DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGE CXXXIII
Berlin. Il écrivit à Brugsch, le samedi 9 mars, pour lui demander si la nouvelle était vraie et ce qui avait pu amener un revirement aussi subit. Brugsch lui répondit le lundi suivant par une lettre diffuse, où il s'excusait de sa conduite. « De retour à Berlin, dans la seule intention de chercher » ma bibliothèque et mes papiers et d'arranger mes affaires » domestiques, j'ai profité des derniers moments de mon » séjour à Berlin pour dire mes adieux à quelques-uns rt parmi mes amis dans cette ville. Je leur déclarai ce que » j'avais l'honneur de vous déclarer à vous-mêmes, c'est- » â-dire ma ferme volonté de ne jamais retourner dans mon ») pays où plus de vingt années de travaux, de voyages, de » fatigues et de souffrances de toute espèce n'ont pas suffi » jKmr me donner le droit à une modeste position. Je leur n disais à haute voix mon opinion sur la manière d'être )i traité dans ma propre patrie, à l'exception de ses bons et » généreux rois, d'une façon si peu encourageante pour les » études scientifiques. Je ne leur dissimulais pas la vive »> satisfaction que j'éprouvais de ce que ma vie future en »» France, grâce aux nobles et bienveillants sentiments de » M. le Ministre de l'Instruction publique, serait entière- » ment consacrée à la science et aux études au centre de la ») patrie de Champollion. M. L[epsius] était la dernière » personne que j'ai vue, moins pour lui dire mes adieux n que pour le besoin de m'expliquer avec lui sur nos rela- > tions à prendre désormais et sur quelques points de ma » vie scientifique passée en Prusse. Plein d'émotion, je le » quittai. C'était la veille du jour de mon départ. M. L[epsius] o qui a eu, à ce qu'il paraît, des raisons très graves de ne » pas me voir partir, m'engagea à rester un jour de plus à » Berlin. Dans l'état de la maladie où je me trouve actuel- »i lement, je n'y voyais rien d'inconvénient, et je prolongeai » ainsi mon séjour pour 24 heures. Avant que ce temps fût » écoulé, je reçus, par ordre de S. M. le Roi, une lettre » autographe de M. le Ministre de l'Instruction publique
NOTICE BIOGRAPHIQUE
"''- gt part qu'il se chargerait d© trouver pour moi une
q^^i '*7 n convenable en Prusse et que jusque-là S. M. me > po^*'*- ,-ait 1^^ moyens nécessaires pour mon existence, Il ((,tjrï^' «^us 1* condition que je renoncerais & mon départ Il m^'^ "a' Je ^^'"^ assure. Monsieur le Vicomte, que je --oj*^ --= ftttftndii. anrfts t.oiitf>R ttirr Piinériftr
3,s attendu, après toutes mes expériences
une telle communication, et que je me trou-
un singulier embarras, c'est-à-dire quedechoi-
sir
; t»*^ ['apparence d une ingratitude peu convenaDie
et* vo»*® • ^' ^^^^^ ^^ reconnaissîince due à S. M, qui n'a enver*^ c^ssé de me témoigner sa haute bienveillance. , iainîi*^- jj^ difficulté du choix à faire, je n'aurais pas hésité ) Malg'''^,ei'* à me décider de ce côté, où ma parole donnée ,) un rv» ^-V^ ef»^^S^ ^' ^'^^mellement, si une chose bien triste 1) m'avî»^* ^j et pour ma famille, n'entrait pas dans mes ,, pour *** g, l'état de ma santé. Déjà, à Paris (Monsieur n réfle:***^^,:^ey P®"' ^'o^s témoigner ce fait), des crache- „ M;it-i^* j0 sang, provoqués par une toux perpétuelle, „ nient^ ^ jitïposéun régime très soigneux à suivre pour n ra'a"^"^^^^ >S.rrivé à Berlin, de nouveaux crachements de ^^ ^.^^ siif»* ^^r^nde quantité se répétaient si fréquemment » siing ^^ i0 f*""*^^ ^^ consulter des médecins qui, sur ma „ que i'ét^ ^e roe dire la vérité sur l'état de ma santé, „ âeniaO*^^ * iin»"^7*^""^"' 1"® j® souffrais de la poitrine, „ déc\ar»i5 f^r»'^ '^'^^ de me soigner le plus scrupuleuse- „ et que J^.^réc«**®''êponse peuconsolantepouruupèrede „ nient. '^*^ Siï"^ '"^'' ^® n'aurais pas hésité à retournera „ famille ÇO j,jédecins ne m'avaient pas défendu de fatiguer „ Paris SI '^^^j,s, «oit par des travaux assidus, soit par des „ mes pûu"' hîiH*® voix. A ce point-là chaque réflexion
discours '^^^ gignais,— prévoyant que désormais mon
■ j-iS ^} "^^siré ne servirait qu'à me voiv sac-
séiouT a ^'^^éà'^^^J- que le bienfait du Roi ne loucherai
irrêtait.
. comher, et » ^ dont les jours sont comptés par les pm^ >, qu'un homf^^^l^âit, que les médecins mêmes jugent W 11 grès dune * o i-