LETTRE EN RÉPONSE A DES OBSERVATIONS
natif d'un mot écrit phonétiquement, tandis que dans la légende verticale il exprime ce mot à lui tout seul.
La première lettre 8 est un A, la seconde I est une variante du Céraste ordinaire, »^-=--/; le ^ ^ est l'indice du féminin. Le radical se lit donc h.f. , en copte ^qo, serpent, vipère. UUL est en effet le caractère signalé par ChampoUion comm© ^® déterminatif des reptiles. Le nom entier devait se ^^^^ . Tahphout, ou Thphout, mot très fidèlement rendu ?^^ TçpoiîToç. Cette transcription prouve une fois de plus que tio^^ devons laisser le signe du féminin t après le radical , coti^^^ le placent les inscriptions, et non le reporter à. la p\a,Cft qu'occupe l'article féminin dans le copte moderne, car àMi^ ce cas nous aurions Tathphou et non Thphazct. Ce nom signifie donc celle qui appartient au serpent ^ Vtxommaffe rendu par sa composition peut s'adresser entre autres divinités àRannou, déesse des moissons, qui est plus habituellement caractérisée par une tète de serpent.
i ÉLÉMENTS DE vloifl^^^ Dg^
dos Égyptien»' ^^fïQlXJ
ivait Jonertemps, Monsieur, que ,-
cette coi-r-espondance littéraire. Ce s„„'''^«<ra,
<ïui m ont introduit à la connais °«t Vos r»o/'î-ç-«e-s ,• à vous revenait de droit ,.»ae <,j pi-og-r-ès amen<is par Ja suite de mes rt?'*n'a nte amj"H<» a reçu Ja confidence liabi^"* - divena points de la science, »i™i qu^ '^'< i QUG je croyais ^tpercevoir. 3e trouvais ch anjouj- «fz* zpr'a^e cirt-rts la science, qui com*^*^ ' estime, et c'était vous— même qui m'engt^*^ les remsirques, Jox~s<q| li'elles pouvaient modifi^ 3 vos pz'emièr-es recherches sur ces écritu :»l'en comprezx<ix'e.
: éléments xjouvea-ux: et importants sont ^^ ette étvtde et prend r-e une pW c™"'*»^
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jartle de la commission i»»'""'^;^""'^ Cbampollit>a. les tr-a.%.auxdel»'"="«<^x
238 LETTRE A M. DE SAULCY
permirent de jeter un coup d'œil rapide sur quelques manuscrits relatifs à l'écriture démotique. Je reconnus aussitôt que les notes de cette espèce contenaient des remarques extrêmement précieuses, quoiqu'elles appartinssent en général à la première époque de ses travaux. Il faut le dire hautement à la gloire de ce grand génie, dans un premier mémoire écrit à Grenoble bien avant la découverte de l'alphabet hiéroglyphique, la comparaison toute matérielle des textes grec et démotique de l'inscription de Rosette lui avait déjà fourni plusieurs résultats d'une inconcevable justesse. Son génie synthétique y montre toute sa puissance, et, dès le premier pas qu'il a tenté sur ce terrain, la griffe du lion s'est imprimée dans quelques endroits du sol égyptien, à une profondeur qu'atteindront à peine les travaux réunis des trente années suivantes.
Vous êtes, Monsieur, de ceux qui n'ont jamais pensé que la France, reine des nations intelligentes, céderait aux tentatives d'une nouvelle barbarie, et vous montrez par votre exemple qu'au milieu des fatigues et des dangers du citoyen, les travaux de la science ne doivent pas s'arrêter im seul jour. Vous avez foi dans l'avenir de notre pays, et vous espérez avec moi que le gouvernement de la nation complétera bientôt la justice qu'attend la mémoire de Champollion.
Malgré la fatalité qui a poursuivi ses œuvres jusqu'à sa mort, les manuscrits de sa main retrouvés chez Salvolini. ainsi que les nombreux matériaux conservés par sa famille, composent encore un trésor dont chaque page apporte quelque richesse à la science. En attendant que la République puisse entreprendre une publication complète digne de ChampoUion et de sa patrie, il me faudra tenir compte de quelques notes recueillies rapidement en inventoriant ses manuscrits.
Le second événement n'est rien moins que l'apparition d'une Grammaire démotique. Une Grammaire démo tique
SUR LES ÉLÉMENTS DE l'ÉCRITURE DÉMOTIQUE 239
eût été une entreprise d'une très grande difficulté pour un savant émérite ; il étjtit permis de la regarder comme trop audacieuse pour les débuts d'un jeune homme de vingt et un ans. Le doute, en cette circonstance, était raisonnable : il fut exprimé, dit-on, d'une manière peu encourageante.
J'ai hâte de le dire. Monsieur, le jeune coursier a bondi sous laiguillon, et le spectateur impartial reconnaîtra, je le pense, qu'il a franchi avec succès une bonne partie des obstacles. Le résumé des découvertes de M. Henri Brugsch ^ nous arrive dans un petit cahier lithographie et sous la forme d'une courte grammaire, enrichie d'exemples et de quelques traductions. Ainsi, tout en exposant les secours nouveaux que M. Brugsch apporte à la science, je discuterai ce qui me paraît compléter ses découvertes ou en modiâer les résultats, tant dans mes propres études que dans les notes extraites des premières recherches de ChampoUion.
On comprend ordinairement sous le nom à! écriture démotique ou enchoriale plusieurs écritures égyptiennes cursives, qui offrent des nuances très diverses. Entre le petit fragment sur le dieu Amoun, que vous avez publié dans la Revue archéologique \ et les premiers contrats que Ton regarde comme démotiques, il y a des différences plus tranchées et plus radicales qu'entre ces derniers écrits et les papyrus hiératiques. Mais, pour ne pas compliquer par trop la question, bornons-nous, pour le moment, à étudier les types les plus voisins de l'écriture intermédiaire de la pierre de Rosette, sauf à faire quelques observations sur les nuances de temps et de dialecte, lorsque nous aurons mieux compris les principes généraux de ces écritures adaptées aux besoins de la vie et de la langue usuelle.
Quant à cette langue usuelle du temps des Ptolémées, on
1. Scriptura J\fjt/ptiorum demotica, etc. Berlin, 1848; à Paris, chez Klingsieck, rue de LiUe.