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Voy. HieroglyphicSt pi

2. La déification a tenté l'ambition de tous les rois de l'antiquité. Mais cette usurpation impie, qui ne nous parait maintenant que le délire suprême de Torgueil humain, se présentait en Egypte avec un caractère tout particulier. S'identifier avec la divinité, c'était pour les Égyptiens une condition n^guliëre quant à la plupart des actes religieux. Cette direction des esprits aide à comprendre la singulière apothéose de Rhamsès le Grand qui, sous son propre nom, ou sous le nom de Soleil de Rhamsès j s'introduit dans les triades divines auxquelles le souverain adresse ses hommages. L'homme, à sa mort, devient un Osiris; puis on le voit revêtir successivement d'autres formes de la divinité, à mesure que son âme change d'état dans VA menti. Dans l'acte de la prière, l'homme s'identifiait également à un dieu. Jamblique nous a conservé cette notion (VI, 6; I, 12) que nous retrouverons constamment depuis les prières antiques du Rituel funèraii'c jusqu'à la conjuration du Rituel magique de Leyde (voy. Reuvens, Lettre à M, Lctronnc). L'Egyptien ne croyait donc A la puissance de sa prière qu'autant qu'il la formulait, non pas en son propre nom, mais au nom d'un dieu.

Le roi, par son couronnement, se trouvait régulièrement transformé en un dieu fils du Soleil; aussi, lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Jupiter Ammon, ce fut une marque éclatante que TÉgypte l'adoptait comme un souverain indigène. C'est une nuance de la même idée qui est exprimée par le titre dira Kpiphune, dieu manifestéj comme l'a très

l^ETTBE A M. DE SAULCY

260 (a' 74) prend une forme un peu plus com-

ract^**^ P°"'"^°*^^ y constater sa valeur par deux

l^.'^^g e* "'^"w^jne grecque et l'autre hiéroglyphique.

^^^'^^rriP^^^^%\%^ Vatitigraphe grec du Papyrus Casati, le

^^n traL»'*'®- a>?^^' *® P^*^® ^^ ^ personnage est nommé

ropï'*' '^"""^îa Seripoèz-is. L'expression démotique de

^^^ ^ ot ^* ^ *^ ^^^^ ayant été reconnue par tout le

^"''f d«'"°^^*'^it y *^oiï" d'hésitation sur le nom démo-

^es '^*^''.jp0POuV -t à Onnotris. Ce nom affecte, dans le

monde, ^^pon*^ e îorme {n° 74 6rs) assez différente au

^^'^"*^ rus Cas»*'' •'*^lle <l^'»ï a dans la copie de Berlin (n°75)'.

^*^^ ^t-r abof^ *® ^^^^ofliposé de deux radicaux oun etnqfre.

^\^^\ évideff*^^^*' ^vec trop de soin le second, nqfre, pour

N Iri avons étudia j-j-ouver dans le Papyrus de Berlin écrit

noua ijtonner de 1^^ d'une n initiale {n" 76) au-dessus de la

avec

UlLIllll'i' . H iiu~. \— ■ — / --— — ^ — ■-

le supplémei» *" remarquerez. Monsieur, que cette or-

ligle nqfre; et vct-*, , j-g eût été incompréhensible sans nos

thographe si régul* «.t"^® miite du caractère principal. Les

explications sur la ^'^^mier radical oun présentent des di(-

férenr^^"*"*^^ ^^ ^\é^S> tant entre elles qu'avec le caractère

de /a pf *®*6z notaf ^tte K "^ ^'^)> mais chacune de ces

*^o's y-ArtltA '^^ ft<^^ le deuxième type hiératique (n" 73).

^" ''*aQ ■ '""^Pe''^ ^er^^ *"*"' ^^''^> est tellement indis-

^°"s.ibjQ Q^'ff^'ïGe ^*^ t heui'e'^'' que la transcription d'uQ

do^ '""Pre '^ ®SÉ /^^gtaté l'expression. Celui-ci ne peut

"«^>-e ■'"' ''>e oa ^n ^^\^rf^^^ Young l'a proposé {Diction-

C/ifj^ ' ^■'- 8.\\ '^^fi yy/'^ »is '** moindre rapport avec le dieu

■ '•</] / ®t j; r.^ ^i -re autrement que son type sacré, r- ■ • r^^'^f J^ ^—'était le nom royal d'Osiris, qu'on ' ' -■ , ^.:^»v. 7 >-^--'"V. -..(iter étant bon. m» /*> fcon nar

*^®; *^'*Ofr<ï-'^*j^'\>^hftinpolli<>n l'a dit, il a été fort "■»' a^ Voung, Hierogli/phics, pi. 31, l. 7, et

'(>0. ^^8"..,,. pi. IX.

SUK LES ÉLÉiV^fiNTS DE L'ÉCRITURE DÉMOTIQUE 261

îictement conservé dans les noms modernes Onnophris et

Onufrius.

Nous allons retraviver la même syllabe dans le surnom

t curieux porté p>a-r Ptolémée Aulétès, veoç Aiovudo^. Le

ui sée Britannique possède une stèle démotique venue de

Ci kkarah et fort remarquable par le tracé hardi et com-

r ué des traits de l'écriture qui annonce une main très

^ rée ' Young y ^ reconnu après le nom de Ptolémée le

® vebc Aiovudoç, et îl a bîeû déchiffré les mots le dieu

/ o 77\ T i ^ y «s s (n® 79), ou, en suppléant deux

\\^^ Diotty^^^' Le groupe intermédiaire (n<^ 78) devait

\ éoondre à ve'iç. Dionysos (Bacchus et non pas Denys,

e Young ^® remarque fort justement) était le repré-

^^ i* t d'Osiris dans le système d'identification gréco-

^^^ f enne. Eï^ effet, le titre officiel * de ce roi était VOsiris

1 Voy. Hieroglyph^^^* pi. 75, 1. 7.

o T déification a tenté Tambition de tous les rois de l'antiquité. Mais

arpation imp^®» <iui ne nous parait maintenant que le délire

\^ aq l'orgueil humain, se présentait en Egypte avec un caractère

*^P ticulier. S'identifier avec la divinité, c'était pour les Égyptiens

^^^ ^ dition régulière quant à la plupart des actes religieux. Cette

^•^^ t* n des esprits aide à comprendre la singulière apothéose de

h^ fes le Grand qui, sous son propre nom, ou sous le nom de Soleil

It Rh msès s'introduit dans les triades divines auxquelles le souverain

A e ses hommages. L'homme, à sa mort, devient un Osiris; puis

\ voit revêtir successivement d'autres formes de la divinité, à me-

*^° ue son âme change d'état dans VA menti. Dans Tacte de la prière,

r^^^ me s'identifiait également à un dieu. Jamblique nous a conserve

f tion (VI, 6; I, 12) que nous retrouverons constamment depuis

?^ rières antiques du Rituel funéraire jusqu'à la conjuration du

n'tuel magique de Leyde (voy. Reuvens, Lettre à A/. Letronne).

•1? tien ne croyait donc à la puissance de sa prière qu'autant qu'il

f mulait, non pas en son propre nom, mais au nom d'un dieu.

^^ ^^ . ' g^jj couronnement, se trouvait régulièrement transformé

^dîeu fils du Soleil; aussi, lorsqu' Alexandre fut proclamé fils de

®^ ^r P Ammon, ce fut une marque éclatante que l'Egypte l'adoptait

Jupite gouverain indigène. C'est une nuance de la môme idée qui

comme ^^^.^^^^ Èpiphanc, dieu manifesté, comme l'a très

est expriniee pai ^^ v^i» r r

2Q2 LETTRE A M. DE SAULCY

enfant ^ \^^' Osiris ho un ; son cartouche hiéroglyphique en fait foi'. Comme il s'agit d'un titre consacré, le même mot houn b> dû être conservé dans le démotique. En efEet, malgré la complication des traits qui caractérise récriture de ce monument, on reconnaît sans peine la lettre

bien traduit ChampolHon» Hieu incarné rendrait aussi très bien l'idée égyptienne, car le verbe <::^> signifie engendrer. Les Égyptiens, rois

ou particuliers, n'avaient point la prétention de s'assimiler à Ammon, dieu suprême et générateur ; mais ils affectaient volontiers le caractère du dieu enfanty troisième personne de la triade divine et produit de l'opération mystérieuse, symbole de toute création. Les noms de ces^fils divins furent extrêmement usités comme noms propres, et de là tons ces noms terminés en pckhrouti, soboles^ -.,coxpi-nîç, Harpocratès, Seraphucratès, Chapochratès, Horus, Chons^ Ah (ou Lunus) enfant; ce sont là de véritables médailles qui indiquent à quel point cette idée était dominante à l'époque ptolémaîque. Mais elle est entièrement conforme à la tradition antique. Amoun, s'adressant aux dieux du Nord et dn Midi dans le temple de Mèdinci-Habou^ leur dit à propos de Rhamsés

le Grand : « C'est mon fils, le seigneur des années Je l'ai

» élevé dans mes propres bras ; je lui ai dit de faire des adorations » tlevant la porte de ma demeure ; je lai engendré dans la jouissance

» de mes membres divins H est en vous, il adore comme vons

» adorez, son nom (germe?) comme vos noms » C'est en conséquence de ces idées qu'on trouve figurés sur les monuments religieuxtous les détails de Téducation des jeunes rois divins, Aménophis et CîBsarion, et que leur mère porte les titres de la grande mère divine. J'ai cru ces développements nécessaires pour faire saisir ridée fondamentale de tous ces titres qu'il nous faudra SLnsilyser, dieu Épiphane, jottfio Marphn\ jcnnn Osiris, etc.

^, Voy. Lepsius Choix de Monuments, pi. XVI. Ottc belle stèle de Taimoutp a aussi ét^ reproduite, par une très belle lithographie, dans les Momme^^s publiés par M. Prisse dont le crayon est sans rival pour la fidélité ^.y«^^;^ fnèrogluphir^ue, H faut remarquer que, dans cet endroit, le ^'^^& est reniplaxîê par son homophone habituel, la petite fleur ^-. 11 est aussi à noter que .U, ne signifie point ici no«reai/.^'"*"^!"'^'': <^«^««^e dans l-înscription de Rosette, ligne 1 :

^*^'^'*-"'Xr«rm.'''' '*''" ^- Lenormant traduit si justement : som Vctnp^^^ " yettTi^ monarque. ^

SUR LES ÉLÉMENTS DE l'ÉCRITUHE DÉMOTIQUE 265

t-il bien plus impatient de pousser au loin ses conquêtes, que de décrire géométriquement le terrain qu'il a parcouru. Cette marche peut convenir aux grands conquérants de la pensée ; mais, quant à nous, qui essayons d'entrer en Egypte à la suite de Champollion, nous ne pouvons espérer d'y faire quelques pas qu'en suppléant à la divination par la sévérité de nos méthodes et la patience de nos investigations.

SUR LES ÉLÊl^ïENTS DE l'ÉCRITURE DÉMOTIQUE 265

'1 bien plus impatient de pousser au loin ses conquêtes, ' o de décrire géonaétriquement le terrain qu'il a parcouru. r* tte marche peut convenir aux grands conquérants de la nsée ■ mais, quant â nous, qui essayons d'entrer en Egypte ^ la suite de Champollion, nous ne pouvons espérer d'y 're Quelques p»s qu'en suppléant à la divination par la , .A-jM de nos méthodes et ta patience de nos investigations.

INSCRIPTION DES ROCHERS DE SEMNÉ

Un zélé voyageur qui vient de parcourir pour la troisième fois la vallée du Nil, M. P. Durand, a bien voulu me communiquer dernièrement les souvenirs qu'il a rapportés de ses dernières excursions. J'ai examiné ces précieux matériaux avec un plaisir bien vif; car le crayon habile de M. Durand a acquis, dans ses visites réitérées aux vieux Pharaons, ce sentiment exquis de l'art égyptien qu'un bien petit nombre d'artistes ont pu atteindre jusqu'à ce jour. Dessinateur habile et longtemps amoureux des monuments grecs et byzantins, sa surprise égala son admiration, lorsque les beautés de la ligne égyptienne se dévoilèrent à ses yeux, toujours plus parfaites à mesure que la lutte devenait plus intime entre le dessinateur moderne et les artistes de Thoutmès III ou de Séti P'. Ce qui m'a frappé le plus vivement parmi ces beaux dessins, c'est une série de cartons calqués dans le tombeau de ce dernier souverain. On sait que, dans cette prodigieuse syringe découverte par Belzoni, une salle dont la décoration n'a pas été terminée nous a conservé la pure esquisse du dessinateur égyptien. Or, ce trait, large d'environ un centimètre, a été tracé au pinceau avec une telle assurance et une science si parfaite de la ligne, qu'on

1. Publié dans la Reçue archéologique^ 1848, t. V, p. 311-314.

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