DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGE CXLV
la vie : du moins, plus heureux que beaucoup d'autres, retrouva-t-il sa famille au complet autour de lui. Rentré à Paris peu de temps après la chute de la Commune, il s'était montré aussitôt aux séances de l'Académie, et il y avait revu tous ses vieux amis, mal remis encore des épreuves de la guerre, mais résolus à travailler de leur mieux pour procurer à brève échéance le relèvement de la patrie. La science l'avait consolé de ses misères pendant ce long hiver de deuil ; il avait consacré tous les moments que ses devoirs de maire lui laissaient à revoir ses notes de voyage et à en préparer la publication, ou à compléter l'interprétation de certains textes. Dix années auparavant, les Maximes d'Ani avaient attiré son attention et il en avait cité un beau fragment dans sa Note sur les principaux résultais des fouilles exécutées en Egypte * . Aussitôt qu'il en vit le texte complet dans le volume de Papyrus égyptiens que Mariette venait de lancer, il l'attaqua avec emportement, et, l'ayant traduit en entier d'affilée, il présenta sa traduction à l'Académie des Inscriptions dans sa séance du 25 août". La lecture matérielle offrait des difficultés, le texte n'était pas des plus clairs, et ce n'était là d'ailleurs qu'une première version qu'il se proposait de reprendre en sous-œuvre, à loisir, et de perfectionner pièce à pièce. 11 était réservé à Chabas d'exécuter le projet qu'il avait caressé, mais ce premier essai avait mené si loin dans l'intelligence du morceau, que Chabas eut moins à corriger l'œuvre de son devancier qu'à donner les preuves à l'appui des sens indiqués par lui.
Cependant, le cumul n'existant plus depuis la suppression du Conseil d'État, le traitement du Collège de France