants anglais, les inscriptions des carrières de Massara^ qui attestaient que, la vingt-deuxième année de son règne, le roi Âbmès avait fait extraire de ces carrières des matériaux pour commencer la restauration des temples de Memphis. Le terme de l'oppression paraissait ainsi solidement établi par l'accord des textes avec les inscriptions.

Mais la série des Sésourtésen et des Aménemhès, en tant

que précédant Ahmès, confondait toutes ces notions. Leur

puissance ne pouvait se concilier avec cette lutte acharnée ;

Tobélisque d'Héliopolis se dressait encore pour attester que

Sésourtésen P' commandait depuis Thèbes jusqu'au Delta,

et les inscriptions de ses stèles réunissaient sous son sceptre

l'Ethiopie et les peuples libyens. Dans cet embarras, les

uns ont nié franchement toute importance à la domination

des Pasteurs et rejeté toute cette partie de l'histoire. Je ne

parle de ce système peu raisonné que piu*ce qu'il a séduit

quelques savants uniquement préoccupés de raccourcir la

série des rois égyptiens. La réalité de ce récit de Manéthon

repose sur des fondements incontestables. Un peuple n'insère

pas dans ses annales une page aussi humiliante sans y

être forcé par le cri poignant de ses désastres. Les traces en

1. Publiées par Yoang, Hieroglyphics^ pi. 88, et, bien plus correctement depuis, dans l'ouvrage du colonel Vyae, t. III, Appendix, p. 99.

136 EXAMEN DE l'OUVRAGE

n'a porté aucun roi de cette dynastie, est seulemet^t de titres particuliers dont le sarcophage préset^f^ T:^ variantes et qu'on retrouve dans les inscriptions ^^ ^^^^ époque. Il n'y a donc qu'un seul nom royal sur ce sarcopi^^/ On connaît plusieurs monuments qui portent Jes^^' ^ Aménemhès-Marès et de son successeur Ra ma to^^ . ils ne sont point datés et M. de Bunsen ne cite ^ucun'texfe hiéroglyphique d'où l'on puisse conclure qu'ils indigueiît deux rois contemporains ; le roi Mares parait au cou ti^îp^ constamment seul dans les monuments assez nombreux ouf portent des dates de son règne jusqu'à la 43' année.

C'est cependant à l'aide de ces fondements que JVf. de Bunsen a dressé son tableau des 145 années de la XII« dynastie, d'après lequel, la première année commençant h Aménemhès !•',

Sésourtésen I*' monte sur le trône l'an 6* de la dynastie.

Aménemhè II — — Tan 47* ^

Sésourtésen II — — l'an 50* > ^^ ^ souverains auraient

Sésourtésen III - - l'an 70* ) ^^^^ ensemble.

A ne considérer que les textes eux-mêmes que prétend concilier cette concordance, elle est obtenue par d'étranges moyens. Dans la véritable liste d'Ératosthène, iJ n'y a qu'un Sistosis ou primitivement Sésortosis. Son auteur a supprimé le premier Sésourtésen et réuni les règne du II« et du IIP sur une seule tête. Mais, comme le nom d!AménemAés // ne pourrait donner à M. de Bunsen la concordance qu'il a cru voir dans la stèle de Leyde, il change ce nom en celui d'un Sésourtésen /•^ de sorte que nous trouvons dans son tableau de concordance une liste d'Ératostliène toute différente de la véritable \

1. La liste d'Épatosthène, parfaitement éclaîrcîe par M. de Bunsen tii-môme, portait, en ^^ endroit, Aménembès 1", Aménemhès II, isÉosis et Mares ; (Jaus ce canon de concordance, nous trouvons aa conaire, et toujours sous i® ^^^ ^® ^^^^ d'Êratosthène, Aménemhès !•%

DE Ni. L£ CHEVALIER DE BUNSEN lâ5

(rondement le soulèvement et la longue guerre des princes

Egyptiens, puis enfin le temps d'une victoire incomplète

où les Pasteurs chassés de TÉgypte se défendaient encore

dans Avaris. On rapporta l'avènement de Sésourtésen P' à

la troisième période, de sorte que les Pasteurs auraient

séjourné 200 ans dans leur place de refuge. On supposait

une erreur dans Josèphe, qui, d'après Manéthon, rapprochait

beaucoup ces deux derniers événements; et il fallait bien

faire cette supposition pour céder à l'autorité irrécusable

des inscriptions qui établissent le pouvoir de Sésourtésen P'

sur Héliopolis et la presqu'île de Sinaï. La XIP dynastie

était ainsi censée correspondre aux princes thébains de la

XVIIP, rivaux des Pasteurs. On repoussait même jusqu'à

la XVI* ses premiers souverains qui ne pouvaient tenir dans

ce cadre trop étroit. Maintenant que le Papyrus, confirmé

par les stèles de chaque roi, nous a donné le total de la

XII* dynastie, cette conciliation devient de plus en plus

impossible, puisque ces rois sont inséparables et que les

Pasteurs seraient restés enfermés dans leur place de refuge

plus de 300 ans (213 + 95 de la XVIIP dynastie jusqu'à

Thoutmosis).

Les ravages des Pasteurs se chargent eux-mêmes de lournir une nouvelle preuve de la place véritable des Sésourtésen. Sous ces rois si puissants, on avait construit autre chose que des tombeaux ; Thèbes en particulier leur devait des temples et les colonnes monolithes qui portent les cartouches de Sésourtésen P' et marquent encore la place sanctifiée par ces rois où s'élevèrent plus tard les immenses constructions de Kamak. Les colosses du même roi, trouvés à Thèbes par Drovetti, prouvent des édifices déjà fort avancés. Vénération pour le lieu consacré, vénération pour les auteurs du Temple, les Thoutmès avaient donc tous les motifs possibles de respecter ces monuments s'ils eussent encore existé.

Ils se fussent bornés, suivant la coutume observée sans

relever -aucun monuxrnent; l'étude „.. , , nu'Ahmos ne put rxen construij.i^^^'^ edeThèbesn,v,„„„

^umentale ne comr«ence q^e sou? Thi\^'^'^**^ ^™ '«o

TVioutaiès m qm peut être regardé 7^°"^«és J.r ,( °

des temples sur \a plus grande étendue w°" ^«^estauratei

l^es principaux événements du r^l^V^^Sm^n.

teiWès k E\ét\iyia dans la grande in^"f f.^^^és sontdé-

d'Abna, dont ChampoUion a dit qu!.î"^*'°° «^'Ahfflès fit

Lèpres écrites d'Egypte. Nous ne pou ^^^ "'*'** <^ans ses

ce que ce texte contient de précieux *«cuter ici tout

nous en citerons quelques passages oi.- ^°"^ ^'^«toire, mais

Vétat de l'i:gypte pendant les DrL'^''"*''^''*'^* ^uel fut

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