‹ Œuvres diversesChapitre 412 sur 460 · E. de Rougé, Chrestomathie, II, p · texte numérisé non relu

E. de Rougé, Chrestomathie, II, p

11. Teia, 1. 287-290; Pepi I, 1. 71-72; Mcrenru^ 1. 66 et 331 ; Pepi II, 1. 129, 739, 849; etc.

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nouvelle lune. L'apparition de la Canicule devait être épiée avec d'autant plus de soin qu'elle annonçait le retour si désiré de la crue du Nil, âme ou essence du temps d'après un texte de la XIX'' dynastie : aussi avait-on tiré du lever de Sothis, soit dès le début, soit par la suite, une foule de pronostics', comme chez ]-)lusieurs autres peuples. Il reste plus d'une trace de ces superstitions chez les Égyptiens modernes, notamment dans ce qu'ils pratiquent la nuit de la goutte\ en souvenir des pleurs d'Isis-Sothis', n la nuit )) du grand Ilot de larmes issu de la grande déesse* ».

Un phénomène d'une telle importance, s'il était remarqué, était noté aussi. Le calendrier du Papyrus Ebers a pour but de rappeler que, sous Aménophis I, le 9 Épiphi de l'an 9 du Pharaon coïncida avec un lever de Sothis. De même le calendi'ier d'Élé[)hantine constate que, sous Thotmès III, un lever de Sothis eut lieu le 28 Épiphi, l'avant-dernier mois de l'année, et l'inscription de Ménéptah qu'un autre lever de Sothis fut observé le 29 Thotde l'an 2. Aux tombes de Ramsès VI et de Ramsès IX, des tables de levers (r('toiles signalent un lever de Tastre à la 12'^ heure de nuit du 15 Thot. Enfin, le Décret de Canope rapporte au !'•'■ Payni, 10" mois de l'année, le lever de Sothis arrivé Tan 9 de Ptolémée III, en 238.

Les auteurs du décret se plaignent des changements coniinuols (|u'api)ortait, pour les fêtes, la dilïérence signalée par les levers de Sothis entre l'année vague et l'année ?[\(i, et un(i plainte figure sous forme de prière dans un texte de la

1. Ilorapollon. I, ;{; Plutarque, /)'- Solcriiii tiiiiiiialiian. 21, et Pliiic, II, 77.

2. Lano, T/w Mndrni I\'/!/j)ti(nis. ('(lit. Poolo, p. 'ISiM'JO, et Maillet, Ijcsnifidon (rJi</i//iti\ I, p. 72; cf. l'alladius. /),■ Rr ruslic((, \'1I, et Makrîzi, traduction Boiiriant, p. 192.

'•\. Pausanias, X, 32.

4. Maspero, Histoifc ancienne des Pea/ilcs de l'(>i-ieiit, I. p. 21, et Unas, 1. '.V.)2-'i^.)(i; cL Todienbuc II, édition Navillc, II, iliap. lvii et lxii.

FIXÉE PAR l'Ère d'aseth 431

bonne époque, au Papyrus Anastasi IV : « Viens à moi, » Ammon, me délivrer de l'année fâcheuse, où le dieu Shu » ne se lève plus, où revient l'hiver où était l'été, où les » mois s'en vont hors de leur place, où les heures se brouil- )) lent^ ». Pourtant, malgré ces troubles calendriques, la puissance de la coutume maintenait l'année vague. Bien que promulgué par les prêtres égyptiens eux-mêmes, le Décret de Canope ne réussit pas à imposer l'année fixe qui, même après la réforme du calendrier égyptien par Auguste, l'an 30 av. J.-C, ne fut acceptée par toute l'Egypte qu'au commencement du V® siècle'. Les scolies latins du poème d'Aratus rapportent que le prêtre d'Isis faisait jurer au roi, lors de son couronnement à Memphis', qu'il n'intercalerait ni un mois, ni même un jour férié dans l'année, mais qu'il la conserverait de 365 jours, sicut institutum estab antiquis. On justifiait ingénieusement l'emploi d'une pareille année, d'après Géminus', en disant que cliaque fête sanctifiait successivement tous les jours de l'année, puisqu'elle changeait de jour tous les quatre ans.

On voit que les Égyptiens sentaient, sans vouloir y céder, le besoin de supprimer l'année vague, ce qui eût été d'autant plus facile que les levers de Sothis leur remettaient continuellement sous les yeux l'année fixe, leur année secrète suivant l'expression de Des Vignoles'. Avec un avertissement aussi régulier, les Égyptiens ne pouvaient méconnaître celle-ci, et ils ne la méconnurent pas. Les Grecs leur en durent la notion de très bonne heure, bien avant le Décret de Canope, comme nous l'apprend Hérodote, dans un

1. Maspero, Proccedinr/s of thc Society of Bihllcal Arc/iœolofji/, avril 1891, p. 310.

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