MONUMENTS ET PAPYRUS DE TURIN
Prénom royal Ra satep het, Ra ter ké, Ra noub kéou, Ra scha ter, Ra scha kéou, Ma en ra,
Ra ma tou.
Nom propre Amenemhè 1".
Sésourtésen I*'.
Amenemhè II.
Sésourtésen II.
Sésourtésen III.
Amenemhè III.
Amenemhè IV (?).
Ra Sevek nofréou.
Il est évident qu'il s'est glissé dans les listes de Manéthon une répétition du nom du roi Mares ou Lamparès, auteur du labyrintiie, et que, par une omission correspondante, Sésourtésen II (ou son successeur) a été supprimé. M. de Bunsen, entraîné par les exigences de son système chronologique, prétend qu'on doit reconnaître Sésostris dans Sésourtésen II; mais le monument de Semneh me semble apporter à cette difficulté une éclatante solution.
Quinze siècles s'étaient écoulés, et six dynasties égyptiennes ou étrangères avaient occupé le trône de Sésostris ; Thoutmès III employait avec éclat la puissance qu'avaient recouvrée ses pères, et rétablissait les temples détruits pendant l'invasion des Pasteurs, en conservant toujours, suivant les observations de Cbampollion, l'ancien culte local. Son règne, long et glorieux, lui permit d'étendre cette restauration jusqu'en Ethiopie. Semneh possède encore un édifice remarquable dédié par Thoutmès III à une triade divine composée de Sésourtésen III comme dieu principal,
BlBL. ÉOYPT., T. XXI. 14
et des dieux Chnoumis et Totoun comme dieux parèdres. L'inscription au-dessus de la porte principale^ ainsi que celles de plusieurs piliers', énoncent que Thoutmès in a dédié ce temple à Sésourtésen III. Ce roi divinisé présente à
son fils Thoutmès le signe de la vie ■¥• en lui disant, selon
l'usage des dieux invoqués : Nous t'accordons la vie stable et puissante. Le même temple a conservé le tableau de la scène principale de la consécration, où le dieu Sésostris, représenté dans sa bari sacrée*, accepte la dédicace de l'édifice. Le dieu Totoun, seigneur de la Nubie, adresse un discours, sur une paroi voisine, à Thoutmès, son fils chéri. . .' : Tu as fait les beautés de ce superbe édifice en V honneur de Ra Scha Kéou (Sésourtésen III); tu 05 glorifié son nom pour une suite de siècles.
La dévotion de Thoutmès pour ce même personnage se montre également dans un autre temple à Semneh*. Son petit-fils Thoutmès IV rappelle ce nom vénéré dans une inscription toute semblable au temple d'Amada*; enfin c'est encore le même Sésourtésen III que nous voyons adoré par un Égyptien à Maschakît, où il porte les titres de dieu grand, seigneur de la Nubie. Ce roi y figure au milieu d'une triade divine composée de Sévek-Ra, d'Anubis et de la déesse Anouké, tous qualifiés de dieux célestes.
Au milieu de tant de traces du culte rendu à Sésourtésen III, la considération spéciale du temple de Semneh, après un laps de quinze siècles, nous parait une preuve tellement décisive que nous ne concevons pas comment on pourrait hésiter entre ce roi et son prédécesseur pour reconnaître le
1. Voyez Young, HicroghjphtcSy planche 91, temple de l'Ouest à Semneh.