Mariette, Abydos, III, p
DE LA XVIir DYNASTIE ÉGYPTIENNE 369
lites d'aujourd'hui qui ont, outre leur nom de famille, un nom de baptême chrétien et un nom de baptême juif.
Devenue Égyptienne, la reine étrangère était fondée à appeler frère le Pharaon, comme l'a fait Tii, suivant une coutume indigène qui persista chez les Coptes^ et d'après laquelle les époux, les amis même, se disaient frères ou sœurs les uns des autres. C'est ce que montrent les chants du Papyrus Ha/ris comme les récits du Papyrus ^Vesicar, par exemple, et cette stèle de la XIX^ dynastie sur laquelle la compagne d'un prophète d'Osiris, dite sa sœur, n'a ni le même père ni la même mère que lui'.
Nous n'avons assurément que des indices fort indirects sur les changements que devait amener, pour une princesse syrienne, son entrée dans le harem pharaonique, mais nous connaissons par ailleurs l'abîme qui existait entre les Égyptiens et les étrangers. Aucun Égyptien n'aurait embrassé un Grec sur la bouche, dit Hérodote', et Joseph n'admettait pas les étrangers à sa table, car c'eût été une abomination pour les Égyptiens'. Quand l'aventurier Sinehet, à la XIP dynastie, revint en Egypte après un long séjour chez les Bédouins dont il avait pris le costume, il fut honni et l'on affecta à la cour de ne pas le reconnaître sous ce déguisement : Le roi dit à la reine : « S'il te plaît, Sinehet vient en Sémite, une caricature d' Asiatique. » Elle se r^écria très vivement et les enfants i^oyaux protestèrent à l'unisson. Ils diluent à sa Majesté : <( Ce n'est pas lui pour sûr, Monseigneur. » Sa Majesté : « C'est lui pour sûr. )> Et le personnage, trop heureux de reprendre sa nationalité, se hâta de répudier les
1. Cf. Aiuélineau, Contes et romans de l'Égi/pte chrétienne, I, Introduction, p. XVIII, et II, p. 118, 212; etc.