Martial, XIV, 91 ; cf. II, 4'); IX, 22; X, 98, etc
BlBL. Ér.VPl., T. X\XV.
338 UNE TRADITION AFRICAINE SUR l'iVOIRE
dents en ivoire', mais rien ne montre qu'on y ait attaché l'idée superstitieuse dont il est question ici.
Tout ce luxe de la gourmandise, que Tibère se déclara impuissant à réprimer, datait de loin ; il grandit depuis la bataille d'Actium jusqu'à l'avènement de Galba, suivant Tacite, qui remarque à ce sujet que les choses ont leurs périodes'. La période dont il s'agit doit représenter le temps qu'il fallut aux robustes estomacs romains pour faiblir. Sans doute ils ne cédèrent point sans lutte, comme le montre la satire de Junéval : à Galba même succéda Vitellius, monstrueux glouton que toute une province pouvait à peine nourrir comme particulier ', et pour qui, comme empereur, le bruit des chariots à vivres ne cessait point d'une mer à Vautre''. Mais le coup néanmoins était porté : la goinfrerie aboutissait peu à peu à la gastralgie. Il fallut y remédier et on y tâcha certainement, ingeniosa gula est", à ))reuve le grossier et classique artifice mis en usage pour rauiiiicr la faim comme la soif, bibit et vomit". Dans ces conditions et avec les idées superstitieuses d'alors, l'avidité de l'ivoire put aussi bien guérir l'anorexie que l'etïet de l'améthyste calmer l'ivresse".
Somme toute, l'Egypte a été l'un des grands centres où l'ivoire afiluait, sous l'Ancien Empire comme ;'i l'époque romaine, alois qu'Alexandrie était symbolisée par l'éléphant sur les médailles* : il suit naturellement de là que les courtiers liaI)ituols do l'anti(iuité ont tiré de l'Egypte, et