‹ Œuvres diversesChapitre 86 sur 218 · DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGE CXXIX · texte numérisé non relu

DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGE CXXIX

mandations auprès des pouvoirs publics de leur propre patrie. Brugsch venait de rentrer en Europe après une excursion malheureuse dans la carrière consulaire ; comme il l'avoue lui-même dans ses mémoires, il n'avait ni la tournure d'esprit, ni la fortune nécessaire au métier de diplomate \ mais, revenant du Caire à Berlin en quête d'un emploi, il put constater bientôt que les universités allemandes lui seraient fermées presque à coup sûr. Il s'inquiéta donc de chercher à l'étranger ce qu'il ne trouvait pas chez ses compatriotes, et ce fut à la France qu'il présenta sa requête. L'idée n'était pas nouvelle chez lui et, dès l'apparition de la Grammaire démotique, en 1855, il avait songé à profiter de l'intérêt que Rougé lui portait pour se procurer une position au dehors, a Le baron de Humboldt, ») écrivait-il alors, avait eu la bonté de proposer au roi de » me donner une place comme attaché au Musée égyptien » de Berlin avec un gage de 2.000 francs par an. Cette place » devait m'assurer celle de M. Passalacqua, qui est vieux » pour pouvoir mourir tous les jours (sic). Le roi consentit » et tout allait bien. Par un de ses amis i\ la cour, M. Lep- ^ sius en prit connaissance, et sur-le-champ il adressa une » longue lettre au roi et au ministre en y exposant la né- » cessité que cette position à créer devait être à lui, de même » que la place de Directeur à l'avenir. Il avait même l'ef- » fronterie de dire au roi que mon dernier ouvrage, à se » taire des autres, ne valait pas la peine, et que tout ce » qu'il y avait beau c'était le brillant extérieur (^s/c^ 1 M. de » Humboldt avait répondu au roi tout de suite, mais il « parait que le parti de M. Lepsius est plus fort que nous » autres, de sorte que je vois perdre cette place et tout » mon avenir avec elle. Lepsius est déjà professeur à TUni-

1. a Meine Konsularische Thfttigkeit erreichte ihr Ende, nachdem ich einsehen gelernt hatte, dass ich durcbaus nicht dazu geschaffen war Qnd, nebenbei bemerkt, auch meine materieUen Mittel ihr Ende erreicht batten » (H. Brugsch, Mcin Lehen und mein Wandern^ p. 265).

BlBL. KGYin'., T. XXI. i

NOTICE BIOGRAPHIQUE

ce q"* ^^ perd la possibilité d'y trouverune posî-

3^-^ ' «ncore il me prive de la seule espérance qui m'était

( îftjï . ^ -j - suis désolé, avec toute ma famille, à me brûler

pou*" ^^

lie - - ■ J"86^ vous-même si j'ai raison de quitter oU non. On vient de me taire une proposition

York et je ne sais encore que faire', » Il aurait cbaif^ à Paris, mais tout s'arrangea, grâc« &

nrétéré *^ que Rougé écri\'it à Humboldt, et, si Brugsch une let**"^ 3 \» pla^e qu'il sollicitait, le gouvernement prusti' obtînt f (j'autres moyens de lui assurer une vie honora- -lefl trot*"*' -^j qu'après doiue ans révolus, la même situation hle- Et ■*''^'isa.i* ■ ï-epsius ne désarmait pas, et son influence se repr<>**** for*® P**"^ ^l*^® personne dans régyptol<^iealletait as^^^-,ût réussir sans son aide*. Mariette, dont il éUit " " -,a.is l'ami intime, lui ofîrit l'hospitalité dans sa

plus V^^/js.J

maison

la sœur

Trois

mande O ^„^

j^uil. et le présenta à sa protectrice, M°' Cornu Ijjît de l'Empereur.

^^s pouvaient lui convenir, au Louvre où '^j du Musée égyptien était incomplet', «" le persoO" jn-»"'" "" * •» Bibliothèque impériale, i"" Collège de ^jjlogue à celle qui avait été créée récemment neclia''"'' "

^*i3« *° "*'<* de fierliD, le 30 m&i 1855. commoninnée , Lettre fr»"^qoe.de Hougé.

Vlevico»'^ „« paulhiei- écrly.it i Ch.las le 6 ivril 1867 : .&

^o c'est **'**- trou^"! P*^ saffisammenlappréciéenPraiwe, parsQite

. momie»' <"=. 'et <" ' „'''"* ''« Lep.ia. . (Virey, f„^o,Wo.e,t

» de 1> i»l»""' „> • B"*"'' *>"« de son côté qu'aTMl de venir » P.ri.,

CftoHi».P'^'"'tr*'' "^p^ ?"'' '' •=""••" de se créer une Biliullo»!

il aviil reçu "' ^»o lO oerlin wedee die Lu.t, nooh die Mittel besit»,

Véiranger. « il» "Z, ïO«'""° V "■'"" Lebm „nd mein Wonton. p. «■

» /EgvptoloRen ^ j,trc "-«Psius et ses confrères allemands, c[. les lettres

Sor lés riv»lit« t^. «««« dans Vircy , FranfoU-Jottph ClolM

de Horraclt i C v»»' " , P- «.Jrxviu, et Notice biographique sur

pkmppe-Jn,,ui!S i «ri,';''" «'" Pl>eé à la lete dn Musée égjplU.

3. Lebrailcoofjr V-TÏ;" """ "» ^ ""' ™. "^ ^i"' (Lettre de PMV'^/,a'""- '■ "»«ii).

françofS-.'osiTift

1 1887, dans Virej ^

DU VrCOMTE EMMANUEL DE ROUGE CXXXI

pour Oppert et pour rassyriologie ; deux obstacles s'opposaient à la réalisation de ces projets, la condition d'étranger du candidat, le manque d'argent. Le premier pouvait être levé facilement par la volonté du prince ; l'Empereur n'avait qu'à faire pour Brugsch ce qu'il avait fait pour Oppert, à lui conférer des lettres de grande naturalisation, et M™« Cornu se chargea de lui parler à cet effet. La question d'argent aurait probablement fait échouer l'affaire, si Rougé ne lui avait trouvé une solution. Son amitié pour Brugsch ne s'était jamais démentie, bien qu'une fois au moins celui-ci eût relevé avec vivacité quelques fautes de son ancien maître ^ et il lui prêta l'appui le plus efficace dès qu'il connut ses intentions. Il déclara à TEmpereur que le nombre des textes démotiques était assez considérable pour justifier l'établissement au Collège de France d'une chaire où ils seraient étudiés; il rappela que son emploi de conseiller d'État ne lui permettait point de toucher le traitement afférent à la chaire de Philologie et d'Archéologie égyptiennes, et il proposa de transporter ce traitement à la chaire de DémotiqueV Le ministre de l'Instruction publique, qui était alors Duruy, lami de Mariette, approuva la combinaison, et, vers les premiers jours de février 1867, l'Empereur accorda à Brugsch une longue audience, dans laquelle, après lui avoir parlé de ses travaux, il amena la conversation sur la Vie de Jules César qu'il préparait alors et principalement sur la guerre d'Alexandrie, puis il apprit à son interlocuteur que

1. Dans son article Ueber Aussprach und Bedcutung des Knotcn und seiner Varianterif publié dans la Zoitsckrift, lS6i, p. 1-7, 13-19. La correspondance de Chabas témoigne de la surprise qu'excita la vigueur de ia critique (Virey, François-Joseph Chabas^ p. lvii, et Notice biographique de Philippe- Jacques de Horrack, p. xxxvii).

2. En racontant cet épisode, Brugsch parle d'un traitement de 12.000 francs, mais ses souvenirs le trompent (Mein Lcben und mein Wandcrn^ p. 266-267). Le traitement des professeurs au Collège de France a été porté à 10.000 francs depuis trente ans ; à Tépoque de Rougé, il n'était que de 7.000, puis de 7.500.

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