‹ Œuvres diversesChapitre 32 sur 460 · Hérodote, V · texte numérisé non relu

Hérodote, V

reur Trajan lui-même sacrifia à Antioche une jeune fille dont il fit la Fortune de la ville'. Les Égyptiens croyaient aussi, selon Porphyre, que l'âme d'un homme tué restait auprès de son corps, et que celui qui possédait un corps en possédait l'âme : c'était pour cela, ajoute le philosophe, que les sorciers se procuraient en tout ou en partie des cadavres", et que les devins mangeaient des cœurs de corbeaux, de taupes ou d'éperviers, pour absorber la vertu divinatrice de ces animaux ; l'épervier lui-même, oiseau fatidique ', était nourri de cœurs d'oiseaux lorsqu'il avait atteint toute sa grandeur '. C'est encore pour le même motif qu'à une époque bien antérieure, et en souvenir de l'anthropophagie primitive, les textes sacrés des pyramides royales promettaient aux élus qu'ils mangeraient leurs ancêtres et même les dieux, ou du moins certains dieux, pour s'approprier leurs vertus marjiqucs .

Or, on lit dans Horapollon : Pour rendre l'idée de garder, o'jXax.-r^pîov, ïls (les Égyptiens) représentent deux tètes humaines, l'une d'homme qui regarde vers le dedans, Vautre de femme qui regarde vers le dehors : ils disent qu'aucun mauvais esprit ne peut pénétrer puisque, même sans écrit, ils se protègent par ces tètes''. Dans son commentaire sur Horapollon, M. Leemans rappelle à ce propos la coutume qu'ont les Arabes et les Maures de sculpter ou de peindre, pour détourner le mauvais œil, une main ouverte sur leurs maisons", souvenir peut-être de la main des stèles

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