Oeuvres diverses
EUX qui viendront pour me consoler s'en aviseront trop tard, et votre lettre ^(^v3-^ ne leur a plus rien laissé à faire contre ma douleur. Je n'aurai pas raison de m'affliger davantage, puis que vous. Madame la comtesse et
Mademoiselle sa sœur, prenez part à mon malheur. Il me semble qu'une compassion, qui vient de si bon lieu, me doit faire oublier ma perte; je vous prie de leur témoigner à quel point m'est sensible l'honneur de leur souvenir. Je les en remercierois, mais comme on dit, je suis encore un peu étourdi du bateau. Avec vous. Madame, je vis plus hbrement; autrefois même, s'il m'est permis de m'en souvenir encore, vos lettres ne commençoient pas par Monsieur; mais je n'ose trouver rien à dire à ce que vous faites, et me contente d'être toujours très-véritablement, votre. . . .
A Bérénice.
^^^Qelle Bérénice, je ne serois pas fâché que ^r^^ma Mariane fîiL aussi belle que celle du !^\'/-2ii roman, mais quand elle ne seroit pas si
DE HAUCROIX. 3
sage, je ne l'en aimerois que mieux, car pour vous dire la vérité, je ne me sens pas assez dévot pour servir une sainte. La vertu dont vous faites tant de cas ne m'a jamais fait que du mal ; n'attendez donc pas que je vous en dise du bien: j'ai mille raisons de la haïr, et fasse mon bonheur qu'à l'avenir encore, je n'aïe pas plus de sujet de me plaindre d'elle.
Ml.
A la même.
f^^S^ ne sors quasi jamais demalencontre; ^^^à présent que je n'ai plus mal aux dents, ê^^V^j'ai mal à la tète : mais eussé-je ensemble mal à la tête et mal aux dents, je ne laisserois pas de répondre à votre belle lettre, et de vous dire que je commence à avoir bonne opinion de moi, puisque vous m'assurez que vous
faites quelque cas de mes avis ; tous avez vu si je les sais donner à propos, et s'il y a rien de souverain comme mes recettes ! mais ne croiez pas que je vous les enseigne pour rien ; je vous avertis de bonne heure, que jattens la même charité de votre part, et que si jamais j'ai quelque mal dont vous aïez le remède, j "espère bien que vous m'en ferez part.
 la m(>me.
Elle l'avoil baptL<é Tiriilale et lui avoit dit tle diercheiune Mariane .
^7>^^*rîous avez un filleul qui se peut vanter ^y^»^d'ètre d'assez bonne maison, puis qu'il SéSSSest iils du roi des Parthes : mais, ma maraine, entendez-vous qu'avec le nom, il ait la destinée de ce pauvre prince ? 11 ne baisa jamais sa Mariane qu'une fois, au front: c'est une for-
tune assez médiocre pour un homme de si grande naissance. Vous me mandez que je cherche une Mariane ! mais, ma belle maraine, si vous me permettiez de transposer seulement une lettre de voire nom. j'en aurois bientôt trouvé une, et de ma maraine, je ferois aisément ma Mariane. La rencontre est heureuse et n'est point difficile. Je me doute aussi que vous avez voulu voir si je m'aviserois de cette subtilité ; ne me dressez plus de telles embûches ; si vous avez à me prendre en quelque piège, j'aime mieux que ce soit en un autre qu'en celui-là.
A la même.
f^"^^^''^^ belle maraine, je n'appelle point de lyj^ l'austérité de vos règles: si ce n'est ^i^ assez delà réprimande qu'on m'a faite, nrdonnez qu'on en fasse une seconde , je mp
soumets atout. Jepensequesi vous mêle commandiez, j'eiîtrerois dans le désert, tant je suis contrit et pénitent : je ne dis pas dans le vôtre, afin qu'on ne me fasse point encore mon procès sur un pauvre mot. Je dis un désert véritable où je n aurois que mes tristes regrets pour compagnie : vous voiez bien par ces belles paroles que j'ai mis. comme il faut, deleau dans mon vin. N'avez-vous jamais entendu parler d'une isle qu on appelle, je ne sais comment, où les gens meurent aussitôt qu'ils ont une mauvaise pensée : je pense que ce n'est pas l'endroit de la terre le mieux peuplé , mais pour moi j'y demeurerois à présent en assurance, et je crois ]ue j'y deviendrois octogénaire. Louez Dieu de na conversion, c'est votre ouvrage. Vous avez m plus de pouvoir sm- moi que n'en ont eu fous les prédicateurs depuis dix ans.