Delattre, Proceedings, janvier 1892, p
genre ! Thotmès I, pour faire connaître sa propre intronisation, s'y était pris d'une façon bien autrement claire'.
Quoi qu'il en soit, les Piiaraons avaient certainement à compter, en pareil cas, avec une répugnance de race qu'ils ont exprimée pour leur part à plusieurs reprises, quand il s'est agi de marier leurs filles au dehors. On comprend par suite que les princesses asiatiques aient dû, pour devenir égyptiennes, se soumettre à des formalités constituant une véritable naturalisation. Il est impossible, vu les coutumes et les croyances de l'antiquité, qu'il en ait été autrement dans une circonstance aussi grave, où il fallait changer de religion ainsi que de nationalité et dire à son époux, comme Ruth à Noémi : « Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu » sera mon Dieu '. »
En effet, le fait que Tii est dite avoir une mère et un père à noms égyptiens prouve non seulement qu'une cérémonie de naturalisation avait lieu en Egypte, mais encore qu'elle comportait une adoption, réelle ou fictive : fictive, peut-être, car les noms d'Iua et de Tua, qui ne diffèrent que par la première lettre, pourraient avoir eu un sens purement symbolique, comme ceux de Gaïus et de Gaïadans le mariage romain. En môme temps la nouvelle mariée prenait un nom égyptien, comme la fille du roi des Khétas sous Hamsès II : aussi la mention de Kirkip est-elle rare dans la correspondance de Tell-el-Amarna^ le nom de Tii ayant été accepté assez vite à l'étranger. Tadukhipa, elle, devint Nefertiti, — • serait-ce au fond le même nom? — puisque les textes désignent seulement comme épouse de Khunaten, Nefer-titi en hiéroglyphes, et Tadu-khipa en cunéiformes. Un contemporain de Ménéphtah, Hamsésempara surnommé Mériau, s'appelait encore Benadjana", à peu près comme les Israé-