‹ Œuvres diverses (volume 2)Chapitre 11 sur 45 · FRAGMENTS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS

à propos de lui imposer silence pour

jamais ; peut-être aussi que quelque mari impatient, car la plupart de ces maris ne sauroient rien souffrir et ne sont point débonnaires , comme il seroit à propos , quelque mari doncpourroit bien aussi avoir /jo/e d'aller à notre Cn. Les flammes légitimes ne sont pas sujettes à ces disgrâces, et vivat M. Siflet ! et l'iratM. Maillefer, le Rotomagien ! N'est-ce pas bien de reculer la venue de ce vilain antéchrist? et curés de baptiser la pauvre Madame Dorgeans. Les vieux conseillers ont tort, je vous assure.

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lejaillet.

i *IL plaît à la bonne Notre-Dame de Liesse que nos douleurs diminuent, je ne ferai pas long séjour ici, où tout m'ennuie. Ah! vilaine Seratz. q. /"., car, où les douleurs sont continuelles, il ne faut plus chercher de joie...! Dans le Lutrin i\ (Despréaux) parle mal des bons chanoines; il les accuse d'aimer à dormir tard et de trop manger ! — Vous reconnoissez-vous à cela ? En vérité j'ai peur que Dieu ne punisse l'auteur d'avoir ainsi pris plaisir à diffamer les gens de bien. Il vient quelquefois du mal aux gens : ils s'imaginent que c'est pour une raison, et c'est pour une autre. Finirois-je sans un souvenir des chères cousines? il n'y a pas moyen. Hélas! que deviendront leurs pauvres vaches s'il faut quitter

Corniontreuil ! On sait bien qu'il faut se souvenir des grandes et des petites! Perrette ne veut point prier Dieu pour liioi ! elle verra.. , .

Toute autre musique auprès de celle-là

est morte et éteinte :. û ! ce n'est rien ; croyezvous que ce soit tout? Vous me portez déjà une cruelle jalousie: je vous veux rendre jaloux tout à fait. J'ai ouï chanter Mademoiselle de Saint Christophe : et c'est pitié que de toute autre chanteuse auprès d'elle ! On est remué, on est agité, on n'est pas à soi. Voilà, mon cher, comme je passai hier tristement mon après dîner. 11 me prend un remords de vous écrire tout ceci : vous êtes un causeur ; vous ne vous tiendrez jamais de le dire à nos cousines, et que

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sait-on ! elles s'iront peut-être imaginer que tous ces divertissements me les font oublier ! qu'elles se gardent bien d'avoir de si scandaleuses pensées ! Le Jubilé ne seroit suffisant pour laver un si gros pécbé. Hélas ! mon cher, je ne pense que trop souvent à elles : de bonne foi j'aimerois mieux entendre chanter le coucou de Cormontrenil que tout cela. La félicité que je mepropose, c'est de les revoir jouer quelquefois à l'hombre ou au hoc. au hasard même qu'il nous échappe une mordiennel mais qu'y feroit-on ? le compère est ainsi bâti. Peste ! si je gagne mon procès, que je serai aise ! et que je passerai bien mon temps ! Bientôt j'en aurai le cœur éclairci. On ri^e donne de fort bonnes espérances, c'est toujours quelque chose ! Il faut voir comme la victoire de M* l'a rendu cher aux dames ! on diroit à les voir à l'opéra que ce sont tous cousins et toutes cousines, tant ils s'entendent bien! — Je ne sais pas d'historiettes, caries tambours déconcertent les amours : c'est-à-dire que durant la guerre, la galanterie languit. On ne parle d'aucune histoire tant soit peu scandaleuse... — Cette miche me plait fort, mais si je gagne mon procès, je l'aimerai bien encore davantage. Il

est vrai que ce chevalier me traversera étrangement. Nous ajusterons tout cela comme nous pourrons. Et la grande cousine, donc, n'aurat-elle rien ? Et vraiment oui ! je ne l'oublie pas comme cela ! ni G. ni P. Pensez-vous qu'il ne me souvienne pas de la sainte de votre quartier? Belle demande ! il m'en souvient, et je me promets bien de gagner mon procès par ses prières.

Les ans, abstulere jocos : je m'en prends

aux acteurs ; je ferois peut-être mieux de m'en prendre à moi-même.

Despréaux est souvent assez négligé et mal vêtu : un gueux bien vêtu lui demandant l'aumône : « Ah! ah! monsieur, répondit Despréaux, vous m'avez prévenu ; je voulois vous la demander.

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Voici bien pis ! les hommes sont bien

méchants , il faut l'avouer. Un jeune abbé de qualité avoit une sœur très johe, veuve : il n'y a point encore de mal jusque-là , au faubourg Saint Germain : un beau matin, il entre brusquement, mais sans penser à mal,

dans la chambre de sa sœur, et trouve quoi?

Sire, la voix me manque à ce récit funeste! il trouve un laquais couché, entre deux draps, s'entend , avec sa pauvre sœur ! Jugez de la surprise : je crois que le mot de p.... ne fut point épargné ; mais toutes vérités ne sont pas bonnes à dire. — Ce n'est pas tout, il appelle du secours : on vous prend le fortuné, ou l'infortuné amant ; on apporte... un couteau! non, non, cela eût été trop cruel ! on en usa mieux. On vous jette le drôle par la fenêtre ; mais comme le pauvre garçon n'avoit pas d'ailes, il

tombe durement sur le pavé, se brise, se fracasse tout le corps : il n'a vécu que deux heures, se confessa, se repentit, comme il y a grande apparence, et est allé en l'autre monde rendre compte de sa conduite. — >'e lisez point ceci, je vous prie, à ma cousine de la Fave...! Que sait-on ? elle ne seroit peut-être pas bien aise que l'on crût que les veuves peuvent être si gaillardes. Il est vrai que ce sont les veuves de Paris. Peste ! ceUes de Reims ne sont pas sur ce pied-là ! Réformées Dieu sait combien ! diroit-ou qu'elles y songent ?

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