Édition F. Barrière, II, p
)) passait sous un fauteuil comme un épagneul pour se » cacher et se faire demander par le roi, et se plaisait à » mettre tout le monde en alarmes. Souvent il disparaissait )) de la compagnie, se cachant jusque sous les jupes des » femmes assises; il entrait dans le trictrac, mettait toutes » les dames en pile, s'asseyait dessus et se laissait tomber » pour égayer la compagnie. » On lit aussi dans les Souvenirs de Félicie, par M"* de Genlis' : «De tout temps les » princes ont aimé les nains, les fous et les enfants ; des » individus sans art, sans éducation, bien simples, bien )) naïfs, sont toujours sûrs de plaire; ils forment un con- » traste amusant avec les courtisans. . . D'ailleurs les prin- » ces, en général, sont timides; on les écoute, on les cite, » ils osent à peine parler". Un enfant, un petit monstre, )) dans un salon, est une distraction, un sujet d'entretien, )) c'est beaucoup. Nous avons, au Palais-Royal, un petit » nègre qui fait nos délices. Il succède à un autre, qui » devenu grand, est maintenant relégué dans l'antichambre. )) Narcisse a treize ans et n'est plus qu'un domestique; Sci- )) pion a sept ans et c'est le petit nègre des quatre parties du » monde le plus caressé et le plus gâté! Il règne depuis )) quatre ans dans le salon du Palais-Royal, au milieu du )) plus beau cercle: il marche à quatre pattes et fait la » culbute sur le tapis; il casse tous les éventails qu'il peut » attraper, il se glisse sous les chaises des dames, les dé- » chausse très adroitement et s'enfuit en emportant leurs » souliers. >) 11 n'est pas étonnant que le Pharaon ait daigné redire les espiègleries d'un boulTon, ])uis(|ue des personnages en vue du X\'Iir' siècle ont pris la même peine, b^t les auteurs |)lus graves du temps de Louis XIV n'évitaient ])as non plus de semblables récits. L'ablx; Arnaud rapporte