Reçue archéologique, 1865, p
448 l'époque di' ramsès ir
tout d'abord, à identifier le roi Set avec Aseth. Cette assimilation implique qu'une ère datant des Pasteurs ne peut se rapporter qu'à Aseth, le Pasteur qui rétablit l'année, fait d'autant plus important aux yeux des Egyptiens qu'il rappelait la restauration des coutumes nationales.
Mais ce n'est pas tout. La stèle est dédiée au dieu Set, dont les titres sont reproduits dans les cartouches Set-aa pehti et Nubù\ plus exactement encore dans les cartouches attribués à Aseth, et, en outre, l'an 400 est donné comme celui d'un roi régnant encore, ce qui ne peut désigner que le dieu. L'ère du roi Aseth se trouve donc rapportée au dieu Set. De même, le titre de « père de ses pères » donné à Séti I ne peut convenir qu'à un dieu, d'où il faut conclure qu'en définitive, ici, Séti et Aseth sont assimilés à leur homonyme ou patron divin'. Une absorption aussi complète dans le type que comportait leur nom, a le grand nom des » pères » de Ramsès, n'a rien d'ailleurs de surprenant, car les simples Égyptiens eux-mêmes étaient assimilés après leur mort à des dieux plus grands encore que Set, c'est-àdire à Osiris et au Soleil.
Set, dont les Égyptiens faisaient le Baal des Sémites ou des Chananéens, et qui était le dieu des Pasteurs d'après le Papyrus Sallier I, porte sur la stèle son costume étranger, caractérisé par une longue bandelette, tombant de sa couronne par derrière', ot reçoit le surnom de Nubti, qui est spécialement égyptien, le tout, sans doute, pour maintenir sa double qualité de souverain exotique et national à la fois. La même qualité appartient à Aseth, étranger égyptianisé, et le père de Ramsès II l'acquiert à son tour par son identification avec un roi et un dieu mixtes : reporté ainsi à l'époque de la délivrance du pays, Séti apothéose se trouve sans trop de dilficulté, grâce aux idées égyptiennes qui
1. Cf. Rriiiîsr'h, A'//'//)/! iindrr //ic P/im-mi/is, II. p. 113.