DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGÉ CXXVII
amassé pendant une année les matériaux ethnographiques et archéologiques de l'Exposition, courait le risque de ne pas être désigné pour aller les aménager à Paris : le vice-roi hésitait à le déléguer^ malgré ses prières et les recommandations de Charles Edmond. M. Le Play, répondant au nom du ministre, s'empressa de l'informer « qu'il écrivait u aussitôt à M. Mariette pour lui témoigner combien la M Commission impériale attacherait de prix à son active » coopération* ». Des démarches diplomatiques auprès du souverain suivirent de près la lettre de la Commission, et Mariette obtint l'autorisation de venir passer une année en France pour surveiller les travaux d'installation*.
Ce qu'on demandait maintenant à Rougé, ce n'était plus son intervention dans les affaires de la section égyptienne, c'était une véritable histoire de l'égyptologie entre 1846 et 1866, pour faire partie d'une collection de rapports analogues à ceux qui furent présentés, en 1810, à Napoléon I^', par les différentes classes de l'Institut. On avait choisi à cette intention un certain nombre de savants, de professeurs ou de littérateurs, qui exposeraient, chacun dans sa spécialité, les progrès accomplis par la France pendant le second tiers du XIX^ siècle, et l'égyptologie était revenue de droit à M. de Rougé. Il avait donné un avantgoût de ce qu'il saurait accomplir en ce genre, dans les articles qu'il avait fournis douze années auparavant à VA thénœum français^ : son Exposé de l'état actuel des Études égyptiennes^ dépassa ce qu'on attendait de lui. Guigniaut, dans la Préface qu'il mit au volume, en a vanté « la conci-
1. Lettre de M. Le Play, commissaire général de T Exposition, à E. de Rongé, en date du 9 juillet 1866, communiquée par le vicomte Jacques de Rougé.
2. Maspero, Notice biographique sur Auguste Mariette, p. cu-clx.