Iloi'.'ipollnri. édition Lecniaiis. p
CONSTPvUCTION ET PROTECTION DES ÉDIFICES 45
phéniciennes; les Bambaras dessinent sur leurs murs, en guise de talismans, des pieds, des mains, des animaux et des figures géométriques'. Un usage analogue à celui des Aral3es existait en Egypte sous une forme un peu différente, l'exposition des mains sur les murs : un roi de la XVIIP dynastie, Aménophis II, fit suspendre aux remparts de Thèbes les mains des ennemis tués'.
Comme groupe hiéroglyphique les deux têtes dont parle Horapollon signifient au-dessus, supérieur', mais l'auteur grec désignait spécialement, qu'il le sût ou non, la survivance atténuée d'une ancienne coutume consistant à planter des têtes d'ennemis sur les maisons ou au-dessus des maisons, pour leur en confier la garde; c'est ce que faisaient les indigènes de la Tauride : Quant aux prisonniers qu'ils font à la guerre, dit Hérodote, celui qui a pris un homme lui coupe la tête, et, l'emportant en sa maison, il la place sur une grande perche qu'il dresse, et c^ui dépasse de beaucoup son toit, sa cheminée même. Leur idée est que ces têtes, ainsi exhaussées, veillent sur la famille' . Les Égyptiens, qui représentaient le ka ou genius humain par une tête au bout d'un bâton, avaient fini par se borner à peindre ou à sculpter les têtes gardiennes, qui devinrent de simples hiéroglyphes. C'est dans une intention certainement analogue que les Étrusques sculptaient sur les portes de leurs villes des têtes humaines ou des masques de Gorgone qui semblent « rappeler l'usage barbare de couper les têtes des vaincus » '. L'asservissement des morts sacrifiés est nettement exprimé, à la huitième division du livre égyptien de l'Hémisphère
1. Elisée Reclus, t. XII. Afrique occidentale, p. 544, Niçjer.