Lettre de Mariette an vicomte J. de Rongé, sans date
3. Lettre du vicomte J. de Rougé en date du 9 septembre 1907.
LXXXVI NOTICE BIOGRAPHIQUE
ciait pas de s'y aventurer à Taveuglette. Jacques de Rougé, plus confiant en ses forces, y entra seul avec un des réis, et parcourut les galeries sans autre lumière qu'une méchante chandelle indigène \ En réalité, c'est la meilleure façon. Ces vastes souterrains n'ont pas été faits pour être illuminés à giorno ; trop de clarté y révèle la rudesse du travail et nuit à l'impression de l'ensemble. Les mastabas de Ti et de Phtahhotpou, avec leurs bas- reliefs peints encore de couleurs vives', justifièrent pleinement ce que les voyageurs contaient de la beauté des nécropoles de Sakkarah. II y aurait eu intérêt à les copier dès lors en entier ou tout au moins l'un d'eux^ mais Mariette en annonçait la publication prochaine : en revanche, la table de Sakkarah ou plutôt « la nouvelle » table de Memphis (c'est le nom que lui a donné notre » savant confrère) a été copiée et photographiée avec tous » les éléments qui sont nécessaires à la complète discus- » sion d'un texte bien plus précieux encore que la célèbre » table d'Abydos* ». Partout ailleurs, Rougé se borna à relever le protocole des personnages et les rares inscriptions qui contenaient leur biographie, ce qui touchait à l'histoire proprement dite ou à la chronologie plutôt que ce qui intéressait les mœurs, la religion ou l'art de cette époque reculée. Il y en eut bientôt la matière de deux volumes, et Mariette, se rappelant le peu qu'on avait su tirer des renseignements du même genre contenus dans les Denkntâler de Lepsius, ne put s'empêcher de penser à part lui que Rougé perdait beaucoup de temps à copier pareil fatras : son étonnement et son admiration n'en furent que plus grands par la suite, quand les Recherches sur les