‹ Œuvres diversesChapitre 36 sur 218 · DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGÉ LXI · texte numérisé non relu

DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGÉ LXI

religion, les sciences, les arts, offraient aux curieux, et il conviait. ses auditeurs à les mettre en culture avec lui. (c Le mythe d'Osiris pourrait être considéré comme un » parfait symbole du sort qu'a subi la science égyptienne. » Typhon, le génie des ténèbres, étouffe le dieu dans un » cercueil et disperse toutes les parties de son corps. Mais » Isis recherche avec soin ces membres épars et parvient à » recomposer le corps divin ; elle évoque ensuite son âme, » et, d'un souffle puissant, ressuscite Osiris pour l'immorta- » lité. Le domaine d'Osiris était renfermé aussi dans les » tombeaux, et une mort de quinze siècles avait pesé sur » rÉgypte ; ChampoUion réunit avec ardeur les éléments » de la science, puis il évoque à son tour Tâme des lettres » égyptiennes. Aidez-nous, Messieurs, à soutenir et à déve- » lopper cette vie nouvelle : l'honneur de la France y est « engagé, et ne souffrez pas qu'un seul fleuron manque » jamais à sa couronne littéraire'. »

M. de Rougé prit son métier de professeur aussi fort à cœur que celui de conseiller d'État. Pendant les treize années qu'il occupa la chaire, il ne suspendit vraiment son cours que trois fois, dans le premier semestre de 1863-1864 pour visiter l'Egypte, en 1868 pour raisons de santé*, puis durant l'année terrible de 1870-1871 ; s'il lui arriva de l'interrompre en dehors de ces deux époques, des indispositions passagères ou des empêchements accidentels en furent la cause, et l'arrêt dura peu. Son auditoire se composa d'abord des égyptologues français ou étrangers de passage à Paris, et de quelques amateurs à qui leur profession laissait des loisirs, Devéria, Buchère, A. Harlé, A. Mallet, E. de Horrack, A. Baillet, tous gens que la discussion philologique ne rebutait point. Il débuta par consacrer les trois semestres

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