II
Aimez-vous l'enjoûment , les grâces , le bon ton ? Lisez mes deuk qtiatftiiriS Sur Ybltaîre et Tônloti. "^
Ces deux quatrains sont adresses à une dame dont îe cliîen s'appellaît Tonton : les voîcî ; on peut les chànteif sur Pair i
Réveillez-vous , Belle endormie.
On dit qu'il faut pour satisfaire Votre eoûi et votre raison , El vous chanter comme Voltaire , Et vous aimer comme Tonton.
Le premier n^est pas pe,^ d'affaire »
"M^h .j*ai ma rfi^vanche au second , £t , si je le cède à Voltaire , Je remporterai sur Toulon.
(la) ?»g« ^^4 9 ligne i4'
Avant Dieu j'ai jugé les vivans et les morts*
La manière de juger ses contemporains et ses rivaux a nui beaucoup au littérateur dont il est ici question. Il s'est permis des décisions tranchantes , magistrales , et d'une rigueur qui «voisine riujustice^ quand elle ne sont pas tout à fait injustes. D'ailleurs le personnage de grand ^ préi^ôt littéraire, est toujours un peu odieux, fût -il accompagné d'une vaste gloire<^ il devient ridicule dans un homme dont la répulTation présente tant de côtés faibles. Voltaire luî-méine, a la fia de. sa carrière , après vingt chefs-d'œuvre dans tous les geni*es , eilviron'iié , rassasié d*hommages, s'est bien gardé d'exercev une pareille magistrature : il connaissait trop les bommes et le$ convenances ; il ava^t reçu de la nature un esprit proportionné Si son immense talent. Comment donc un écrivain qui se glorifiait avec raison d'être son élève n'a-t-il pas imité sa circonspection ? Connu sur la scène tragique par des chût|s plus ou moins fortes et des succès plus on moins faibles , comment n'a-t-il pas craint , en rabaissant les tàlens de Ducis , de laisser appercevoir une envieuse partialité ? ferait - ce par une suite du même sentiment qu'il n'a trouvé ni éloquence, ni pbiloâopbie dans les éloges composés par Garât? N'a-t-il pas
tufië pli» qa« l^èrement Palissot^- Uttératear si ëclaîré, qoîf dans sa prose élégante , rappelle Técole de Porl - Ho^al , et qui , dans les vers de la comédie, n'est pas inférieur a Gressel ? Enfin nVt-il pas. eu ses raisons pour affecter de mécon* naître le beau talent de Lebrun dans la poésie lyrique ? De tout cela qu'est-il arrivé ? Quelques gens ont traité Laharpe ainsi qu'il a traité ses rivaux. Indulgent pour lui-m^ine et pour lui seul , il s'atlribuc les qualités qu'il n'a pas ; on lui a contesté celles qu'il possède* Assurément, comme critique, il oc* cupe un rang élevé , quoique son cours de littérature soit beaucoup trop long pour la somme d'idées qu'il renferme. Comme orateur^ ses éloges de Fénélon et de Racine sont estimables , quoiqu'il soit très-iuférieur en ce genre à Thomas, à Garât y à l'abbé Maury lui-même pour l'harmonie , le mouvement , la chaleur ; et non moins inférieur k Champfort pour l'esprit , la finesse , et la précision. Comme poëte , quelques-uns de Ses discours en vers offrent des tirades heureuses ; l'ombre de t)uclôs , des traits piquiins ; Tangu et Félime , plusieurs dé* tails agréables. S'il est au-dessous du médiocre dans ses odes, xnême en y comprenant ses dithyrambes , s'il est froid et sans imagination dans ses tragédies, du moins dans un style plus tempéré, qui par cela même lui convient mieux , Mélauie , soa plus beau titre de gloire « offre une diction constamment pure^ éloquente^ et pathétique; c'est ce qu'il fallait et ce qu'il faut encore se rappeler; mais les déclamations de Laharpe contre des opinions qu'il a professées quarante ans, ses attaques inconsiilérées j ses menaces violentes quand il n'attaque pas encore 9 cette férule qu'il ne dépose jamais ; son intolérance littéraire , politique , et religieuse ; voilà ce qui a soulevé contre lui tous les partis , toutes les classes de lecteurs ; tous ceux qui , malgré la différence d'opinion sur des points impor-* tans , étaient le mieux disposés pour lui , qui se faisaient ua plaisir de rendre justice a son mérite littéraire , et qui auraient donné l'exemple de respecter sa vieillesse , si lui-même «vait su la respecter.
SUPPLÉMENT à la note 6.
lépiTAPSE d'àTALA.
Ci gît la pudique Atala , Qui pour garder un pucelage , Qu'à Dieu sa maman consacra ^ Très chrétiennement préféra ^ Le suicide au mariage.
A la note 12.
Laharpe dans Une brochure sur la langde révolutionnaire i avait proscrit le verbe Janatiser , et posait en principe , que dans notre langue aucun adjectif en ique ne peut produire un verbe en iser. Cbénier lui prouva par les vers suivans quo le maître se trompait ) Targument est ad hominem*
&i par une muse électrique
L'auditeur est électrisë.
Votre Muse paralytique
L'a bien souvent paralysé.
Mais quand il est tyrannisé ,
Par fois il devient tyrannique» *
Il siffle un auteur symétrique ;
Il rit d'un vers symméirisé ,
D'un éloge pindarisé ,
Et d'une ode anti-Pi ndarî que.
Vous avez trop dogmatisé :
Henoncez au ton dogmatique ,
Mais restez toujours canonique V
£t vous serez canonisé*
^:/.r\ cr-^