DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGE CXVII
d'Egypte, le ministre avait mis une croix de chevalier de la Légion d'honneur à la disposition de la mission, et sans doute comptait-il que le chef l'attribuerait à son fils Jacques dont l'activité n'avait pas faibli un instant pendant ces longs mois de fatigue. Rougé trompa cette attente ; il proposa de la céder à M. de Banville, pour le récompenser de son talent d'abord, puis de son désintéressement, et son fils trouva la chose naturelle. Le ministre fut surpris, mais il ne put qu'acquiescer au sacrifice.
Du moment qu'on n'avait plus la ressource d'une publication d'ensemble, on devait chercher à y suppléer dans la mesure du possible par beaucoup de publications de détail. Jacques de Rougé commença, dans la Revue archéologique, la série dé ses études géographiques sur les nomes de l'Egypte, où il analysait et imprimait les plus importants des textes copiés à Edfou^ : dès la fin de 1865, Rougé put présenter à l'Académie une première livraison que d'autres suivirent promptement*. D'autre part, la Zeitschrifî far ^"Egyptische Sprache und Alterthumskunde, que Brugsch avait fondée à Berlin en 1863 et dont Lepsius venait d'assumer la direction, lui offrit un débouché nouveau pour ses travaux de pure égyptologie auxquels le public plus large de la Revue archéologique et du Journal asiatique ne se serait pas intéressé. Il y avait débuté en 1864 par deux lettres adressées à Brugsch, et dont l'une apportait une preuve nouvelle de la lecture proposée par ce savant pour l'idéogramme du chiffre 3', tandis que l'autre lui enseignait des preuves nouvelles de la justesse de sa répartition nouvelle des trois termes qui servent en égyptien