‹ Œuvres diversesChapitre 163 sur 218 · Seconde Lettre au duc de Blacas · texte numérisé non relu

Seconde Lettre au duc de Blacas

2. La série complète se compose maintenant de : !•' Scheschenk P', 2* Osorkon I", 3* Péhor, 4* Oiopkon II, 5* Scheschenk II, 6* Takélot I", 7' Osorkon III, 8- Scheschenk III, 9» Takélot II.

change en 185 ans, sans que nous en voyions une raison décisive. La fin de cette dynastie présente une complication qui peut fournir à l'histoire un curieux chapitre. Je veux parler de Tusurpation habile des grands prêtres d'Ammon, qui réduisent peu à peu les Ramsès au rôle des derniers Mérovingiens. Il sera intéressant d'étudier la série de ces envahissements successifs dans les salles du temple de Chons, que M. Prisse a fait déblayer à Karnak. Le grand prêtre Péhor-se-Amoun donne encore au roi les titres officiels des Pharaons, mais il prend déjà la qualité de seigneur et gouverneur des deux régions; un peu plus tard, il renferma son nom dans le cartouche princier. M. de Bunsen voit dans ce personnage et dans sa famille les derniers rois de la XXI* dynastie, celle de Tanis, mais il reconnaît luimême combien les noms sont différents ; d'ailleurs, au lieu d'être placés à la fin de la dynastie suivante, ces personnages sont contemporains des derniers Ramsès. Piankh, qui succède au pouvoir de Péhor, ne parait pas avoir porté le titre de roi, mais son fils Pihem^ s'en attribue tous les honneurs, ainsi qu'un second Pihem et son fils, dont le nom propre était le prénom vénéré de Thoutmès III, Ramenter. Tous ces noms sont martelés et n'ont échappé à la réaction que dans quelques parties peu accessibles à la vue. Ceci nous indique pourquoi nous ne trouvons pas à Thëbes les noms de la dynastie tanite. Les grands prêtres d'Ammon purent s'y maintenir tout puissants, longtemps après la mort du dernier Ramsès. Leur famille succomba plus tard, comme le prouvent les outrages faits à leurs noms, mais pour se relever plus éclatante sous Scheschenk P', qui se rattache à

1. M. de Bunsen lit Pischem, La valeur du caractère médial, la gousse d'accacia 8, est égale à la syllabe hom dans une variante /"IIT^

du nom de la laine MotU hemei ou la mère de la grâce; 0 / ^.W

y est remplacé par 8 seul ou 8 / 8^^

156 EXAMEN DE l'oUVRAGE

En effet, Eusèbe compte, en tête de cette dynastie saîte, un l£thiopien, Amméris. M. Lepsius a trouvé à Thèbes uoe reiiï® nommée Amnin'tis, qui, vers cette époque, prend les doi-it>l^^ cartouches et s'arroge ainsi le plein pouvoir royal. Il y eut donc ici quelques règ-nes parallèles jusqu'à Psamiiiétik I". L'esprit judicieux d'Africain a évité cette faute d'H^usèbe, qui nous a néanmoins valu un précieux renseignement. Ils ont évité l'un et l'autre de grossir leurs listes des doiiX® tyrans ou souverains partiels dont Psammétik réunit enfîD le pouvoir; on voit comment tous ces faits font apprécier la méthode vraiment chronologique' d'Africain. Une erreur s'est néanmoins glissée dans le chiffre des règnes de 'Nécho II ou de Psammétik II. Deux stèles, appartenant Vune au Musée de Leyde, l'autre à celui de Florence, prouvent qu'il faut compter à peu près 10 ans de plus à l'un de ces rois. Si la correction est appliquée à Nécho, elle donne 15 ans et un mois pour la durée de son règne. Hérodote, qui devient un excellent guide, même pour la cbronologie. à partir de l'arrivée des Grecs en Egypte, lui donne en effet 16 ans; aussi n'hésitons-nous pas à lire avec M. de Bunsen 160 ans au lieu de 150, dans la liste d'Africain, pour la XXVI* dynastie.

Le canon de Ptolémée accompagne les dernières dynasties avec son autorité souveraine, depuis la conquête deCambyse. M. de Bunsen a fixé l'introduction de ce roi dans le canon égyptien à la 3» année de son règne, en se fondant sur ce fait qu'Africain lui compte six années de règne en Egypte. L'Africain se trouve ainsi dans un parfait accord avec le canon astronomique.

la 22^ année de Scheschenk P', à qui TAfricain n'en donne que 21, la 15* de Takelot I®', qui n'en a plus que 13, et enfin la 29* de Scheschenk III. Ceci nous oblige à une correction assez notable : nous lisons 140 ans au lieu de 120. M. de Bunsen, plus hardi, lit 150 ans.

Rien ne parait suspect dans le chi£fre de 89 ans donné par l'Africain pour la XXIII* dynastie, mais il a fait une réduction immense sur le règne de Bokkoris. Ce roi, qui compose à lui seul la XXIV® dynastie, fut, suivant Diodore, un grand législateur ; son père, Tnéphacht, avait fait une invasion en Arabie, et cependant Manéthon ne le cite pas comme souverain. Cette circonstance nous fait croire que Tnéphacht et Bokkoris lui-même ont régné pendant un certain temps appartenant, dans le canon o£Sciel, à la dynastie précédente. Eusèbe, qui n'allonge pas volontiers, lui donne 44 ans, mais il réduit énormément la dynastie précédente. Aussi regardons-nous les six ans d'Africain non comme une faute de copiste^ mais comme le résultat d'un travail chronologique.

La dynastie éthiopienne, qui commence au triomphe de Schévek I^', n'est plus portée dans Africain que pour 40 ans, mais Eusèbe en donne 44, ce que^ d'après sa méthode, nous ne pouvons regarder que comme un minimum. En effet, les inscriptions vont jusqu'à la 20® année de Tahraka, ce qui dépasse le chiffre d'Africain \ Heureusement Hérodote, en parlant de Sabako, dit que son règne a duré 50 ans, ce que nous entendons, avec M. de Bunsen, de toute la dynastie éthiopienne.

La XXVI* dynastie présentait deux écueils pour la justesse des calculs. D'une part, les Éthiopiens n'étaient pas encore complètement chassés, puisqu'ils tuèrent, suivant Hérodote, le troisième roi de la dynastie, Nécho, père de Psammétik.

1. Voir dans Leem&ns, Lettre à SalcoUni^ les deux stèles fanéraires 4es deux Psamméticus.

En effet, Eusëbe compte, en tète de cette dynastie saîte, un Éthiopien, Amméris. M. Lepsius a trouvé à Thèbes une reine nommée Amniritis, qui, vers cette époque, prend les doubles cartouches et s'arroge ainsi le plein pouvoir royal. Il y eut donc ici quelques règnes parallèles jusqu'à Psammétik P'. L'esprit judicieux d'Africain a évité cette faute d'Rusèbe, qui nous a néanmoins valu un précieux renseignement. Ils ont évité l'un et l'autre de grossir leurs listes des douze tyrans ou souverains partiels dont Psammétik réunit enfin le pouvoir; on voit comment tous ces faits font apprécier la méthode vraiment chronologique* d'Africain. Une erreur s'est néanmoins glissée dans le chiffre des règnes de Nécho II ou de Psammétik II. Deux stèles, appartenant l'une au Musée de Leyde, l'autre à celui de Florence, prouvent qu'il faut compter à peu près 10 ans de plus à l'un de ces rois. Si la correction est appliquée à Nécho, elle donne 15 ans et un mois pour la durée de son règne. Hérodote, qui devient un excellent guide, même pour la chronologie, à partir de l'arrivée des Grecs en Egypte, lui donne en effet 16 ans; aussi n'hésitons-nous pas à lire avec M. de Bunsen 160 ans au lieu de 150, dans la liste d'Africain, pour la XXVP dynastie.

Le canon de Ptolémée accompagne les dernières dynasties avec son autorité souveraine, depuis la conquête deCambyse. M. de Bunsen a fixé l'introduction de ce roi dans le canon égyptien à la 3^ année de son règne^ en se fondant sur ce fait qu'Africain lui compte six années de règne en Egypte. L'Africain se trouve ainsi dans un parfait accord avec le canon astronomique.

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