VIN
A la même.
'LOI ! l'incomparable veuve a eu la bonté ^^^;À;cle me souëter au magnifique souper iS&Sqiî'elle vous a donné! Bon! pour un homme qui loge si près du Louvre, voilà bien parler en provincial! Il falloiL dire à la magnifique/bVe qui se fit chez elle; car maintenant, qiiand on veut dire qu'une dame donne une grande collation, ou un grand souper, on dit il y a une grande fête chez Madame une telle :
Si la précieuse qui loge au quartier de...
sait cela, (je pense quelle en fera bien son proiïilî) Voici encore une autre belle façon de parler, (je m'éloigne un peu du remerciement que je dois à notre chère veuve, mais j'y re* viendrai. Donc, Mademoiselle, si vous vouliez dire qu'une femme est adroite, quelle sait bien
prendre ses mesures ; comment vous y prendi'iez vous ? Vous croiriez avoir fait merveilles , si vous aviez dit: cette femme a de Tesprit, elle réussit dans tout ce quelle entreprend. Cependant vous n'auriez rien fait qui vaille : pour bien parler, il faut dire : Cette femme , ma foi, a le savoir-fairel — Tandis que je serai ici, je me vais instruire de toutes ces belles expressions, afin de parler si bien quand je serai de retour, que personne ne m'entende plus.
Mais je n'oublie rien pour dormir: revenons à la chère veuve. Sans mentir, elle vous apprend bien à vivre, à vous autres filles qui ne daigneriez penser à moi que les quatre bonnes fêtes de l'année ! Autrefois j'eusse eu plus de peine à vous le pardonner, mais maintenant que
j'ai l'honneur d'être aimé de Mademoiselle
Indiscret! J'ai failli à la nommer! mais qu'il vous suffise que mademoiselle une telle est belle comme un ange : il y en a qui la trouvent encore plus belle : mais pour moi ce n'est pas mon a^^s. Pour de l'esprit, il est certain qu'elle en a infiniment et parce qu'il y a de certaines gens par le monde, lesquels à cause qu'ils écrivent fort joliment, croient peut-être que l'on doit
DE MALCROIX. 13
tout souiïiir d'eux ou d'elles ; qu'ils sachent ces gens-là que la demoiselle dont je parle, écrit comme défunt Voiture. Après cela, si l'on pensoit ne se point soucier de moi, je vous déclare que je pourrois bien m'en consoler. Mais j'ai beau faire le mauvais, Mademoiselle, vous connoissez trop votre mérite et le fond de mon cœur : vous savez bien que je ne saurois jamais vous aimer ni estimer comme les deux bonnes amies; cela soit dit pourtant sans préjudice à l'aimable veuve. Elle en use si bien avec moi, que si cela continue, elle pourroit enfin se mettre en possession de ce cœur que vous négligez tant; et ce seroit bien employé; si elle vous chasse de vos places : que ne les gardiez-vous avec plus de soin !
A la même.
^^^^ ON, Mademoiselle, il ne faut pas s'una-
|§ giner que le bruit me puisse endormir ;
ï'y^i^j'aile sommeil pins délicM qnejamaiei,
J4 LETTRfcS
et, Dieu aidant, je me tourmenterai à l'avenir comme une... Si j'ai quelque espérance, elle n'est plus qu'en TOUS ; j'espère que vous aurez la bonté de vous moquer tant de moi, de me dire tant de fois que j'aiperdu l'esprit, et que je ne sais ce que je fais, qu'enfin vous me mettrez en repos. Au reste, je savois déjà ce que vous me mandez, et certaine personne m'avoit averti que je de vois bien autant craindre les chevaux que les mulets. Je ne lui avois point voulu faire de réponse, à celte personne; de crainte quellene me confirmât celte mauvaise nouvelle. Mais je n'ai rien gagné : vous m'avez rendu le mauvais office que j'appréhendois qu'elle me rendit. Je vous jure, Mademoiselle, que je ne vous en sais guère de gré, et que vous m'eussiez fait grand piaigir de me laisser dans l'ignorance où jélois, sans venir malbeureusement m'assassiner par une lettre : mais je m'en vais donner bon ordre à mes affaires, et je ne suis pas si sot que de retourner dans huit jours, comme j'avois résolu: je sens bien que je ne serai que trop tôt à Reims ! et d'ailleurs, j'auroisbien peu de jugement de quiiter un lieu ou, si les jours ne sont pas si agréables qu'en Champagne, j'ai pour le moins de fort
DE SACCROIX. ir.
bonnes nuits ; bonnes nuits, en mou langage. sont celles où l'on dort sans s'éveiller; j'aurois donc tort de quitter un lieu ou je dors bien, où je joue tous les soirs ; où je vois assez souvent les plus beaux bras et les plus belles mains du mondé ; où enfin, Mademoiselle, j'enrage de tout mon cœur quand on me mande des cboses fâcheuses. Je pense que le meilleur seroit de vous oublier, mais le moien ! En conscience, j'y ai fait tout ce que j'ai pu ; cependant mes efforts ne servent qu'à me convaincre de ma foiblesse et du pouvoir que vous avez sur moi : usez-en bien : mais sous ombre qu'on ne sauroit s'empêcher d'être à vous, ne pensez pas traiter les gens de Turc à Maure ; car enfin la patience qu'on met à bout est capable de grandes choses ; mais après avoir bien pesté et maudit ma vie, le cœur me dit. Mademoiselle, que j'aurai encore pour vous plus de tendresse et d'amitié que personne n'en aura jamais.
i6 J.ETTRHS
A la mtme.
f^^^A toi. nos bouquets ont grand sujet de ^yj^'se plaindre du vôtre : vos pauvres peti- ♦^^^«S'tes fle^urs. telles qu'il plait au bon Dieu de les faire naître ont effacé nos jasmins et nos roses muscades : encore prend roit-on patience pour cela ; mais de quoy vous avisez vous. Mademoiselle, d'envoyer la plus galante lettre du monde à Madame. .? Vraiment c'est bien à affaire une villageoise comme vous, à écrire si joliment ! Mademoiselle ne bougera de la campagne, se retranchera dans son... tout un été, et quand il lui plaira décrire, elle le fera mieux mille fois que les gens qui demeurent à la ville î Cependant avec votre bpjle lettre, vous n'avez pas obtenu dp Madame ce que vous demandiez ! vous la priez de vous accorder une petite plar^ dans son souvenir.
elle n'en a rien fait et je lui en sais bon gré : elle vous en a donné une très grande, et je suis fort trompé, si vous n'êtes tout-à-fait selon son cœur. Pour comble de bonne fortune, je vous avertis que vous me plaisez aussi extrêmement: je ne sais si ça été votre lettre qui vous a acquis cette gloire, mais sérieusement, Mademoiselle, après les fleurs de Cusmografie, il n'y a rien au monde que j'aime tant que vous.
A la même.
?^^^ >• se chagrine quelques fois, faute de C^^g^^ savoir comme les choses se sont passées. .j^.€^^^i(,Voiez, Mademoiselle, après ce que je m'en vais vous dire, si vous avez raison de vous être dépitée. Le jour de Saint-L... étant allé faire la révérence à... je la trouvai seule: dès qu'elle me vit, vous ne savez pas. Mademoiselle.
i8 Lin TRES
m'a envoie ie plus joli bouquet du monde et une lettre plus jolie encore que son bouquet ; ensuite elle me dit tant de bien de vous, que de peur de TOUS faire rougir, je n'oserois vous le redire. Comme nous en étions là, plusieurs personnes entrèrent, ce qui nous obligea à changer de discours, dont je fus assez fâché, car je ne hais pas à entendre vos louanges ; vous devriez m'en être obligée; mais vous êtes une ingrate et jamais vous ne vous aviseriez de reconnoilre,, comme vous devez, les continuelles marques que vous recevez de ma bienveillance ! Comme je ne pensois plus ni à vous ni à votre lettre, la dame tire un papier de sa poche : « Tenez, me dit-elle, hsez ! je m'approche de la fenêtre ; je reconnois votre caractère ; je trouve cette lettre douce, spirituelle, civile : j'en eus la joie que vous pouvez penser : < Madame, lui di?-je, le bruit que l'on fait m'a interrompu : permettez moi de la garder pour la lire tout à mon aise. » Elle me le permit : depuis, je ne me suis pas souvenu de la lui reporter , ou pour parler plus véritablement, car je ne saurois vous rien déguiser, je n'ai pu encore m'y résoudre. Voilà comme votre épilre est demeurée entr<»
mes mains. N'avez vous pas grand sujet d'être en colère et devez vous trouver étrange que je garde soigneusement une de vos lettres, moi qui garde jusques aux enveloppes de vos paquets! si vous êtes d'humeur à vous fâcher quand on vous estime, que je vous plains Mademoiselle, vous aurez tous les jours de nouveaux sujets de chagrin ; croyez moi ! tachez à vous y accoutumer: aussi bien, quand vous vous en tourmenteriez il n'en sera autre chose : on vous estimera malgré que vous en aïez et peut être qu'on ne s'en tiendra point à l'estime.
A la même;
Vers 1661.
[vouez la vérité, Mademoiselle : qui vous ,eut dit il y a trois mois, que j'étois homme à faire quatre cents lieues en poste, vous eussiez eu de la peine à le croire ! ce-
peiidaut il est vrai que j'ai fait cet épouvantable voyage. Je ne vous dis rien des peines qu'il m'a causées, car il me souvient qu'autrefois j'en ai souffert de bien pires, dont vous ne vous êtes guère souciée : tant va que j'ai passé des rivières à la nage et que j'ai galoppé sur le bord des précipices 1 Sans mentir, Mademoiselle, quand on vous quitte, sans savoir quand on aura le bonheur de vous revoir, on fait bon marché de sa vie, et on ne se soiicie pas tant la moitié de mourir qu'en un autre temps. Si vous avez quelque curiosité de savoir ce que je fais, je vous dirai que je passe un peu plus mal mon temps que je ne faisois quand je le passois très-mal à Paris. Pour me réjouir et pourm'affliger aussi, je pense souvent à vous : mais non pas à vous toute seule, je pense aussi à Madame votre tante; je pense à M.... à M.... Si elles ne se souviennent aussi quelquefois de moi, il y a bien de l'injustice dans le monde, car je les honore toutes si parfaitement que si elles ne m'en ont point d'obligation, pour le moins elles m'en doivent savoir un peu de gré : j'aurai bien de la joie si je puis jamais apprendre de leurs nouvelles. Et si parhazard, Mademoiselle,
Di: MAI C KOI \. "21
comme il n'y a rien dans le monde qui ne se puisse faire, il arrivoit que vous changeassiez de nom, je vous supplie de m'en avertir et de m'apprendre qu'il est un homme à qui tous les autres auront tant de sujets de porter envie. Souvenez vous du moins. Mademoiselle, que jamais personne n'aura ni tant de respect ni tant d'estime pour vous que j'en conserverai toute ma vie.
Lafontaine à Maacroix.
'2-2 Août 1661.
^^^^^ 1 tu n'aspasreçu réponse à la lettre que ;A^S>^ tu m'as écrite, ce n'est pas ma faute; je l^^^^t'en dirai une autre fois la raison, et je ne t'entretiendrai pour ce coup-ci que de ce qui regarde M. le Surintendant : non queje m'engage à l'envover des relations de tout re qui lui arri-
vera de remarquable; l'entreprise seroit trop grande, et en ce cas-là , je le supplieroi s très-humblement de se donner quelquefois la peine de faire des choses qui ne méritassent point que l'on en parlât, afin que j'eusse le loisir de me reposer. Mais je crois qu'il y seroit aussi empêché que je le suis à présent. On diroit que la renommée n'est faite que pour lui seul, tant il lui donne d'affaires tout à la fois. Bien en prend à cette déesse de ce qu'elle est née avec cent bouches, encore n'en a-t-elle pas la moitié de ce qu'il faudroit pour célébrer dignement un si grand héros ; et je crois que quand elle enauroit mille, il trouveroit de quoi les occuper toutes. Je ne te conterai donc que ce qui s'est passé à Vaux, le 17 de ce mois: le Roi, la Reine-Mère, Monsieur, Madame, quantité de Princes et de Seigneurs s'y trouvèrent. Il y eut un souper magnifique, une excellente comédie, un ballet fort divertissant, et un feu qui ne devoit rien à celui qu'on fit pour l'entrée.
Tous les sens furent enchantés, Et le régal eut des beautés Dignes du lieu, dignes du maître,
Et dignes de leurs Majestés, Si quelque chose pouvoit l'être-
On commença par la promenade. Toute la cour regarda les eaux avec grand plaisir. Jamais Vaux ne sera plus beau qu'il le fut cette soirée-là, si la présence de la Reine ne lui donne encore un lustre qui véritablement luimanquoit. Elleétoit demeurée à Fontainebleau, pour une affaire fort importante, tu vois bien quej'entens parler de sa grossesse; cela fit qu'on se consola, et enfin on ne pensa plus qu'à se réjouir. Il y eut grande contestation entre la Cascade, la Gerbe d'eau, la fontaine de la Couronne et les animaux, à qui piairoit davantage ; les dames n'en firent pas moins de leur part.
Toutes entr' elles de beauté Contestèrent aussi chacune à sa manière ; La Reine avec ses fds contesta de bonté ; Et Madame, d'éclat avecque la lumière.
Je remarquai une chose à quoi peut-être on ne prit pas garde, c'est que les INymphes de Vaux eurent toujours les veux sur le Roi : sa bonne
mine les ravit loules, s'il est permis dii?er de ce mot en parlant d'un si grand prince. Ensuite, de la promenade, on alla souper. La délicatesse et la rareté des mets furent grandes ; mais la grâce avec laquelle Monsieur et Madame la Surintendante firent les honneurs de leur maison, le fut encore davantage. Le souper fini, la Comédie eut son tour : on avoit dressé le Théâtre au bas de l'allée des Sapins.
En cet endroit, qui n'est pas le moins beau De ceux qu'enferme un lieu si délectable, Au pied de ses sapins et sous la grille d'eau.
Parmi la fraîcheur agréable Des fontaines, des bois, de l'ombre et dps zéphirs.
Furent préparés les plaisirs
Que l'on goûta cette soirée.
De feuillages touffus la scène étoit parée,
Et de cent flambeaux éclairés ; Le ciel en fut jaloux : enfin, figure-toi
Que lorsqu'on eut tiré les toiles, Tout combattit à Vaux pour le plaisir du Roi, La musique, les eaux, les lustres, les étoiles.
Les décorations furent magnifiques, et cela ne se passa pas sans musique.
DE MALXROIX. 25
On vit des rocs s'ouvrir, des Thermes se mouvoir. Et sur son pié -d'eslal tourner maiate figure,
Deux enchanteurs, pleins de savoir,
Fire:il tant par leur imposture,
Qu'on crut qu'ils avoient le pouvoir
De commander à la nature. L'un de ces enchanteurs est le sieur Torelli, Magicien, expert et faiseur de miracles ; Et l'autre, c'est Le Brun, par qui Vaux embelli, Présente aux regardans mille rares spectacles, Le Brun, dont on admire et lesprit et la main, Père d'inventions agréables et heiles, Rival des Raphaels, successeur des A pelles, Par qui notre climat ne doit rien au Romain. Par l'avis de ces deux la chose fut réglée.
D'abord aux yeux de l'assemblée
Parut un rocher si bien fait,
Qu'on le crut rocher eu efTet :
Mais insensiblement se changeant en coquille, lien sortit une nymphe gentille,
Qui ressembloità la Béjar,
Nymphe excellente dans son art,
El que pas une ne surpasse.
Aussi récita t-elle avec beaucoup de grâce, Un prologue e?timé l'un des plus accomplis
Qu'en ce genre on put écrire,
El plus beau que je ne dis,
Ou bien que Je n'ose dire, Car il est de la façon De noire ami Peli>son.
Ainsi, bien que je l'admire, Je m'en tairai, puisqu'il n'est pas permis De louer ses amis.
Dans ce prologue, la Béjar qui représente la Nymphe de la fontaine où se passe cette action, commande aux Divinités qui lui sont soumises, de sortir des marbres qui les enferment, et de contribuer de tout leur pouvoir au divei'tissemcntde Sa Majesté: aussitôtles Thermes et les Statues qui font partie de l'ornement du théâtre, se meuvent, et il en sort, je ne sais pas comment, des Faunes et des Bacchantes, qui font l'une des entrées du Ballet. C'est une fort plaisante chose que de voir accoucher un Therme, et danser Tenfant en venant au monde. Tout cela fait place à la Comédie, dont le sujet est un homme arrêté par toute sorte de gens sur le point d'aller à une assignation amoureuse.
C'est un ouvragede Molière; Cet écrivain par sa manière,
Charme à présent toute la Cour,
De la façon que son nom court,
Il doit être par-delà Rome :
J'en suis ravi, car c'est mon homme.
Te souvient-il bien qu'anlrefois
Nous avons conclu d'une voix,
Qu'il alloit ramener en France
Le bon goût et l'airde Tercnce;
Plaute n'est plus qu'un plat bouffon,
Et jamais il ne fit si bon
Se trouver à la Comédie ;
Car ne pense pas qu'on y rie
De maint trait jadis admiré
El bon in illo tempore.
Nous avons changé de méthode ;
Jodelet n'est plus à la mode,
Et maintenant il ne faut pas
Quitter la nature d'un pas.
On avoit accommodé le Ballet à la Comédie autant qu'il étoit possible, et tous les Danseurs y représentoient des fâcheux de plusieurs manières : en quoi certes ils ne parurent nullement fâcheux à notre égard ; au contraire on les trouva fort diyertissans, et ils se retirèrent trop-tôt au gré de la compagnie. Dès que ce plaisir fut cessé, on courut à relui du feu.
Je voudroii bien l'écrire en vers Tous les artifices divers De ce feu le plus beau du monde, El son combat avecque l'onde, Et le plaisir des assistans.
Figure loi qu'en même lems On vit partir mille fusées, Qui, par des roules embrasées, Se firent toutes dans les airs Cn chemin tout rempli d'éclairs.
Chassant la nuit, bri>ant ses voiles.
As-tu vu tomber des étoiles?
Tel est le sillon entlammé, Oale trait qui lors est formé.
Parmi ce spectacle si rare, Figure-toi le tinlamare, Le fracas et les sifflemens Qu'on entendoità tousmomens.
De ces coiones embrasées, Il renaissoitd autres fusées, Ou d'autres formes de pélarl, Ou queUjii'autre effet de cet art; Et l'on VON oit régner la guerre Entre ces enfar.sdu tonnerre; L'un contre l'autre combattant, Voltigeant et pirouettant, Faisant un bruit épouventable.
DE MAUCROn. 29
C'est-à-dire un bruit agréable.
Figure- toi que les échos N'ont pas un moment de repos, Et que le chœur de? Néréides S'enfuit sous ses grottes humides.
De ce bruit Neptune élonné, Eut craint de se voir détrôné, Si le monarque de la France, N'eût rassuré, par sa présence, Ce Dieu des moites tribunaux.
Qui crut que les dieux infernaux Venoient donner des sénérades A quelque? unes des Nayades.
Enfin la peur l'ayant quitté, n salua sa Majesté.
Je n'en vis rien, mais il n'importe :
Le raconter de celle sorte Est toujours bon ; et quant à toi.
Ne t'en fais pas un point de foi.
Au bruit de ce feu succéda celui des tambours; car le roi voulant s'en retourner à Fontainebleau cette même nuit, les Mousquetaires étoient commandés. On retourna donc au Château, où la cotation étoit préparée. Pendant le chemin, tandis qu'on s'entretenoit de ces choses, et lorsqu'on ne s'attendoit plus à rien'.
on vit en un moment le ciel obscurci d'une épouventable nuée de fusées et de serpentaux : faut-il dire obscurci ou éclairé? Cela partoit de la lanterne du dôme. Ce fut en cet endroit que la nuée creva d'abord; on crut que tous les astres grands et petits étoient descendus en terre, alin de rendre bommage à Madame ; mais l'orage étant cessé, on les vit tous en leur place. La catastrophe de ce fracas fut la perte de deux chevaux.
Ces chevaux qui jadis un carosse tirèrent. Et tirent maintenant la barque de Caron,
Dans les fossés de Vaux tombèrent.
Et puis de-là dans l'Achéron.
Ils étoient attelés à l'un des carosscs de la Reine, et s'élant cabrés à cause du feu et du bruit, il fut impossible de les retenir. Je ne croyois pas que celte relation dût avoir une fin si pitoyable. Adieu. Charge ta mémoire de toutes les belles choses que tu verras au lieu où tu es.
DE MAUCROrX, 51
Lettre en style de Bahela's à M. de Lahaye^ prévost de Chdtcau-Thiéry.
^^^f-^^ous dites Z)or(/«fcs, notre féal, sur lecba- "^I^Ç^pitre des jeux de paulme: si ai-je pourfeifii^tant résolu de ne vous en croire que le
que
moins que je pourrai , car pour jamais je dis adieu aux jeux de paulrae: jeux de paulnie ne me seront jamais de rien. Eh croiez vous, notre ami, que ce soit -trop que de deux jambes! quant à moi, ce n'est mon opinion, et me pourriez donsr caution et certificat qu'en jouant à la paulme, nul mal ne m'arriveroit sans point de faute, pourtant je n'y joùerois pas! Auquel propos, et à votre imitation, qu'il ne vous di'plaise, je vous raconterai une petite histoire : En Tan, je ne sais quel, un chat entra par un matin en la cuisine de la maison, et là aperçut, surun réchaud plein de
feu, un plat cou\erL d'une assiette, où la servante avoit mis de l'eau chauffer pour faire ce qu'il vous plaira : si, se va imaginer maître Milis, de l'eau chaude que ce fut soupe; dont il entra en ferme résolution de s'en accomoder. et de faire un tronçon de ch^re lie, tandis que la servante n'y éloit pas. Mais si mal s'y gouverna le dit Mitis, qu'il renversa plat et eau chaude sur lui ; dont il se trouva aucunement incommodé en sa personne; si, s'en fuit comme si lévriers rpussfnl tenu aux fesses, et en grande ab^imination contre leau chaude, gagna le toit de la maison : non sans soi repentir d'avoir si mal pourveu à ses besognes. Quelques jours après la douleur étant un peu passée, il retourna à la cuisine, comme vous savez que chais non plus que moines, de cuisine ne se peuvent passer. 11, le plat aperçut encore sur le réchaut en la propre forme que la première fois, fors que le feu étoit éteint : je n'en aprocherai, dit le chat : je n'y toucherai, foi de chat de bien ! et pour cause ! Or, je croirois, pour moins de cent écus, que de la vient le proverbe, chat échaudé craint l'eau froide. Et plus n'en dit ledit déposant. Faites laphcation si vous voulez , je ne m'en soucie d'un carolus.
DE MADCROi:^. ."50