‹ Œuvres diversesChapitre 64 sur 218 · DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGE CI · texte numérisé non relu

DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGE CI

main, il en était venu à ne plus pouvoir presque suivre ses idées, et la besogne accomplie sur une plage sans abri, ce jour de khamsin, acheva de le mettre bas. Son fils reconnut qu'il n'était que temps de Temmener : il renonça à visiter le canal de Suez et il l'embarqua précipitamment à Alexandrie, le 27 mars, jour de Pâques. Contre toute attente, la traversée ne le rétablit pas : en rentrant à Paris, le repos, succédant au mouvement et aux tracas du voyage, détermina chez lui une réaction telle, qu'il se refusa même à jeter un simple regard sur ses notes. D'après le conseil des médecins, son fils lui interdit tout effort d'esprit et l'emmena à la campagne. Le séjour de Bois-Dauphin et le calme absolu qu'il y goûta dissipèrent promptement cet état de lassitude morbide : après quelques jours, il put revenir à Paris et y reprendre sa double fonction de conseiller d'Etat et de professeur*. Il ne voulut pas qu'on eût même un semblant de raison de lui adresser le reproche de conserver, pour son usage exclusif, les documents qu'il avait recueillis au cours d'une expédition dont les frais avaient été payés en partie par le Gouvernement français, et dont l'accomplissement lui avait été facilité par la bienveillance du Gouvernement égyptien. Il établit sommairement l'inventaire des richesses qu'il rapportait, et il le publia, en y ajoutant la promesse formelle de tout livrer au public dans les délais les plus brefs. Le rapport préliminaire qu'il adressa au Ministre de l'Instruction publique, vers la fin d'avril 1804 *, accusait six volumes d'inscriptions inédites

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