Édit. Leemans, p. 298. — N. M
néralement accompagnée de ces mots sacramentels : Que le salut, la stabilité et le bonheur soient derrière lui à jamais! C'était une formule protectrice, comme les versets du Coran chez les Arabes. Et il est clair que les mêmes hiéroglyphes du salut, de la vie, de la stabilité, et du bonheur, avaient la même vertu pour protéger les édifices sur les murs, les frises, les soubassements, les colonnes et les portes desquels on les gravait, quelquefois même en les personnifiant comme porteurs des enseignes sacrées'.
Mais on ne se contentait pas des mots, des symboles et des objets visibles ou usuels de la décoration ou du culte, on cachait encore dans les cryptes, comme à Dendérah, un certain nombre de choses précieuses, statues et autres, qu'on représentait en outre à côté, sur les murs, avec l'indication de leur grandeur et de leur composition, afin sans doute de pouvoir les remplacer en cas de perte. Les objets précieux d'un temple en deviennent facilement les phylactères, parce que leur disparition indique la déchéance de l'édifice et leur conservation sa prospérité. Le sort de l'édifice semble dépendre d'eux, et par là ils sont puissants, c'est-à-dire protecteurs d'eux-mêmes et de leur demeure.
On retrouve dans les tableaux des cryptes de Dendérah, outre de nombreuses statues d'Hathor et d'Horus, dont les originaux étaient en or ou en bois et dont l'un avait été offert par le roi Pepi-, une assez grande quantité de phylactères figurés : ces objets sont représentés encore, en grande partie, dans les dernières chambres du temple, c'est-à-dire dans le sanctuaire, dans la chambre du sistre, dans la chambre d'Horus, dans la chambre de Ra, et dans la chambre du collier menât. Les scènes de la chambre du trésor men-
1. Description de l'Égijpte, Description générale de Thèhes, ch. ix, seet. VIII, 1" partie, § 2, p. 213, et 2= partie, § 3, article 4, p. 271 ; Champollion, Notices, II, 152, p. 262; Maspero, Guide de Boulaq, p. 281 ; M. de Rochemonteix, Recueil, III, p. 81 ; etc.