Élien, De Natura nnimalium, I, 37 ; cf. X
UNE TRADITION AFRICAINE SUR l'IVOIRE 337
parce c|ue son nom signifie arrêt', de même le voisinage de l'ivoire transmettait l'appétence de Tivoire. On n'en saurait du moins guère douter, en présence d'un curieux et long passage qui forme le quart do la onzième satire de Juvénal, Alensœ luœus : purement ironique en apparence, ce passage reprend toute sa signification quand on le rapproche du chapitre d'ÉIien. Le poète dit que les riches personnages de son temps ne prenaient aucun ])laisir à leurs repas s'ils n'étaient servis sur une table â pied d'ivoire, cause d'appétit dont lui-même n'a pas besoin, non plus que de manche d'ivoire à ses couteaux :
At nunc divitihus cœnandi nulla volaptas ; Nil rhombus, nil dama fiapit : putere videntur Unguenta atque Tosœ, latoa nisf. ^iuatinet orbes Grande ebur, et magno sublimls pardiis hiatu, Dentibus ex illis quos mittit porta Syenes, Et Mauri celeres, et Mauro obscurior Indus, Et quos déposait Nabatheo bellua saltu, Jam nimios capitique grâces. Hinc surgit orexis, Hinc stomacho vires., etc.-
Le haut prix des dents d'oli!i)hant et leur emploi comme pieds de table sont attestés à la fois par Pline, dentibus ingens pretiuni\ et par Martial, (pii dit d'un pi(>d de table en ivoire, dentés eborei :
Grandia taurorum portant qui corpora., qua'ris An Libjjcas possint sustinaisse trabes'' if
Le même poète nous apprend qu'on fabriquait de fausses