Maspero, L'archéologie égyptienne, p
conduit au sanctuaire, deux piliers carrés (Champollion les compare aux deux colonnes de Salomon), sur lesquels les plantes du Nord et du Sud ont été simplement sculptées, la plante du Sud deux fois au pilier de droite, et la plante du Nord deux fois au pilier de gauche'. A Tell-el-Amarna, un naos royal est soutenu par des colonnes, à banderoles comme à Ibrim, dont le faite est orné des fleurs de la Basse Egypte, tandis que d'autres fleurs pendent du plafond ^ Ces représentations montrent bien l'indépendance primitive et respective du pilier et du symbole, le second étant gravé ou placé sur le premier comme un ornement ou comme un préservatif. Peu à peu, à l'imitation des colonnes en bois de l'Ancien Empire, le pilier et la plante, serrés en faisceau, se sont confondus sous les formes élégantes que la XIX® dynastie sut donner à cette création. Mais il n'en est pas moins très vraisemblable, comme l'ont pensé MM. Perrot et Chipiez, que la plante fut d'abord un simple ornement, symbolique uu non, du pilier, qu'elle a fini par envahir tout entier \
En résumé, toutes ces combinaisons prouvent qu'on tendait à mettre en évidence, au haut ou à l'avant des piliers, quelque décoration plus ou moins protectrice, comme le sistre d'Hathor, le dieu Bès, le roi en Osiris, les plantes du Nord et du Sud, les divinités de ces plantes, l'épervier et les enseignes sacrées.
CHAPITRE SIXIÈME TEMPLES (JinJ Plifjlaclè/'cs. — Ou no saurait dire, au moins sans quelque
1. Drnhmàlcr, I, 80; Champollion, Notices, II, p. 140-112, et Perrot et Chipiez, I, p. 548.