MONDES
2. Il s'est établi dans la science une confusion contre laquelle proteste avec raison M. de Bunsen, entre les deux grands Ramsès. Le nom de Mal amoiin appartient incontestablement au premier; son nom propre se lit Ramsès Mai anioun, et c'est Tordre constant des caractères dans^
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deux récits appartenant peut-être aux deux roîg Sétî. Le règne de Séthos le conquérant présente plusieurs circing. tances frappantes qui rendent impossible de lui attribuerja fuite en Ethiopie. 11 part, suivant Manéthon, pour sa grande expédition dès le commencement de son règne. U i^^^,^ donc un royaume tranquille et puissant, une année toute organisée. On voit en effet, à Silsilis, qu'à la première année de son règne, Séti I«' construisait des temples, et sur u
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salle nypostyle de Karnak, on lit des détails de la canipaene entreprise dès cette première année. I..es merveilleux trophées du palais de Kournah montrent que les annales n'exagéraient point la g^loire des premières années de Séthos • ce n'est point là l'état d'un roi qui vient à grand'pefne re^ conquérir son trône. Le second Séti au contraire, quoique filsdeMénéphthah, ne règne pas immédiatement après son père : il en est séparé par la reine Tasésor et son mari Siplithah, dont le règne fut regardé comme une usurpation. Les revers peuvent donc s'attribuer au second Séti et les conquêtes au premier; mais il devient plus difficile, dans cette confusion, d'apprécier à quelle époque Manéthon Plaçîiit l'expulsion des Juifs. Depuis que nous avons lu le nom du roi S^ti, le fils du grand Ramsès II est le seul qui conserve le nom propre de Meienphtliah qui correspond si bien àAméneplitlios. En prenant pour ces trois règnes les c''iffres détai I Ms dans le récit de Josèphe, nousavons un total de Ui ans ; «' °*^^s reste 65 ans pour les quatre derniers règnes, ce ti^^ *'*"*' ^"^^^ probable le total de l'Africain.
M. de B"*^^^"' l^^^ * yonlvL établir la chronologie à part de l'histoire, *5te toute importance à Séti I" et ne lui accorde que ^ ^'^^ .,/.„' ®"®ffet oublier tous les monuments pour croire ^ ^l^T ' ^®^®"»n» rapporte qu'il a lu à Silsilislag2« »^^^^f^ *'''''• " ^"^t d'étudier ses différents portraits po»*^ s assurer que son règne fut extrêmement
Il est aisé de comprendre avec quelle facilité les erreurs se sont glissées au milieu de ces cartouches où les titres se multiplient, et qui contrastent étrangement avec les simples noms royaux usités dans Tancien empire.
L'identification des trois premiers rois nous paraît un point fondamental dont il ne faut plus s'écarter. Le père du grand Ramsès avait été nommé par Champollion Ousiréi, Mandouei et Ménéphthah 7®"^, avant que ce savant eût reconnu le vrai nom de la divinité à la tête de griffon, Sei ou Typhon : la qualification Vaimé de Phthah ayant été quelquefois changée en celle de Y aimé d'Amon, le vrai nom
propre était J Q Q , Séti, La véritable lecture de ce nom et
son identification avec Séthos, appartiennent, quoi qu'en dise M. de Bunsen, à M. Lenormand, qui la publia dans son Cours d'histoire professé à la Sorbonne, et la reproduisit dans Y Introduction à l'histoire de l'ancienne Asie. Le savant professeur en fit sentir toute l'importance, puisque, dès lors, le commencement de la XIX® dynastie se trouvait fixé par trois règnes concordants.
Il nous manque cependant encore cet Aménophis prédécesseur de Séthos et le dernier roi de la XVIII® dynastie, dont nous n'avons aucune trace dans les inscriptions. Cela ne veut pas dire toutefois que Josèphe ait complètement raison, lorsqu'il accuse Manéthon d'avoir forgé ce roi tout exprès, pour mettre sous son règne l'expulsion des Juifs et autres impurs qui choquaient ses scrupules. Ce curieux récit, dont nous devons la connaissance à la colère qu'il inspirait à Josèphe, se compose de deux parties distinctes. Premièrement, le superstitieux Aménophis proscrit les Juifs par le conseil d'un prêtre intrigant ; ce peuple appelle à son secours les Pasteurs, qui viennent de la Palestine et chassent jusqu'au fond de l'Ethiopie le roi Aménophis et son fils Séthos encore enfant. Plus tard, Séthos reconquit son royaume et poursuivit ces étrangers jusqu'en Asie, où son fils Ramsès fit lui-même une campagne. Josèphe n'a-t-il pas ici confondu
j^^ EXAMEN r>E l'ouvrage
• tant, et prouvent que les chiffres actuels des listes ne éritentpas une confiance entière. C'est ici Je cas d'apprécier le caractère particulier des extraits d'Eusèbe, dont nous . urons quelquefois à nous servir. Uniquement occupé de raccourcir l'histoire de Nlanéthon, Eusèbe lui accorde si peu de confiance, qu'il s'étonne de le trouvera peu près d'accord avec la Bible à la captivité de Joachaz. H fait mourir Josias sous un autre roi que Nécho, ce qui ne l'arrête pas dans ses calculs^ aussi ne remarque-t-il pas qu'il est en arrière de 20 ans à l'époque de Tahraka ; enfin, il place hardiment le règne de Scheschenk I", 120 ans après la prise de Jérusalem par ce même roi. Nous sommes pleinement de l'avis de M. de Bunsen, qui s'attache à TAfricain dont la méthode est bien supérieure; cependant, comme nous ne possédons ses listes que par le seul extrait du Syncelle, et que celles d' Eusèbe nous parviennent par trois voies différentes, comme le canon chronologique de Tévêque de Césarée nous fournit de plus, pour les dernières dynasties, des chiffres qui n'ont pu s'altérer par la néglig^^^^ des copistes, ces chiffres méritent d'être pris en considération toutes les fois que les monuments forcent à rectifier ceux d'Africain, ou toutes les fois qu 'Eusèbe, malgré sa tendance évidente, porte un nombre d'années plus considérable. Ce n'est pas une pétition do principe que de modifier ainsi la règle de M. de Bunsen : la méthode d'AfricaiiT toujoure, mais quelquefois les chiffres d' Eusèbe
Manéthon ne donne pas les noms des rois de la XX« dynastie, mais l'ordre des monuments amène ici presque avec certitude , Ramsès III Hikpen et les dix Ramsès qui '«i succédèrent. Il n'est pas probable que le nom de ce grand conquérant ait été primitivement omis dans les listes, et nous pensons que c'est ce nom qui, primitivement placé en tête ae la XX* dynastie, est plus tard venu remplir la lacune qui suivait Ménéphthah dans la XIX^ 1-e total d'Africain est de 135 ans que M- de Bunsen
long; nous en connaissons des empreintes entre lesquels l'œil d'un artiste place sans hésiter 30 ans au moins de différence dans l'âge du roi. Cette date de la 9* année se trouve au palais de Kournah, c'est celle des grandes expéditions qui illustrèrent tout d'abord le souverain ; mais quel temps n'a-t-il pas fallu pour sculpter sur les murailles tant de pages historiques dont la beauté ravit Champollion? Neuf ans seulement pour tant de travaux à la salle hypostyle de Kamaketau Memnonium de Kournah, pour ce merveilleux palais d'Abydos qui ne le cédait qu'au labyrinthe, puis enfin pour cette immense syringe découverte par Belzoni. Tous ces travaux d'une beauté particulière, au jugement de Champollion, n'ont pu s'improviser ; aucun archéologue ne sera ici de l'avis de M. de Bunsen et ne sera tenté de raccourcir les 55 années que lui attribue Josèphe.
Eusèbe n'a plus trouvé le nom du successeur de Menéphlhah ; la même lacune existait sans doute dans l'Africain où quelque abréviateur malavisé a introduit une seconde fois le long règne de Ramsès. Aussi l'addition ne répond plus au total qui nous parait toujours le nombre auquel on doit se rattacher, tant qu'un document égyptien n'aura pas édairci la question.
M. de Bunsen compare le roi Setnascht méri ra à Thouoris ; cela ne l'empêche pas de le rejeter en tête de la XX® dynastie. Après aw)ir commencé la dynastie avec Ramsès P% diminué Séti I*' et supprimé complètement Siphthah et Amenmésès, il pose un chiffre de 112 ans qui n'a pour lui, comme on le voit, ni les listes ni les monuments.
Le troisième volume de Manéthon, qui commençait avec la XX® dynastie, n'a pas conservé son total, et c'est une perte inestimable ; car, connaissant avec assez d'exactitude la date de Scheschenk I®', nous en déduirions par une simple soustraction la durée des XX® et XXP dynasties. Ce secours nous serait d'autant plus nécessaire que les monuments obligent de faire quelques corrections à chaque
Péhor par le sacerdoce héréditaire d'Ammon que possédait aussi sa famille.
L'histoire de cette usurpation donne une grande valeur à la conjecture émise par ChampoUion' sur l'identité de ces Ramsès avec la famille de Rampsinitès, dont l'histoire est rapportée dans le premier livre de Diodore. On est heureux de pouvoir parer la nudité des listes avec un de ces précieux morceaux d'histoire que les Grecs ont conservés. Cette identité entraîne celle de Ramsès III (hik pen) avec le Rampsinitès d'Hérodote et le Remphis de Diodore, le roi aux immenses trésors. Le roi qui le précédait s'appelait Kétès ou Ketna, suivant les divers manuscrits. Diodore avertit que c'est le Protée, également prédécesseur de Rampsinitès, à qui Hérodote rapportait la visite de la belle Hélène ; or, le dernier roi de la XIX* dynastie est également désigné dans Manéthon comme contemporain de la guerre de Troie. Son nom propre égyptien, en retranchant toutes les épithètes,
se lit ^ ^ Set nakht, ce qui ressemble beaucoup à Ketna,
comme le remarque M. de Bunsen. Champollion, ne possédant point alors la véritable série de tous ces rois, ne pouvait vérifier tout ce fragment de Diodore, à partir des troubles qui précédèrent Protée jusqu'à l'anarchie qui termina les rois fainéants.
Tous les textes sont d'accord pour donner 130 ans à la
XXI* dynastie.
La XXIP a été toute mutilée par Eusèbe. L'Africain cite fort exactement les neuf rois en nommant seulement Scheschenk /•% Osorchon /•' et Takellotis. Les monuments nous ont rendu les six autres*, mais en nous apprenant que les chiffres d'Africain sont altérés. Nous connaissons en effet