FIN
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NOTES
. (i) Ouï f par MarlÎB Frëron , le triomphe est certain j Dit Geofiroi ; veoez tous , héritiers de Martin , £t vous ^ur-tout, Glëmeot , son émule intrépide, etc.
Geoffroi et ' Clément , redoutables antagonistes de la philosophie du dix-huitième siècle. Le premier a traduit Théo-^ crite. Sa mauvaise traduction en prose a rendu plus 3upportables les mauvais vers de Lorigepierre. L'autre est conna par des satires sans esprit et sans talent poétique, par une tragédie de Médée justement si£Bée , et par neuf gros volumes contre . les ouvrages de Voltaire. Ces juges éclairés se font les protecteurs de Racine , qui certes n'a pas besoin -d'eux , et qu'ils auraient sottement dénigré s'ils eussent été ses- con« temporains. Sentent - ils bien le prodigieux mérite de c& premier des poètes moderoes , Ic^s hommes qui affectent de méconnaître les beautés enchanteresses de Zaïre et le génie qui a dicté Mahomet? Ignorent-ils , ou fçignent-ils d'ignorer que si Racine eût fait la tragédie de Mérope , elle serait comptée Iparmi ses chefs-d'<3euvre ?
(2) Dieu prend soin de sa vigne > et les Débats vont bien.
Geoffroi rédige en partie le Journal des Débats. A l'enten-'' dre les tragédies de Voltaire sont détestables, Monvel et Talraa sont de mauvais acteurs tr<igiques ; la musique d'Euphrosine et de Stratonice écorche ses oreilles.... entières. Courage , Mébul ! Quand Apollon punit Marsjas , il commença par lef oreilles.
(3) On ne tourmente pas Gujon , frère Berlhier , Chauraeix et Patouillet , Non^tte et Sabathier.
Ces écrivains ont vécu dans le dix-huitième siècle : Voltaire certifie leas existence en pluûeurs de ses ouvrages.
(4) Vous n'y trouverez point cette heureuse élégance > Cet esprit délicat^ dont les traits ingénus Brillaient dans Sévigné , Lafayette , et Cajlus.
Les lettres de madame de Sévigné sont restées modèles et modèles inimitables, he roman de la princesse de Clèves , par madame de Lafajette , tient une place honorable à la suite des chefs-d'oeuvre du dix-septième siècle. Madame de Caylas était sans doute fort inférieure aux deux premières , mais l'écrit sans prétention qu'elle a composé sous le nom de Souvenirs offre beaucoup d'anecdotes piquantes , et racontées avec grâce. Ces femmes charmantes ne faisaient point des livres, de gros volumes sur l'éducation , de longs traités de morale ou de métaphysique, encore moins de la théologie. Avaient-elles trop peu d'esprit, ou seulement un trop bon esprit ?
(5) Mes trente in-octavo sont d'un poids admirable,
y compris Le Petit la Bruyère, L'auteur de cet ouvrage veut bien encourager plusieurs gens de lettres , qui seront peu flattés d'être loués dans un livre oii l'on dénigre avec fureur les plus illustres écrivains. Au reste on a le droit d'être difiicile quand on compose à la fois des histoires , des caractères, des romans, un théâtre, le tout pour Tinstruction de la jeunesse; quand on réunit en soi Bossuet , Fénélon , la Bruyère, je dirais presque IVlolière ; mais c'est un nom si profane ! D'ailleurs les Femmes savantes ! Tartuffe ! ce ne sont pas la. des péchés véniels. Prions Dieu pour Tame de Molière.
(6) Ah ! vous parlez du diable? ïl est bien poétique y Dit le dévot Cbactas^ ce sauvage erotique.
Quelques personnes ont prôné sans mesure le roman chrétien d'Atala ; elles ont placé ce petit ouvrage au-dessus de Paul et Virginie y et de la Chaumière indienne. Assurément c'était comparer la première esquisse d'un écolier aux meilleurs ta«
Me^ilt d*aii grand mattre. On ne trouve dans ces deux prodad* tions pleines Hé charmes rien qui ressemble aux capnclnades de M. Àubry, aux étrangeft amours de Ghactas, a* une fou!» d^expressions pkis étranges eneore, et a ces amplifications de^criptiyes d'un sauvage qni a fait sa rhétorique. L'auteur d'Atala , en mettant l'amour aux prises avec la religion , croit avoir conça une idée neuve , et vaincu une extrême difficulté. Pour la nou- Tcautë de l'idée', comtnetit peut-il y croire ? Il est peu probable qu'il n'ait pas entendu parFer dé Renaud et d'Armîde , de T^ogèr et de Bradamante, ou même de la tragédie de Zaïre. Quant k la difficulté vaincue, c'en est une sans doute d'avoir trouvé le moyen d'ennuyer avec de si puissans motifs* d'intérêt ^ et dans un romfin.de deux cents pages. Si Ton en croit l'auteur dans sa modeste préface, il ne lit depuis long -temps qu'Homère et la Bible. Tant pis ; il faut varier ses lectures > et ne pas redouter Texcès d'instruction* D'ailleurs c'est en grec qu'Homère a composé ses poëmes immortels ; et quand l'esprit saint a cru devoir dicter la Bible , il n'a pas jugé à propos de la dicter en français. Or il semble que l'auteur d'Atala , projettanc d'écrire en notre langue , aurait sur-tout besoin d'en étudier k fond le génie , et de relire encore long-temps les modèles qui ont illustré notre belle littérature. L'auteur médite ce qu'il ap* pelle un grand ouvrage, pour démontrer que la religion chré« tienne est essentiellement poétique ; le sujet est bien choisi , et l'ouvrage sera curieux à lire. On pourrait croire au premier aperçu que la mythologie d'Homère , de Virgile > et d'Ovide ^ est un peu plus favorable à la poësie que les dogmes du chrisr tianisme. ( Voyez le suplément auor notes , (u la fin* )
L'idolâtrie encore est le culte des arts»
a dit un poète habile^ qu'on n'accusera pourtant pas d'être un esprit fort , un philosophe. Desprdaux, poète plus habile encore , et législateur en matière de goût , n'était pas infiniment frappé des beautés poétiques du christianisme. Cependant toutes les fictions étant du domaine de la poésie, la religion chrélienae, tout comme une autre, a bien son côté
jioëtique , soît dai^s le genre sérieux , soit dans le genre plaiiant. Parmi les preuves dont l'auteur d'AJala pf ut appuyer son système , ilne manquera pas sans .doute de citer la Jérusalem .délivrée , et la Heuriade ; il a'ouMiera point Polyeucte 9 et d'autres chefs-d'œuvre du théâtre français ; il ne faut pas qu'il oublie non plus |e divin poëme de TArioste, et la Pucelle de Voltaire t ouvrage charmant» ouvrfige. admirable » mais dont le nom seul alarme aujourd'hui les oreilles pudiques de quel^ ques dévots de place. Ils aimeraient peut-être mieux la Pucelle de Chapelain : il est vrai qu'elle est plus catholique*
(j) Esmenard, par exemple, est un rimeur chrétien.
Esmenard , versificateur fraîchement débarqué à Paris. H travaille au Mercure de France , ce qui a fait tomber' les souscriptions. Il n'est pas , comme le marquis du Joueur , le maître archilridin du repas , mais il en est le Piiidare. C'est dans les soupers qu'il brille. On le sert anx convives avec les glaces et le sorbet. Il improvise b merveille ; il faut seulement avoir la bonté de Tavertir quinze jours d'avance. Il est vrai qu'il improvise de mémoire , ou même le papier k la main. Malgré ces petits défauts dans la représentation théâtrale , l'illusion est parfaite , grâce a l'aimable simplicité qui règne en ses odes. Ceux qui sont dans le secret s'étonnent qu'elles ne soient pas improvisées; ceux qui n'y sont pas les prennent pour des complimens en prose. L'harmonie, la 'cbaleur, l'éléfration , le délire , distinguent les vrais poètes lyriques. On ne peut pas tout avoir : les trois premières qualités lui manquent sans doute ^^ mais Tenvie elle-même n'oserait lui contester le délire. Au reste son goût est si .pur j qu'il ne se permet jamais un trait d'esprit. Cependant , il faut bien en convenir , il n'a jusqu'à présent déployé tout son génie, que dans le chc^nt du coq , journal qu'on lisait au coin des rues. Mais un seul chef-d'œuvre assura h Piron l'immortalité .* ainsi spit-il pour notre Esmenard! Le chant du coq^ voila sa Mé* TjipMANiE. {JE^mejiard ne vit plus).
(8) Soît, répond un quidam ; pour moi je suis abbé.
On fait. parler, ici l>ulcpr ipçofîna, d'un ouvrage intitule; Manuel dfis missionnaires. Le sajnl homme a caché son nom; mais non pas sa robe. Parmi les iostrurtiotis édifiantes quii adresse à ses confrères en jonglerie catholique , apostolique et romaine, se trouve le passage suivant, qui vaut bien la peine d'être remarqué. « Tous ceux qui élrnent obligés de payer » la dizme sont tenus de contribuer k Teniretien des minis- » très de l'autel. Nous n'exigerons pas cela sous le nom de » dîxme , mais nous pourrons inculquer avec prudence et mo- » dération le précepte du seigneur : Ifa Domimis ^ordinavit » iis qui evangelium annunêiant y de évangélio vipère ^ et leur y rappeler qu'ils n'ont que trop éprouvé ce que disait saint a» Ambroise, qu'on donne au soldat impie ce qu'on refuse au » prêtre de Dieu. » Cela s'appelle avoir bien lu liss pèfes dé l'église y et les citer fort à propos.
(g) Ainsi par Jefferson l'heureuse Virginie Des cultes différens vit régner l'harmonie.
Jefferson:» citoyen de Virginie, est aujourd'hui ( r8oa) président du congrès des États-Unis de l'Amérique septentrionale. Il a écrit t dorant la révolution opérée dans sa patrie, quelques pages remarquables sur la liberté des cultes. Ces pages , dictées par une raison pnre et sublime , ont servi de base, en cette matière a la législation de Virginie. Elles doiv,ent être comptées parmi les beaux monumens de la philosor |i4»ie du dernier siècle»
^lo) D'un chef-d'œuvre naissant*il fut le protecteur.
Ce chef-d'œuvre est Mahomet que Crébillon n'airait pas voulu laisser passer k la censure. D'Alembert fut moins timide. Voltaire , tourmenté par les intrigans dévots de Paris et de Veraailles, dédia sa pièce au pape Benoît XIV, Lamberlini. Ce ;»ouverain pontife , homme de beaucoup d'esprit y accueillit la dédicace.
(il) Page a55, ligne a 5 et 24»