‹ Œuvres diversesChapitre 446 sur 460 · et. Hérodote. II · texte numérisé non relu

et. Hérodote. II

™\ Cf. Hérodote, II, lUO, et Diodore, I, 44.

468 l'époque de ramsès ii

conclusion nous ramène au total conservé par le Syncelle. En effet, si le Papyrus s'était arrêté au règne d'Ahmès, premier roi du Nouvel Empire, on aurait, avec les 1585 ans du début de ce règne et les 19 hen ou 2280 ans -f- Il du Papyrus, un total de 3876 ans, qui ne différerait que fort peu des 3900 ou 3892 ans de la donnée manéthonienne. La différence pourrait porter sur les sept reines du Papyrus. Peut-être serait-il à propos, maintenant, de résumer dans ce qu'elle a d'essentiel cette longue dissertation. Son principe est que tout peuple garde en sa mémoire quej(|ues grandes dates facilement calculées, maintenues et tr'ansmises, véritables médailles historiques dont la précision l'ésume et perpétue le passé. La stabilité de pareils souvenirs assure leur véracité, et, quand on en rencontre f|uelquesuns, il est assurément légitime de les prendre nu considération, surtout si nombre de circonstances caractérisiiques les appuient. L'un des plus importants, pour l'Egypte, est la date de l'an 400, qui va de Ramsès II, d'après la stèle de Tanis, au roi Pasteur sous lequel eut lieu la renaissance de la civilisation égyptienne. Rapprochée des 393 ans qui, selon Josèphe, séparent l'an 1"^ de Ramsès II de l'Expulsion des Pasteurs ou en d'autre termes de l'Exode des Hébreux, cette date prouve sans réplique que Josèphe a confondu ici l'Expulsion ou l'Exode avec la Renaissance qui eut lieu sous les Pasteurs. La même confusion est fréquente chez les abréviatcurs de Manéthon, et on doit la reconnaître dans Clément d'Alexandrie, quand il place l'Exode 345 ans avant le début d'une période sothiaque, en 1667 av. J.-C. En effet, pour ne rappeler que cette preuve, deux dates sotliiaques tombent, avec la plus grande vraisemblance, sous Thotmès III en 1470 et sous Aménophis I en 1546, c'est-àdire pour la dernière 40 ans au ])lus après le début de la XVIII'' dynastie, époque de la véritable première Expulsion connue. L'événement de 1667 n'est donc pas celte Expulsion, et il ne peut être par suite que la Renaissance. Mais si

FIXÉE PAR l'Ère d'aseth 469

l'ère delà Renaissance ou d'Aseth commence en 1667, sa 400" année, sous Ramsès II, tombera en 1267, l'an 7, puisque l'an l'''' correspond à la 393" année de la même ère, et l'on aura ainsi la date de l'un des plus grands règnes de la haute antiquité.

Cette conclusion n'a pas seulement pour elle la combinaison des chitïres de Josèplie et de Clément d'Alexandrie avec le chiffre de la stèle; elle est encore corroborée par des témoignages purement pharaoniques, les deux levers de Sothis qui viennent d'être rappelés, celui qu'a signalé M. Flinders Pétrie, et la série des 22 architectes qui se sont succédé de Ramsès II à Amosis. En conséquence, elle apparaît au moins comme probable, sinon comme prouvée, et, en conséquence aussi, toutes les dates sothiaques que nous connaissons l'orment un ensemble concordant.

LA

s'accorde-t-elle avec LA DATE DE L'EXODE?'

Le vieux voyageur Cosmas prétendait que les traces laissées par les chariots des Israélites, U)rs de l'Exode, étaient toujours visibles de son temps aux bords de la mer Rouge. La même tendance à discerner trop facilement les vestiges du passé existe encore. C'est ainsi que Ch. Lenormant crut, comme le D"^ Heath, voir l'Exode dans les hiéroglyphes, et Chabas, qui l'attaqua vivement sur ce point, n'a pas échappé lui-même à la critique pour son identilication des Hébreux avec les Aperu de certains textes. L'opinion de Chabas, presque abandonnée aujourd'hui après avoir été admise de prime abord, ne pouvait assurément s'imposer d'une manière définitive, mais elle ne mérite peut-être pas non plus le discrédit qui l'a frappée.

Des deux principales objections pouvant lui faire échec, l'une philologique, l'autre historique, la première, que le p égyptien ne saurait représenter le b hébraïque, est peu décisive. 11 serait étonnant, quand le h égyptien pouvait de-

Page 1