Pierret, Vocabulaire hicrogli/phiquc, p. 425 et
10 LE CHAM ET l'aDAM ÉGYPTIENS
dit Hérodote, « appellent Été celle qui est placée au nord, » Hiver celle du midi ; ils adorent la statue de l'Été et lui )) rendent des honneurs, mais ils font le contraire à l'autre » ' . Le culte d'un dieu de l'Été n'avait donc rien eu que de vraisemblable : c'est en effet à la néoménie du l^"" du mois de l'été qu'on célébrait la grande fête du taureau et de la moisson en l'honneur de Khem ".
On peut ajouter que la racine égyptienne avait dû passer, comme la racine hébraïque, du sens littéral au sens métaphorique et de l'idée de chaleur à celle de luxure; du moins le nom du phallus avait été, à une époque très reculée, Khem, puisque cette valeur Khem est restée au phallus employé comme syllabique'. Aux temps pharaoniques, un des noms du phallus était encore She , ce qui semble
bien une forme de Khem, avec chute de la finale m (cf. she et shem ^-j^, ^JP '~7r- " marcher ))i.
En égyptien comme en hébreu, il y avait donc une racine identique désignant la chaleur au physique et au moral la luxure ou quelque chose d'approchant ; on rattache à cette racine le nom de Cham, qui fut le père des méridionaux et le censeur licencieux de son père, et il se peut bien qu'il faille y rattacher le nom de Khem, qui fut le dieu des moissons et le créateur obscène des Nègres.
Quoi qu'il en soit, il reste certain que, si les enfants de Cham ont Cousch, Misraïm, Put et Chanaan, les enfants de Khem, adoré par Misraïm, sont au moins les Nègres en général, et en particulier les enfants noirs de Punt, en d'autres termes, les fils de Cousch et de Put, si Put doit être assimilé à Punt, suivant l'hypothèse extrêmement vraisemblable de M. de Rouget