Contre Apion, I, 2G et
FIXÉE PAR l'Ère d'aseth 441
porain des hérétiques, consulta un saint nommé Aménophis, fils de Paapis et contemporain d'Horemheb : le saint conseilla au roi de purger l'Egypte des lépreux et des impurs qui la souillaient. On les envoya donc aux carrières situées à l'orient du Nil, mais il se trouva parmi eux des prêtres, et le fils de Paapis comprit, trop tard, que les dieux irrités puniraient le roi par un exil de treize ans. Il l'en avertit et se tua. Le Pliaraon cependant envoya les condamnés dans l'ancienne ville typhonienne des Hyksos, Avaris, sorte de lieu d'exil comme Rhinocolure. Là, ils formèrent un petit état sous la direction d'Osarsiph-Moïse, prêtre d'Osiris à Héliopolis, où le dieu en effet avait un temple célèbre, le Palais du Grand ; ils appelèrent ensuite à leur aide les Pasteurs (|ui étaient à Jérusalem. Ceux-ci revinrent et le roi, après avoir mis en sûreté son fils Ramsès ou Séthos, âgé de cinq ans, s'enfuit en Ethiopie avec le bœuf Apis et nombre d'animaux sacrés. Pendant treize ans les Impurs et les Hyksos ravagèrent le pays et profanèrent les choses saintes : ils poussèrent même l'impiété, comme plus tard Ochus, jusqu'à manger les animaux sacrés. Mais, au bout de treize ans, le roi, revenu avec une armée et son fils, repoussa les envahisseurs et les rebelles jusqu'aux confins de la Syrie.
Il est impossible de ne pas reconnaître ici, avec M. Robiou', les troubles sacrilèges qui désolèrent l'Egypte à la fin de la XIX""^ dynastie, d'après le récit de Ramsès III dans le Grand Papyrus Harris. Ce prince parait même, mais c'est bien douteux, donner au Syrien qui s'était mis à la tête des impies le nom d'Arisu% dans lequel on a cru reconnaître, égyptianisé par l'introduction d'un s, Sarisu, l'Osarsiph de Manéthon ; cf. Asychis' et Sasychès',